Assembl_e_nationaleIl s’agissait, hier, au siège de l’AMP, d’un moment jugé utile, pour laver des linges sales en famille. Mais, contre toute attente, Alexis Thambwe Mwamba est resté égal à lui-même si bien que la motion de défiance inscrite à l’ordre du jour de la session, risque de le faire virer de son piédestal actuel, au Ministère des Affaires Etrangères. Apparemment, devant l’exigence d’un pardon réel et sincère à l’endroit de Députés, l’homme aurait choisi un autre chemin ; celui de maintenir ses propos, en l’état, et de s’en expliquer jusqu’au bout, à la chambre basse du Parlement. Il était, en effet, premier à parler, sans le moindre bémol. A l’AMP, les Députés seraient tentés de lui rendre la monnaie de sa pièce, malgré le mot d’ordre de cohésion lancé, en dernière minute, par Evariste Boshab. Lambert Mende Omalanga, le Ministre de la Communication et Médias, s’en est plutôt tiré, lui, vivement ovationné, grâce à son humilité et au discours fortement dosé. Rassuré, il affrontera toutefois Martin Mukonkole, un des élus de Kabinda, au Kasaï Oriental, lors de la question orale avec débat. Deux Ministres, deux attitudes. L’un, virulent. L’autre, modéré. Le récit d’hier, au siège de l’AMP, en donne l’illustration parfaite. Voici Alexis Thambwe. Il est arrivé à temps. Premier à prendre la parole, il resté sur ses pas d’antan, à Goma. Il a préféré laisser, en l’état, des propos au fond contesté par l’Honorable Emery Okundji, dans sa motion de défiance fourbie contre lui. Alexis Thambwe mesure, pourtant, les conséquences. En juriste et homme politique aguerri, il a refusé de se dédire, devant l’histoire. En bref, il ne retire rien, à ses propos. Il ira, du reste, s’en expliquer à la chambre basse. C’est un pari, croit-on. Est-ce une manière de narguer les Députés de la majorité qui voulaient, apparemment, lui éviter un naufrage ? Eh bien, le vin est tiré, il faut le boire. En l’espèce, l’actuel Ministre des Affaires Etrangères veut, de lui-même, convaincre et emporter l’adhésion de l’ensemble de la représentation nationale, au lieu se faire prier devant un groupuscule, fut-il de l’AMP, sa propre famille politique. Le mot d’ordre de Boshab suffira-t-il ? Rien n’est sûr. Lorsqu’on sait que la motion de défiance se solde toujours par un vote à bulletins secrets, la surprise n’est pas exclue. Les Députés de la majorité, voulant prendre leur revanche, risquent de lui rendre la monnaie de sa pièce, en le poussant à la porte de sortie, la seule qui vaille, après un vote à l’issue d’un tel exercice périlleux. En toute évidence, Alexis Thambwe est sur une corde raide. Sa survie au gouvernement ne tient plus qu’à un fil. C’est d’ailleurs une question d’heures, à moins que le Raïs refasse une nouvelle messe à Kingakati, dans la périphérie de la ville de Kinshasa, à l’autre bout du monde, sur le chemin de Bandundu. Peut-être que si elle traîne, elle trouvera Alexis Thambwe Mwamba déjà, hors du périmètre du gouvernement Muzito I. « Les choses pourraient aller très vite que du temps de Vital Kamerhe », confie un Député de la majorité, très blasé de cette attitude. Deuxième à prendre la parole. Voici Lambert Mende Omalanga. Discours conciliant. Propos respectueux. Pardon, mille fois pardon, aux Députés de la Majorité. Elégance, oblige ! L’homme est ovationné. C’est authentique ! Les limiers de La Prospérité y ont été clairvoyants. C’est tout le contraire de la première cadence. C’est pratiquement, l’anti-thèse. Que faire ? Voici Boshab, pour sauver les meubles. Un mot d’ordre est donné. « Nous sommes les Députés de la majorité. Le Gouvernement est de la majorité. L’initiative de cette motion de défiance et de la question orale avec débat, ne vient pas de la majorité. Nous ne devons pas faire le jeu des adversaires… ». Voilà tout. C’est sur cette note que les Députés ont quitté le siège de l’AMP, en fin de la soirée. Presque sur la pointe des pieds. Chacun, gardant sa dose de colère ou de rires. Que va-t-il se passer ? L’eau coulera certainement sous le pont. Beaucoup de surprises sont au rendez-vous. Ça s’annonce chaud, alors que Kabila, lui-même, promet des changements profonds d’ici juin 2009. Lui qui, dans ses nouvelles exigences, cherche, à mi-parcours de son mandat, dix à quinze personnes…, pour transformer le Congo. Osera-t-il s’immiscer dans une procédure parlementaire visant à faire tomber Alexis Thambwe ? La question restée posée.

Source : la Prosperité