La Banque africaine de développement (BAD) vient d'octroyer 14, 2 millions à la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC). Une bonne nouvelle qui tombe au moment opportun pour une société en proie à une situation économique très critique. La bonne nouvelle tombe au moment où les agents et cadres de la SNCC viennent de reprendre le travail en suspendant leur mouvement de grève déclenché il y a trois mois, conscients que la grève n'a pas seulement causé des préjudices à la population, mais aussi aux agents eux-mêmes.

La deuxième bonne nouvelle vient de leur parvenir de Tunis, siège de la Banque africaine de développement (BAD). Des suites de la ténacité du ministère du Portefeuille et du soutien de tous les agents à travers leur décision de reprise du travail, la BAD vient ainsi d'annoncer l'octroi d'une facilité anticrise de 97 millions de dollars pour la RDC dont 14, 2 millions pour la seule SNCC. Cette somme, véritable manne, devra permettre, selon le communiqué publié à cette occasion, " la réalisation en 2009 du plan d'urgence de sortie de crise de la SNCC, entreprise publique stratégique pour la reprise économique et la stabilité sociale ". De quoi inscrire sous de bons auspices l'arrivée du nouvel administrateur-délégué général de l'entreprise, Freddy Strooman, qui a pris ses fonctions il y a à peine quelques jours. De quoi aussi rassurer ceux des agents qui avaient encore des doutes ainsi que les opérateurs économiques et les populations habitant les quatre provinces - Katanga, les deux Kasai et le Maniema - desservies par les trains de la SNCC

Mobilisation des partenaires

La décision de la BAD est à inscrire dans un processus. Le plaidoyer conjoint mené depuis quelques mois par le ministère du Portefeuille et les autres acteurs politiques et sociaux impliqués dans le dossier consistait à dire clairement aux miniers du Katanga et aux partenaires que l'avenir minier de la RDC passe par l'interdépendance des miniers à une infrastructure ferroviaire stratégique, la SNCC.

Cette interpellation semble avoir été entendue au titre de l'intégration régionale africaine que promeut la BAD et dont le Congo ne saurait être l'absent ou l'obstacle du fait d'infrastructures obsolètes.

Il y a donc lieu de suivre avec intérêt la recherche des financements innovants impulsés depuis peu par le Portefeuille dans le secteur du transport. Une manière de confirmer l'explication la plus facile de la réforme des entreprises publiques.

Avant les textes et les décrets, celle-ci ne vise-t-elle pas à moderniser et à connecter le Congo avec le monde? Avec 3 000 km de rail, la SNCC en mutation peut aussi réussir le pari. Il ne reste plus à son équipe de direction et au personnel de se remettre réellement au travail et de capitaliser cette nouvelle opportunité.

Reprise effective du travail lundi

A en croire Radio Okapi, les 12 000 agents de la SNCC ont repris le travail lundi 11 mai. Conscients que c'est dans le travail qu'ils peuvent trouver leur dû, pendant que les autorités de tutelle s'emploient à chercher des solutions durables pour la survie de la société. Les agents de la SNCC ont déclaré qu'ils ont changé d'avis car ils font confiance en la gestion de leur société par le nouvel ADG, Freedy Strooman.

Déjà à 7 heures, les agents de la SNCC-Lubumbashi, sans distinction, étaient à leur lieu de travail, où chacun était trouvé à l'oeuvre. Dans les ateliers centraux, par exemple, tout le monde est à l'œuvre : les uns réparant les différentes pièces, les autres étant penchés sur les locomotives en panne.

C'est la même ambiance de travail dans les différents bureaux, où chaque agent est à son poste. Du côté du magasin gare, les commerçants qui avaient leurs marchandises bloquées, s'affairent à les récupérer.

C'est partir de la semaine prochaine que le magasin accueillera de nouvelles marchandises et le nouveau train courrier sera organisé.

Les agents ont estimé qu'il était temps de mettre un terme à une grève qui devenait aussi bien très élastique que très long.

Source : l'Observateur/Kinshasa