Assembl_e_nationaleLe projet de loi vivement attendu sur l’amnistie a finalement franchi le cap du vote aux deux chambres du Parlement et n’attend plus que sa promulgation par le Chef de l’Etat auprès duquel l’Assemblée nationale vient de transmettre ledit projet

Le projet de loi sur l’amnistie, concernant les faits insurrectionnels et les faits de guerre dans les Nord et Sud-Kivu, a été adopté mardi par les deux chambres du Parlement. Le projet de loi, qui est passé par une commission paritaire mixte Assemblée nationale - Sénat pour harmonisation des textes, a été envoyé au chef de l’Etat en vue de sa promulgation, note radiookapi.net

Le vote de ce projet au niveau de l’Assemblée nationale a connu des perturbations. Une centaine de députés nationaux membres de l’opposition ont boycotté le vote en quittant la salle.

Selon ces députés, cette décision a été prise en protestation de l’aspect discriminatoire de ce projet de loi.

Pour Enoch Kakule , élu du Nord-Kivu, tous les insurrectionnels ne sont pas amnistiables : « Par rapport à l’amnistie, il y a beaucoup de gens qui sont décédés dans le Nord-Kivu. Nous avons été à la conférence [de Goma]. On avait ramené beaucoup de groupes insurrectionnels, sauf le CNDP, qui s’était entêté. Aujourd’hui, à travers l’amnistie, ils sont entrain de croire qu’ils n’ont rien fait de mal dans le Nord Kivu. Si on voulait seulement amnistier tous ceux qui on commis des insurrections dans ce pays, on pouvait amnistier alors même dans le Bas-Congo et partout. Nous voulons faire quelque chose avec conscience ».

Les députés qui ont voté en faveur de la loi, composés en grande partie des membres de l’AMP, estiment que cette loi promulguée renforcera le processus de paix dans le pays.

Ernest Kyaviro, élu du Nord Kivu, appelle néanmoins les membres du CNDP présent à Kinshasa, à prouver qu’ils ne sont pas un cheval de Troie : « Nous nous sommes déjà engagés, par notre signature à la conférence de Goma, que nous ferons passer cette loi. Et d’ailleurs, cette loi ramène la nation ensemble et lui permet de panser ses blessures. Cependant, je lance un appel à nos frères du CNDP, qui sont ici [à Kinshasa], mais dont les troupes continuent à commettre des choses inacceptables. Si le groupe du CNDP qui est venu ici avec monsieur Kamanzi n’est pas un cheval de Troie, je leur demande de lancer le plus vite possible un appel à leurs troupes pour qu’elles libèrent les camions de nos frères ».

En ce qui concerne Laurent Nkunda , l’honorable Ernest Kyaviro précise que « s’il lui est reproché des choses au delà de ce qui est amnistiable, c’est que l’extradition sera valable ».

En outre, ce projet de loi sur l’amnistie concernant les faits insurrectionnels et les faits de guerre dans le Nord et Sud-Kivu exclut les auteurs de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Ce projet a été adopté simultanément dans les 2 chambres du parlement avec le projet de loi sur la délimitation des espaces et frontières maritimes de la RDC.

Bousculade à l’Assemblée nationale entre membres des cabinets sortants et entrants

Depuis l’entrée en fonction du nouveau bureau de l’Assemblée nationale piloté par Evariste Boshab, il n’y a pas encore d’acte de nomination officielle des différents membres de cabinet de la nouvelle administration.

Les prestataires des anciens cabinets continuent à répondre présents. Ils expédient les affaires courantes avant une notification officielle de fin de service. Mais au même moment, les nouveaux prétendants, en mal de patience, se sont déjà mis à l’ouvrage. Sans acte officiel. Il s’ensuit une terrible cacophonie dans l’antichambre de la nouvelle administration de la Chambre basse du Parlement.

Impossible de savoir distinguer les chats dans cette confusion.

L’improvisation de nouvelles unités, opposée à la résistance des anciens, ne fait pas bon ménage. Les députés, comme les visiteurs du Palais du peuple, ne savent pas trop à qui se confier en cas de besoin. La crainte de tomber sur la mauvaise personne crée une méfiance presque instinctive. Autrement, une information très sensible peut facilement tomber entre des mains non habilitées. Dans le contexte actuel qui fait suite à un grand orage survenu à l’hémicycle, rien n’est plus dangereux.

Car faute d’une mise en place officielle, chacun des deux camps ci- haut épinglés restent sur sa position. Les nouveaux entrants affirment urbi et orbi être là par la volonté expresse des membres du nouveau bureau. A l’opposé, les anciens campent autour de l’absence d’une décisionofficielle.Il aurait vraiment été souhaitable qu’en attendant un éclairage officiel sur la question, les services d’appoint de l’administration de la Chambre basse se chargent d’encadrer le nouveau bureau. Cette solution est à ce point salutaire que cela fait plus de deux semaines que la nouvelle équipe travaille.

En cette période fragile où tous les moutons noirs n’ont pas encore été démasques au sein de la Majorité, la situation demeure on ne peut plus préoccupante, ils écument encore les couloirs du Palais du peuple, prêts à tendre la première embuscade au nouveau bureau.

Et voilà que pour leur faciliter la tâche, on leur dresse le lit du pis aller à l’Assemblée nationale. Dans ces circonstances, un document très sensible, voire stratégique est vite subtilisé, puis trafiqué au gré de la perfidie humaine.

On en connaît des scandales nés du vent dans ce pays où la rumeur conserve un règne sans partage. La fuite d’une simple information a déjà eu à causer de sérieux ravages à Kinshasa. Il y a même des moments où le trafic de la simple rumeur a mis la ville et par ricochet tout le pays sens dessus dessous. Ainsi au premier trimestre de l’année précédente, la rumeur «  assassinait » le Chef de l’Etat chaque soir avant de le « ressusciter » le lendemain.

Tout le monde se souvient comment, en un clin d’œil tous les bureaux se vidaient au centre ville de Kinshasa. Chacun préférant sauter dans le premier véhicule pour aller se terrer chez lui. L’onde de choc s’est même répercutée en Europe d’où tout le monde appelait sans arrêt. On connaît la suite. Le gouvernement s’est vu obligé de soumettre les Compagnies de téléphonie cellulaire à l’identification obligatoire de leurs abonnés respectifs.

Au regard de ce come-back sur le passé, à Evariste Boshab de savoir tirer toutes les leçons qui s’imposent il doit vivement mettre fin à la confusion qui menace son institution. L’Assemblée nationa1e constitue le deuxième pouvoir après l’Exécutif. D’elle peut très bien partir une vaste entreprise de déstabilisation nationale. Même en deux semaines. Un proverbe africain dit que la vraie royauté ne se mesure pas à l’intérieur de la case, mais bien à l’extérieur.

Sources : le Potentiel/le Palmarès