Museveni_KabilaLa bipartite d’ARU, RDC-Ouganda, a échoué. Les experts congolais et ougandais se sont séparés sur une note de discordance. D’un côté, l’Ouganda accuse la RDC de favoriser le vol de véhicules à partir de l’Ouganda, et de l’autre, la RDC reproche à l’Ouganda de déplacer les bornes frontalières et d’entretenir un groupe armé, URC (Union des révolutionnaires congolais). La tension est montée d’un cran entre les deux pays. Au même moment, les violons ne s’accordent plus entre l’Ouganda et le Kenya pour la pêche sur le Lac Victoria. Nuages sombres.

Le ciel est nuageux entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Pour preuve, la rencontre d’Aru, dans la Province Orientale, du week-end passé, s’est terminée en queue de poisson. Cette bipartite devrait examiner les questions de sécurité entre les deux pays et envisager des mesures adéquates à prendre.

Malheureusement, la réunion s’est achevée en queue de poisson. En effet, pour une affaire de vol de véhicules, l’Ouganda accuse la République démocratique du Congo de laxisme, en fermant les yeux devant ce phénomène vol de véhicules, au niveau du territoire de Mahagi. Selon la partie ougandaise, depuis 2007, 80 véhicules ont été volés en Ouganda et auraient été vendus en République démocratique du Congo.

Surprise par cette déclaration, la partie congolaise rejette cette accusation et reproche plutôt à la partie ougandaise de « déplacer les bornes 16 et 19, pénétrant ainsi en territoire congolais». En plus, et c’est toujours la partie congolaise qui élève le débat en dénonçant cette attitude de l’Ouganda d’entretenir des groupes armés contre la RDC. La dernière accusation porte sur l’Union des révolutionnaires du Congo, URC. Selon les Congolais, l’URC tient régulièrement des réunions à Kampala et à Kaboko au vu et au su des responsables congolais.

Tout compte fait, les deux parties ne développent pas la même accusation. C’est comme si l’Ouganda se réfugie derrière ce vol de véhicules pour étouffer le soutien qu’il apporte à l’URC. Mais plus grave, tente de remettre en cause les frontières héritées de la colonisation en déplaçant les bornes frontalières 16 et 19 autour de Mahagi.

Même accusation du Kenya

Il est vrai que cette attitude de l’Ouganda surprend de nombreux observateurs. En effet, presqu’au même moment, l’Ouganda a des démêlés avec le Kenya sur la délimitation des frontières. Cette fois au niveau de l’île d’Inrongo sur le Lac Victoria, en ce que concerne la pêche.

L’Ouganda occupe en quelque sorte cette île, avec la présence des policiers ougandais et y avait planté, jusqu’à la semaine passée son drapeau.

Pas plus tard qu’ hier lundi, une réunion extraordinaire d’urgence du cabinet ougandais s’est tenue à Kampala. Il a été question d’examiner les cartes topographiques ramenées de Londres pour se décider si oui ou non cette île appartiendrait également au Kenya. Une affaire semblable à celle qui oppose l’Ouganda à la RDC à propos de l’île Rukanzi disputée sur le Lac Albert pour l’exploitation du pétrole.

D’où la question de savoir pourquoi cette attitude de Kampala d’avoir des conflits avec ses principaux voisins sur le tracé frontalier ? Serait-ce à cause du pétrole et du poisson ou le président Museveni aurait-il d’autres ambitions dans la région ?

Les signaux forts de Museveni

Cette interrogation a toute son importance. De prime abord, il est surprenant de constater qu’après l’opération militaire conjointe   « Coup de tonnerre » pour traquer la LRA, l’Ouganda s’appuie sur une prétendue affaire de vol de véhicules pour faire monter la pression entre les deux pays. Ce qui risque de porter préjudice à l’Accord de Ngurdoto et retarder la réouverture des ambassades à Kampala et à Kinshasa.

Mais ce qui intrigue et soulève des interrogations, ce sont les dernières déclarations du président ougandais. Pas plus tard que la fin de la semaine passée, Museveni estimait qu’il est temps que les  « Africains se préparent à aller sur la lune ». Serait-ce une priorité alors que la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme n’a pas encore produit des effets en Afrique ? C’est la démesure, affirment les observateurs.

L’Afrique devrait d’abord donner à manger à sa population, ouvrir l’accès à l’éducation et à l’eau potable à ces millions d’Africains, en plus de ce fait qu’ils n’ont pas droit aux soins de santé primaires. La déclaration du président ougandais est totalement surprenante.

Surprenante sa proposition des « Etats-Unis d’Afrique de l’Est » pour combattre certainement la suggestion du colonel Kadhafi en ce qui concerne les « Etats-Unis d’Afrique ». Museveni bat actuellement campagne pour que les pays d’Afrique de l’Est ne forment qu’un « seul pays ». Il s’agit de l’Ouganda, du Rwanda, de la Tanzanie du Burundi et du Kenya.

Un « marché commun » des pays de l’Est, passe encore. Mais un « seul pays » en Afrique de l’Est, voilà qui cache certainement des ambitions susceptibles de   provoquer des tensions dans la région. Mais qui visent toujours à isoler la RDC, à l’affaiblir politiquement et économiquement. Aussi, tant que la question liée à la mise en place d’une armée professionnelle et performante n’aura pas été résolue, le péril sera toujours en la demeure.

Source : le Potentiel/Kinshasa