drapeauLe spectre de la balkanisation de la RDC est loin de disparaître du firmament qui couvre le territoire national. Tant les faiseurs de guerre dans la région des Grands Lacs rivalisent d’ardeur et d’imagination pour faire aboutir leur projet. Passé la publicité autour des plans de balkanisation de la RDC, ils ont déniché une dernière trouvaille. Financer la production d’une pensée y relative et la faire propager par les Congolais eux-mêmes. C’est la mission confiée à Pole Institute, un organisme à travers lequel, s’opère cette stratégie de récupération de la classe politique et de l’intelligentsia congolaises aux fins d’embrigader l’opinion publique et l’amener à accepter de facto la partie orientale de la RDC comme une réalité géographique, sociologique et économique à part. Et qu’il faudrait la détacher du reste du territoire national.

La RDC ne cesse d’être la convoitise des puissances occultes économico-financières internationales. Le noeud du problème reste sans nul doute le fait que ses richesses dans ses frontières héritées de la colonisation suscitent des convoitises. Aussi, les groupes d’intérêt ne jurent que par la balkanisation de la RDC afin de mieux exploiter ces immenses richesses.

Raison pour laquelle, des plans ont été montés et des stratégies peaufinées durant des décennies afin de rendre le Congo ingouvernable et trouver ainsi le prétexte d’une « privatisation ». Ces plans macabres se sont traduits par les différentes guerres qui ont endeuillé la population congolaise et émaillé l’Est du pays. Leurs effets délétères sont encore perceptibles à ce jour.

A la faveur des efforts de pacification, observés dans l’ensemble de la région des Grands Lacs, l’on a assisté à un repli stratégique des fossoyeurs du Congo. Car ils s‘étaient butés à l’intransigeance de tous les Congolais, toutes tendances confondues, sur l’unicité de la nation congolaise et de leur territoire.

Opiniâtres, ils poursuivent leur combat, resté le même, et changent de stratégie. Mis à découvert suite à la publicité faite autour des plans Cohen, Sarkozy et Museveni, ils se sont retranchés derrière des Congolais afin de trouver une coloration locale ou nationale à l’instar de l’AFDL. Empressons toutefois de faire remarquer que lors de son passage à Kinshasa, le président français avait levé toute équivoque. Il avait écarté toute idée de la balkanisation de la RDC et invité les Congolais à être maîtres de leur propre destin.

La pensée pour un projet machiavélique

Les conflits armés ayant échoué, l’ère est à la production de la pensée qui puisse véhiculer et permettre l’intériorisation du projet de diviser la RDC en blocs Est et Ouest. Ces faiseurs de guerre s’obstinent à vouloir démontrer que le pays est trop grand et désarticulé, qu’il n’existe pas de communication entre Kinshasa et les provinces de l’Est, particulièrement le Kivu. Que les peuples de part et d’autre des frontières devraient être épargnés par la présence de ce tracé qui les a séparés culturellement.

Cette production de la pensée, ces écrits faussement attribués à l’élite congolaise, reposent sur plusieurs thèmes développés et diffusés par des revues spécialisées financées par des organismes internationaux tels DFID ( Department for international development), le COMESA, l’USAID. Mais là où les ennemis du Congo se sont montrés très subtils, c’est la création et le financement de Pole institute à Goma, dans le Nord-Kivu. Ils en font un institut interculturel dans la région des Grands Lacs. Ils le définissent comme un espace d’analyse et de recherche autour des grands défis locaux et leurs implications au niveau national, régional et international. Cet espace se propose aussi d’analyser et de renforcer des stratégies de survie des populations dans un contexte de guerre et de crise prolongée.

Ce n’est pas tout, Pole institute se veut un espace d’analyse des économies de guerre pour dégager des pistes de renforcement des populations locales et de leurs activités. Le but poursuivi met à nu leur projet : la construction d’une société dans laquelle chacun trouve sa place et redécouvre l’autre par le développement d’une culture de négociation permanente et l’identification des valeurs positives communes de même que la formation d’un type nouveau de personne indépendante d’esprit enracinée dans son identité tout en étant ouverte au monde.

Sur le plan politique, Pole institute prétend initier, développer, renforcer et vulgariser les idées avant-gardistes en matière de paix, de reconstruction et de cohabitation des populations vivant en zones de crise.

Cette méthodologie n’est pas nouvelle. Elle a existé aux Etats-Unis d’Amérique vers les années 45. Des instituts du genre Pole institute ont été créés pour véhiculer les idées du libéralisme dans l’opinion américaine. Quarante plus tard, l’on s’est rendu compte que la propagande a porté ses fruits.

Les financiers de Pole institute ont une idée fixe, celle de casser les frontières du Congo dans sa partie orientale. Pis encore, renforcer l’idée selon laquelle, les habitants des provinces du Kivu, du Maniema et une partie de la province orientale (Ituri) ne se sentent pas liés directement au reste du territoire national. Que leur attachement devrait se trouver plutôt du côté des pays limitrophes, en l’occurrence le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, la Tanzanie, voire le Kenya.

Ainsi, grâce à la pensée diffusée soi-disant par des penseurs congolais sur la nécessité de s’ouvrir à l’extérieur, ils pourront amener les populations de ces provinces de l’Est à une sorte d’autodétermination avant d’en arriver à une déclaration d’autonomie pure et simple.

Aussi leurs publications développent-elles les thèmes suivants : « Dépasser les frontières sans les effacer », « Les impacts de l’ouverture aux marchés asiatiques », « Le Kivu s’éloigne-t-il vraiment de l’influence de l’Ouest ?, « Le Kivu, charnière ente l’Atlantique et l’océan Indien, « Le commerce au service de la paix », avec comme sous-thème « Instauration de la sécurité et la réduction de la pauvreté par le commerce des ressources naturelles dans la région des Grands Lacs »; « La promotion d’un développement durable et l’intégration économique régionale » ; « Partager les problèmes et les solutions dans les Grands Lacs ». Des thèmes bien ciblés pour un lavage de cerveau, une corruption morale.

Toutes ces publications suscitent déjà de nombreuses interrogations et relèvent d’un travail bien planifié contre la République démocratique du Congo. Des observateurs avisés ont décidé de tirer la sonnette d’alarme afin que le peuple ne soit pas victime d’un saupoudrage portant un sceau congolais mais venant de très loin, de la part de ceux qui veulent la balkanisation de la RDC.

Source : le Potentiel/kinshasa