drapeauL'Intersyndicale nationale du Congo s’oppose formellement à la reforme des entreprises publiques. Les membres de ce syndicat ont rencontré mardi le 1er ministre Adolphe Muzito pour solliciter de lui la suspension de l'application de ses décrets sur la réforme des entreprises. Une reforme que soutient cependant Adolphe Muzito

Le président de l'Intersyndicale nationale du Congo, , se dit déçu de n’avoir pas obtenu le soutien du 1er ministre sur ce sujet : « Nous avons exprimé de vive voix la volonté des travailleurs de surseoir les différents décrets, et de faire l’état des lieux. On n’a pas été entendu. Chacun a gardé sa position »

Pour Symphorien Dunia, la reforme déclarée par la ministre du portefeuille contient plusieurs incohérences : « Le décret s’appelle reforme, mais il n’est pas reforme. C’est la privatisation. Et quand on privatise, quand on vend les entreprisses de l’Etat aux tiers, c’est le bradage et la spoliation du patrimoine de l’Etat. Et quand l’Etat est spolié, il devient pauvre. Il n’aura pas de budget pour redresser les routes, redresser les écoles ou encore les hôpitaux. Alors que notre Etat se trouve dans une situation sociopolitique et économique grave. Il n’y a pas de routes, pas d’hôpitaux, pas d’écoles. N’attendez pas du FMI ou de la banque mondiale le montant qui viendra faire le travail de notre gouvernement. »

Jeannine Mabunda : la RDC veut être un Etat régulateur et non un Etat commerçant »

La question de la reforme des entreprises publiques a été au centre d’une conférence de presse tenue mardi soir à Kinshasa par la ministre du portefeuille. Jeannine Mabunda estime que l’information au sujet de cette reforme n’a pas été bien transmise aux employés et à l’Intersyndicale.

La ministre souligne que ces entreprises avaient reçu la mission « de créer des biens et services pour satisfaire les besoins de base de la population, et contribuer au financement du budget de l’Etat par le versement de dividendes ». Mais depuis une trentaine d’années, remarque-t-elle, ces entreprises ne remplissent plus cette tâche. Au contraire, elles sont devenues une charge financière énorme pour l’Etat. Voilà ce qui explique, selon elle, le processus de la reforme en cours dans les entreprises publiques.

A travers la reforme, indique Jeannine Mabunda, l’Etat devra se définir comme « Etat régulateur » et non « Etat commerçant » : « L’Etat peut repenser son rôle en étant un Etat régulateur, normatif mais plus un Etat commerçant. Il laisse le rôle de l’Etat commerçant à ceux qui le font mieux que l’Etat, apparemment, soit le secteur privé. Et il essaie de structurer, d’encadrer le dialogue entre l’Etat – entreprise publique et le secteur privé, pour joindre ensemble nos efforts et redynamiser ces entreprises. »

La ministre du portefeuille soutient mordicus que la reforme des entreprises publiques est bénéfique pour la population qui a besoin d’énergie, d’eau, ainsi que des infrastructures routières.

Source : Okapi