fmi_rd_congo_200Dans la foulée de la visite du direction général du Fonds monétaire international à Kinshasa, Dominique Strauss Kahn, le gouvernement de la RDC va renégocier le contrat conclu avec la Chine. Il est prévu de discuter avec la partie chinoise pour rendre ce contrat compatible avec les exigences du FMI et des bailleurs bilatéraux traditionnels. Ce contrat devra être compatible avec l'exigence de soutenabilité et de viabilité de la dette, au moment où la RDC vise atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE. C'est ce qui ressort de la conférence de presse co-animée ce lundi 25 mai par le directeur général du FMI et le Premier ministre, Adolphe Muzito.

Dans sa prestation, Doinique Strauss Khan a mis en exergue les contradictions entre l'objectif d'accéder au point d'achèvement, synonyme d'allégement de la dette, et le contrat entre la RDC et la Chine sur les mines et les grands projets d'infrastructures. Dans ce contrat, des éléments techniques portant sur la garantie de la partie minière peuvent donner lieu à une augmentation de la dette congolaise. Le niveau d'endettement risque de connaître une hausse au moment où des partenaires traditionnels vont renoncer à leur dette. Selon lui, la RDC a besoin de l'allègement de la dette et des infrastructures. Pour y arriver, il va falloir trouver des modalités techniques qui conviendraient au partenaire chinois. " Ne pas perdre de vue les bénéfices de l'allègement de la dette et trouver des modalités techniques à proposer aux Chinois ". Voilà les recommandations formulées par DSK à la partie congolaise.

En ce qui le concerne, le Premier ministre Muzito a reconnu la pertinence des arguments opposés par le FMI et les partenaires traditionnels de la RDC. Le gouvernement va discuter, promet-il, avec les Chinois pour des réajustements pour rendre ce contrat compatible avec l'exigence d'allègement de la dette. " Nous sommes en train d'avancer rapidement,… Nous avançons. Nous voulons entrer en programme sans attendre l'étude de faisabilité sur le contrat chinois, en juin ou en juillet ". Par ailleurs, Adolphe Muzito a mis en relief les efforts déployés par la RDC pour être fréquentable. Par rapport aux critères de stabilisation du cadre macroéconomique et aux réformes, la RDC est restée en harmonie avec les exigences du FMI. Un effort sera fait pour attendre les deux objectifs du gouvernement a promis Muzito. Il s'agit de conclure un programme pour l'allègement de la dette et réaliser les infrastructures avec la Chine.

Selon Muzito, la Facilité de protection contre les chocs exogènes du FMI à hauteur de 200 millions US à la RDC, a permis de faire face à la baisse de réserves de change de la Banque centrale du Congo consécutive à la crise financière. Cette FPCE a incité d'autres bailleurs en mars 2009 d'intervenir en faveur de la RDC. Au total, le pays va s'en tirer avec environ 500 millions USD, ventilés comme suit : FMI 200 millions USD, Banque mondiale 100 millions USD, BAD 100 millions USD, l'Union européenne 60 millions USD, Belgique 30 millions USD, … Pour le Premier ministre, la signature d'un programme avec le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) va apporter 500 millions USD à la RDC et des apports financiers d'autres bailleurs.

A tout prendre, DSK a promis que dès que le dossier de la RDC sera compatible sur la question de l'endettement en rapport avec le dossier contrat chinois, le passage de ce dossier au Conseil d'administration du FMI va intervenir rapidement. Pour les détails, L'Observateur vous propose le communiqué publié par le FMI à ce propos.

Didier Munsala Buakasa

Déclaration de M. Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI, à l'issue de sa visite en République Démocratique du Congo

M. Dominique Strauss-Kahn, Directeur Général du FMI, a fait la déclaration suivante aujourd'hui à Kinshasa, à l'issue de sa visite en République Démocratique du Congo:

" J'achève ma première visite en République démocratique du Congo en qualité de directeur général du FMI et je tiens à remercier le Président Kabila, le Premier ministre Muzito, le Ministre des finances Matenda, le Ministre du budget Lokola, le Gouverneur Masangu et

les personnalités officielles que j'ai eu le plaisir de rencontrer. J'ai aussi rencontré les membres de la Commission Économique et Financière de l'Assemblé Nationale et du Sénat. Je me suis également rendu au Centre de santé Avenir Meilleur pour les Orphelins du Congo (AMOCongo), où j'ai été impressionné par les efforts que déploie son personnel avec dévouement pour venir en aide aux enfants et aux mères vivant avec le virus du VIH. J'ai eu aussi des échanges très enrichissants avec les syndicats et les organisations de la société civile ainsi qu'avec les etudiants et les membres du corps professoral des universités privées et publiques de Kinshasa.

Lors de l'audience que m'a accordée le Président Kabila, j'ai salué les progrès remarquables pour un pays post-conflit, réalisés par la RDC vers ses objectifs de développement à long terme. Nous avons eu un entretien productif sur les perspectives économiques de la RDC et sur les défis à relever, particulièrement dans cette période où le pays fait face aux difficultés entraînées par la crise financière mondiale. La RDC est l'un des pays les plus touchés d'Afrique. Les prix du cuivre, cobalt et diamant se sont effondrés. Une chute des termes de l'échange de 20% est attendue cette année. Par conséquent, la croissance économique pour 2009 est estimée à 2,7%, bien en dessous des niveaux d'avant-crise.

Nous avons convenu du fait que l'aide extérieure sera cruciale pour que la"RDC puisse tempérer l'impact de ces chocs et protéger les plus pauvres. A cet égard, le FMI a approuvé au mois de mars un déboursement de 195 millions de dollars U.S. envers la RDC sous la Facilité de protection contre les Chocs Exogènes (FCE). J'ai salué le programme du président Kabila visant à répondre aux besoins cruciaux en matière sociale et d'infrastructures. Toutefois, de telles dépenses doivent être cohérentes avec les,çontraintes de soutenabilité de la dette. '

Les services du FMI sont sur le point de conclure les négociations sur un nouveau programme appuyé par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance, suspendu toutefois à l'établissement d'une solution cohérente avec la soutenabilité de la dette dans le dossier de l'accord de coopération sino-congolais sur les mines et grands projets d'infrastructures. Le FMI soutient les efforts de la RDC pour accéder à la réduction de dette dont elle a tant besoin et aux investissements dans les infrastructures et le secteur minier. Nous sommes prêts à utiliser nos bons offices auprès des partenaires au développement de la RDC à cette fin. L'examen d'un nouveau programme par le Conseil d'administration du FMI passe en effet par une solution satisfaisante apportée à l'accord sino-congolais et par l'accord de financement du Club de Paris.

Il est crucial de garder un équilibre entre les dépenses financées sur ressources intérieures et les recettes domestiques, de manière à éviter une expansion monétaire pouvant entrainer une accélération de l'inflation et mettre le taux de change sous pression. En même temps, la banque centrale devra surveiller l'offre monétaire et compenser les excès de liquidité générés par ces ressources. Pendant ce temps, le gouvernement devrait utiliser l'espace fiscal disponible pour une meilleure.allocation des dépenses vers les secteurs sociaux et la mise en place de réformes structurelles visant à rendre l'économie plus compétitive et mieux intégrée dans l'économie mondiale.

Le FMI est prêt à poursuivre son appui aux efforts que déploie la RDC pour faire reculer la pauvreté, combattre la corruption et maintenir le cap d'un développement économique durable. "

Source : l'Observateur/Kinshasa