drapeauLe train de «  profonds bouleversements » ne s’arrêtera pas à l’ Assemblée nationale. C’aurait été trop beau pour être vrai. Mais qu’on le retienne bien : l’onde du choc touchera d’autres institutions nationales. Pourquoi pas modifier le paysage politique en prévision de grandes échéances politiques et de la signature d’un nouveau programme avec le FMI ? Les signes précurseurs sont perceptibles. Les grandes manoeuvres politiques ont déjà commencé. Mais va-t-on reprendre les mêmes personnes pour rebâtir ? Le moment est-il venu pour le président Kabila de «  choisir  ses oiseaux rares » ?

Le changement intervenu au bureau de l’Assemblée nationale n’est que le début de profonds bouleversements politiques qui marqueront le processus politique en République démocratique du Congo. L’on doit s’attendre donc à d’autres hauts faits politiques.

Il y a d’abord la recomposition de la Majorité présidentielle, l’ AMP, qui est à l’ordre du jour

L’AMP devra également se prononcer sur le Groupe parlementaire indépendant, GPI, de Modeste Bahati. Certes, ce groupe a renouvelé son allégeance au président de la République et affirme demeurer au sein de l’AMP. Des propos qui ne convainquent pas quand on sait que dans ce genre de scénario politique tel que vécu le 17 avril 2009, on ne pardonne pas aux tièdes et aux troubles-fêtes.

L’entrée du CNDP au gouvernement

Autre événement qui ne manquera pas de provoquer de bouleversements est la mise en application de l’Accord du 23 mars à Goma entre le Gouvernement et le Congrès national pour la défense du peuple, CNDP. La mise en place du Comité de suivi qui commençait déjà à soulever plusieurs interrogations demeure une étape décisive.

En effet, il s’agit maintenant de répondre concrètement à certains points de convergence en vue de préserver les acquis de cet accord qui a mis fin à la guerre du Nord-Kivu. Or, l’un des points d’accord recommande l’ouverture des institutions au CNDP, en plus de la promulgation de la Loi sur l’Amnistie. Ce qui explique la tenue de la première réunion du Comité de suivi depuis hier mardi sous la présidence du ministre à la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda. Parmi les points de convergence contenus dans cet accord, il faut épingler la participation du CNDP à l’exercice politique après s’être mué en parti politique, l’accélération de la réforme des FARDC, de la Police, la création d’un ministère spécifique de réconciliation nationale, d’une police de proximité en partant des réalités sociologiques, la réflexion sur la nécessité du découpage territorial, et enfin la restructuration de l’Administration du territoire.

L’entrée du CNDP au Gouvernement n’est plus qu’une question de jours. Mais elle doit se faire en tenant compte des réalités politiques, surtout au sein de l’Alliance de la majorité présidentielle. Le dernier mot revient au président Kabila.

Accord RDC- FMI

Il n’y a pas que seulement des considérations politiques. Il se trouve également des exigences économiques qui sous-tendent toute l’action politique. Notamment la signature probable d’un accord, PEG II, avec le Fonds monétaire international.

Au regard du déroulement des négociations de Washington, cette signature sera marquée certainement par des contraintes budgétaires et de bonne gouvernance afin d’accéder au point d’achèvement. Les entretiens que le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, aura avec le président de la République, Joseph Kabila, devront ressortir dans la lettre d’intention que signera prochainement le chef de l’Etat.

Il va sans dire que le président de la République aura à compter sur des collaborateurs susceptibles d’honorer ses engagements vis-à-vis des institutions de Bretton Woods. Il y va de sa propre crédibilité. C’est dire que le « chef de l’Etat ne manquera pas de constituer une équipe de sortie de crise » pour des résultats performants. D’ailleurs, l’on serait incomplet si l’on ne relève pas les derniers décrets du Premier ministre sur les entreprises publiques. De la bonne ou mauvaise exécution de ces décrets dépendra cet élan ou ce coup d’estocade que l’on tient à porter à l’économie nationale. Il y a là une dimension économique à ne pas sous-estimer tant qu’elle influera sur le probable PEG II.

Des oiseaux rares

Il s’agit là des indicateurs qui ne trompent pas. L’onde du dernier changement à l’Assemblée nationale touchera toutes les institutions. Et face au défi à relever sur le plan de la paix, du redressement économique et au regard de prochaines échéances électorales de 2011, les grandes manœuvres politiques ont déjà commencé. Pourquoi ne pas dire que le moment est venu pour le président de la République de choisir les « 15 personnalités », les oiseaux rares pour donner une nouvelle impulsion à ses actions.

Mais comme en pareilles circonstances, il y a lieu de privilégier toujours l’intérêt supérieur de la Nation. Que des changements ou bouleversements attendus, surtout au niveau du Gouvernement et des organes spécialisés de l’Etat, ne soient pas des actes sans conséquence sur la paix, la sécurité, l’unité et le développement de la RDC.

Allusion faite ici à l’ouverture politique. Il revient avant tout au gouvernement de tirer les leçons utiles de toutes ces guerres, de cette période de transition après que tous les Congolais se soient fait violence pour ne plus recourir au fusil, aux massacres des plus violents, au pillage des ressources naturelles dans le but d’accéder au pouvoir. Au CNDP, qui tire ses origines du RCD avec quasiment le même cahier des charges, de s’engager réellement et sincèrement pour un Etat congolais unitaire mais dans sa diversité et apporter effectivement sa contribution au développement de la Nation.

Au demeurant, le président de la République est placé devant ses hautes responsabilités politiques. De fixer des critères pour le choix des personnes afin d’éviter de reprendre les mêmes personnes qui produiront les mêmes effets, sans aller de l’avant.

Des personnes engagées et compétentes. Il ne manquera pas de faire appel, aujourd’hui que les imératifs politiques et économiques l’exigent, à « une équipe de sortie de crise ». L’avenir de la RDC se joue précisément en ces instants cruciaux qui seront caractérisés par de grandes manoeuvres politiques.

source : le Potentiel/kinshasa