Yves Kisita Bisalabisaku, cambiste de son état âgé de 32 ans, a été pendu par des éléments incontrôlés, armés et en uniformes, le vendredi 15 mai vers 3 heures du matin, dans la maison familiale sise avenue Mayidi, quartier Kimpe, à Binza Delvaux, dans la commune de Ngaliema. Selon le témoignage de ses proches et de son malheureux père, Bisalabisaku, menuisier en chômage, le défunt était dans les préparatifs de son mariage. Il avait pratiquement acheté tous les biens en nature exigés par sa belle famille.

La nuit du drame, toute la maison née était endormie lorsque des coups, frappés à la porte d’entrée par des inconnus, ont commencé à troubler le sommeil d’un chacun vers 1 heure 30 du matin. Le bruit étant devenu infernal, l’un des frères d’Yves a décidé de téléphoner à la Police d’Intervention Rapide (PIR). Il semble qu’une patrouille en mission de routine à Ngaliema a promis de venir au secours des assiégés.

Entre-temps, pressés de réaliser leur coup, les assaillants ont réussi à casser la porte et à s’introduire chez les Bisalabisaku. Aussitôt à l’intérieur de la maison, ils se sont directement adressés à Yves et l’ont sommé de leur remettre ses pièces scolaires et diplômes, ses économies et tous les effets achetés pour aller doter sa future épouse. Se sentant trahi et en danger, le cambiste s’est exécuté sans broncher. Les bandits se sont saisis en plus de tous les téléphones portables des occupants de la maison.

Ils étaient sur le point de se retirer lorsque Yves Bisalabisaku s’est permis d’interpeller nommément l’un des membres du gang. Erreur fatale ! Tous se sont retournés vers lui avant de le ligoter, de lui passer la corde au cou et de le suspendre à l’un des chevrons de la toiture. Ils ont attendu tranquillement que leur victime rende son dernier souffle avant de s’en aller. C’est juste après le départ des inciviques, vers 3 heures du matin, que la PIR s’est pointée sur le lieu. A la famille éprouvée et aux voisins mécontents de leur arrivée tardive, celui qui dirigeait l’équipe a laissé entendre qu’ils n’avaient pu localiser à temps la parcelle attaquée, en raison de la mauvaise disposition des rues et avenues, mais aussi du relief fort accidenté. Le corps d’Yves Kisita a tout simplement été transféré à la morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa.

Source : le Phare/Kinshasa