La Banque Centrale du Congo n’entend plus assister impassible à la déconfiture du FC face au dollar. Elle est déterminée à éponger les excédents de Francs congolais, en circulation. Après que d’autres instruments de la politique monétaire aient montré leur limite, l’autorité monétaire a opté pour la stratégie d’adjudication de devises. Ragaillardie par le renforcement de ses réserves en devise de l’ordre de US$ 200 millions, la BCC pourra régulièrement intervenir sur le marché de change chaque fois que la dépréciation journalière du FC tentera de dépasser la barre de 1,5 %. US$ 35 millions ont déjà été injectés sur le marché, à travers les Banques Commerciales, en trois séance d’adjudication. Les résultats sont déjà visibles. Mais il faudra que le Gouvernement respecte ses engagements en ce qui concerne les dépenses pour que l’autorité monétaire arrive à stabiliser le FC. Les conditions de vie de la population sont rattachées à cette obligation du résultat. La Banque Centrale du Congo a décidé d’éponger les excédents de liquidité des Francs Congolais sur le marché de change. L’option levée consiste à injecter sur le marché bancaire des devises et, partant, contenir la dépréciation effrénée de la monnaie nationale. La stratégie adoptée : les opérations d’adjudication chaque deuxième et quatrième lundis du mois. Toutefois, la BCC se réserve le droit d’intervenir plus de deux fois si jamais la dépréciation journalière de la monnaie nationale tend à dépasser la barre de 1,5%. Ce faisant, pour combattre la rareté de devises sur le marché de change, l’autorité monétaire a dû soumettre les Banques Commerciales agréées à concourir à l’adjudication. Ce, en leur proposant un montant en dollars américains qu’elles doivent acheter à un taux fixé de commun accord, moyennant versement, en cash, de l’équivalent en Francs Congolais. En trois temps, la BCC a injecté US$ 35 millions sur le marché. US$ 10 millions pour la première fois, 15 millions, pour la deuxième fois et 10 millions, pour la troisième fois en date du lundi 11 mai 2009. Des résultats encourageants Un coup d’œil rétrospectif fait voir qu’on est passé de 639,32 FC le dollar en décembre 2008 à 844 FC le dollar vers fin mars et début avril, soit une dépréciation de l’ordre de 24,27 %, soit 122 % en projection annuelle. Une alerte qui ne pouvait laisser impassible l’autorité monétaire qui a décidé de passer à la vitesse supérieure pour stopper net la déconfiture du Franc Congolais. Les résultats des opérations d’adjudication amorcées le 10 avril 2009 sont encourageants. Le lundi 11 mai 2009, date de la troisième adjudication, le taux indicateur de la Banque Centrale affichait 784 FC le dollar. A en croire les experts de la BCC, l’idée, ce qu’en faisant appel à l’adjudication de devises, uniquement aux Banques Commerciales, on crée la concurrence et la transparence du marché de telle sorte que le taux de change moyen obtenu reflète, comme à la bourse, la tension qui existe réellement entre l’offre et la demande de devises en lieu et place de la pure spéculation. Objectif visé : la stabilité du Franc Congolais Il faut reconnaître que la stratégie d’adjudication adoptée par l’autorité monétaire et qui ne vise, au finish, que la stabilité du Franc Congolais en cette phase difficile de la crise financière internationale avec ses effets collatéraux sur les prix des matières premières, arrive au moment où d’autres mécanismes tels, le Billet de Trésorerie (BTR) et le coefficient de réserve ont montré leurs limites. Tellement que leur souscription n’était plus attractive par rapport à la devise forte. Bouffée d’oxygène, US$ 200 millions du FMI Ragaillardie par le renforcement de ses réserves de change de l’ordre de US$ 200 millions, l’autorité monétaire est à même d’intervenir sur le marché de change durant une longue période. Mais, à condition que le Gouvernement tienne à ses engagements de geler ses dépenses pendant cette phase cruciale de lutte pour la stabilité de la monnaie nationale. Les conditions de vie de la population étant directement liées, l’obligation de résultat est au prix de ces sacrifices.

Source : la Prosperité