drapeauSi les élections de 2011 devraient se dérouler en juin de cette même année, l’on n’a plus que 24 mois devant nous. Ce qui expliquerait certainement cette agitation observée depuis la semaine passée à l’Assemblée nationale. Il y a déjà de l’empoignade entre Majorité et Opposition autour de la future Commission électorale nationale indépendante, CENI. Les discussions achoppent sur le projet de loi qui doit être voté incessamment portant organisation et fonctionnement de cette structure qui doit remplacer la Commission électorale indépendante (CEI).

Apparemment, le compte à rebours a déjà commencé pour les prochaines échéances électorales. Certes, il faudra d’abord franchir le cap des élections locales, urbaines et municipales. Celles-ci, si toutes les dispositions sont respectées, pourraient avoir lieu d’ici à mi-juin 2010. Question de respecter les dispositions constitutionnelles que le processus électoral enclenché en 2006 doit se clôturer avant les élections générales de 2011.

Mais ces élections locales seront justement un avant-goût de ce que seront les grandes échéances de 2011. Raison pour laquelle elles font peur à la fois à la Majorité et à l’Opposition. Toutefois, si certaines prévisions se réalisaient, ces élections devraient avoir lieu au cours du deuxième semestre de l’année 2011. Devant cette hypothèse, l’on n’a plus que 24 mois devant soi avant que différents candidats sollicitent à nouveau le suffrage de la population et que celle-ci exprime, par la voie des urnes, ses préférences.

Cependant, avant d’en arriver là, il revient au Parlement, particulièrement à l’Assemblée nationale, de voter la loi portant création, organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante, CENI. Elle doit succéder à la Commission électorale indépendante, CEI, pour organiser les prochaines élections.

C’est justement cette loi qui pose déjà problème. Majorité et Opposition s’affrontent par ces temps qui courent et les violons ne s’accordent pas sur certaines dispositions qui doivent constituer la charpente de cette loi. Il y a de la méfiance en l’air, la crainte de la fraude, de la manipulation des résultats du scrutin.

Désignation des membres et indépendance de la CENI

Les premiers accrocs font état des divergences au niveau de la désignation des membres du Bureau et des coordinations. Pour l’Opposition, dans une déclaration rendue publique le 15 mai, ces membres doivent être désignés par le Parlement et investis par le président de la République. L’Opposition espère ainsi préserver la neutralité et l’indépendance de la CENI.

L’Opposition insiste aussi sur le fait que les coordonnateurs provinciaux soient membres effectifs de la CENI et de délibérer au niveau de leurs circonscriptions électorales. D’où la décision de décentraliser les opérations électorales que de tout acheminer à Kinshasa pour la proclamation des résultats des urnes. L’Opposition affirme se baser sur les imperfections des élections 2006 pour que les échéances à venir soient réellement libres, transparentes et démocratiques.

Pour sa part, la Majorité rejette en bloc ces propositions. Elle relève que rien ne menace l’indépendance et la neutralité de la future CENI. La Majorité insiste sur le fait que, comme lors des élections de 2006, chaque bureau de vote publie les résultats et les affiche. Les procès-verbaux sont remis aux différents témoins et ainsi chaque candidat peut disposer des résultats après le vote dans chaque bureau. La Majorité rejette également les accusations portant sur la centralisation des résultats qui pourraient altérer la crédibilité et la transparence du processus électoral. Quant à la nomination des membres du bureau et de la coordination qui doivent être nommés par le président de la République, selon la majorité, le chef de l’Etat ne le fera pas de manière discrétionnaire. Il s’appuiera sur un acte administratif après qu’on lui a proposé les représentants de certaines sensibilités politiques.

Premières notes de la campagne électorale

Dans les milieux de l’Opposition, on souhaiterait vivement qu’il y ait un consensus autour de cette loi pour un déroulement apaisé des élections. Un large consensus de la classe politique dans le but d’imposer les règles du jeu démocratique afin de permettre à ceux des partis politiques qui avaient boycotté les précédentes élections de rejoindre le processus électoral.

La Majorité, de son côté, trouve non fondée et inexplicable toute cette agitation prématurée. Si propositions il y a, elles doivent être discutées en plénière et dans l’hypothèse où les divergences persisteraient, recourir au vote pour départager les uns des autres.

L’on observe ainsi les premières notes d’agitation ou d’effervescence qui précède toute campagne électorale. Comme si déjà les états-majors des partis politiques sont en train de mettre en place leur stratégie électorale. Le débat autour de ce projet de loi sur la CENI s’annonce intéressant et nous offrira un avant-goût de l’imminente campagne électorale. Bien entendu, si l’hypothèque sur les élections locales et municipales est levée, l’on aura incontestablement une idée de ce que seront les élections de 2011. Ce qui est vrai, la majorité présidentielle s’emploie déjà à se mettre en ordre de bataille pour rééditer son exploit de 2006, tandis que l’Opposition se prépare d’arrache-pied en vue de prendre sa revanche.

Source : Le Potentiel/Kinshasa