Rechercher sur AfrikBlog

VIGILANCE RDC

un lieu d'échange et de partage sur ce qui fait l'actualité en RDC. Nous souhaitons ainsi établir une passerelle entre les Congolais, les amis du Congo et tous ceux qui veulent oeuvrer pour influer sur la destination de la RDC.

28 mai 2009

RDC/ANGOLA : des espaces maritimes en discussion

P_troleLa fixation de l’espace maritime de la RDC va nécessiter une clarification de l’exploitation des champs pétroliers congolais par l’Angola même s’il faut pour cela recourir auprès de l’Onu pour amener l’Angola à restituer le patrimoine aliéné injustement

En vertu de nouvelles règles internationales, la RD Congo voit son espace maritime s’accroître de 30.000 km2. Ce qui lui donne le droit de revendiquer une partie des champs pétroliers exploités par Luanda. Négociations serrées en perspective! Une formidable promesse de ressources, mais aussi le début d’une querelle de voisinage. Le 12 mai, Kinshasa a déposé aux Nations unies un dossier brûlant : la nouvelle carte de l’espace maritime congolais, délimité par les géographes selon les critères de la convention de Montego Bay. Ratifié en 1989 par la RD. Congo (le Zaïre à l’époque), ce traité international consacre le droit pour les Etats côtiers de disposer d’une succession de bandes maritimes - la classification allant des « eaux intérieures » au « plateau continental »- qui, au total, peuvent s’étendre jusqu’à 600 milles nautiques depuis leur littoral.

Doté d’une côte microscopique (40 kilomètres environ), le pays va récupérer un territoire maritime représentant 30.000 kilomètres carrés. « Avec ce nouvel espace, la RD Congo ne fera plus 80 fois mais 81 fois la Belgique », s’amuse un expert ayant travaillé sur le sujet. Conséquence de l’opération, Kinshasa va empiéter sur des champs pétroliers actuellement exploités par son voisin angolais. Avec 450. 000 barils extraits chaque jour, ceux-ci lui procurent environ un quart de sa production (1,9 million de barils par jour en 2008).

L’Angola devra se faire prier pour renoncer à cette manne qui a donné lieu à de lourds investissements et qui, aujourd’hui, lui permet de disputer au Nigeria la place de premier exportateur d’or noir au sud du Sahara. Luanda dispose pour cela de solides arguments l’armée angolaise n’a-t-elle pas sauvé la mise à Laurent-Désiré Kabila, en 1998, face à l’armée rwandaise, et toujours apporté son soutien à son fils Joseph, l’actuel chef de l’Etat?

Production multipliée par 20

D’autant qu’en opérant dans les eaux qui, selon le droit international, reviennent à son voisin, l’Angola n’a pas pour autant enfreint la loi. Jusqu’à présent, la RD Congo n’avait jamais vraiment délimité ses frontières maritimes. Une ordonnance de 1974 fixait bien la limite de la mer territoriale congolaise à 12 milles nautiques, mais au-delà, aucune précision. Et, s’il avait ratifié la convention de Montego Bay en 1989, le pays, en proie à une décennie de guerre, avait ensuite eu d’autres priorités que son application. Jamais il ne s’était soucié de cartographier l’espace maritime auquel il pouvait prétendre... En l’absence de frontières dames, l’Angola en a profité.

Mais le calme revenu à Kinshasa et le prix de l’or noir atteignant des sommets, le Sénat a ressorti le dossier des tiroirs en 2007. Une loi fixant les nouvelles frontières a été élaborée, défendue par le ministre de l’Intérieur devant le Parlement et promulguée le 7mai. Dernière étape, le dépôt du dossier auprès de l’ONU, la veille de l’expiration du délai, fixée au 13 mai. Entre-temps, une zone d’intérêt commun offshore avait été créée avec l’Angola, en juillet 2007,  mais elle est restée lettre morte. Si le droit international est du côté congolais, il faudra de longues et laborieuses négociations pour que les deux voisins conviennent d’un modus vivendi.

Pour la RD Congo, c’est une aubaine qui se profile et qu’elle ne voudra pas lâcher extrayant aujourd’hui 25.000 barils de pétrole par jour, Kinshasa pourrait multiplier sa production par près de 20! Reste que les investissements réalisés par l’Angola pour l’exploitation des gisements lui donnent droit à une rémunération. La question a été abordée, le 21 avril, lors d’une visite du Premier ministre congolais, Adolphe Muzito, à Luanda. Une commission technique chargée des questions frontalières entre les deux pays a été créée. Elle devait se réunir à partir du 15 mai dans la capitale angolaise.

Source : le Palmarès/Kinshasa



Posté par Kongolais à 01:28 - Actualités politiques - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L’opération « Kimia II » est retardée pour des problèmes logistiques

fardc_photoscasques_bleus_arm_sL’opération « Kimia II » ne démarrera pas à la date prévue, à cause de problèmes logistiques. L’annonce a été faite par le porte-parole militaire de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, au cours du point de presse animé, hier mercredi, à Kinshasa.

A ce sujet, Jean-Paul Dietrich a indiqué que la Monuc a mis sur pied des structures à Bukavu et dans les zones opérationnelles et que les commandants onusiens de l’opération rencontrent chaque semaine leurs homologues des FARDC. Avant de préciser qu’au Nord-Kivu, des opérations conjointes de la Monuc en appui aux FARDC se sont poursuivies, à travers les patrouilles quotidiennes, à partir de toutes les bases des Casques bleus. Cela, dans le but d’assurer la protection des populations locales.

Par ailleurs, a-t-il poursuivi, les FDLR se sont dispersées en petits groupes et ont trouvé refuge dans les forêts. La semaine dernière, 14 éléments des FDLR se sont rendus suite à la pression exercée sur eux par les opérations conjointes menées par la force de la Monuc et les FARDC.

La Monuc a, en outre, rapatrié 77 ex-combattants rwandais et 95 dépendants. Ces personnes ont été rapatriées au Rwanda depuis le début du mois de mai en cours, renseigne le rapport de la section de la Monuc en charge de démobilisation et rapatriement des ex-combattants, DDRRR. Une partie de ces combattants est issue des rangs des FDLR et d’autres proviennent de l’ex-mouvement politico-militaire, le CNDP. Ce chiffre porte à 2.197, le nombre d’ex-combattants rwandais et leurs dépendants rapatriés par le processus DDRRR de la Monuc depuis le début de l’année 2009, indique le même rapport.

En outre, le porte-parole militaire de la Monuc a fait savoir qu’une formation assurée par la Monuc à 130 militaires nouvellement intégrés dans les FARDC est en cours à Kanyabayonga. Elle porte sur les opérations conjointes visant à réconforter la population, les actes élémentaires du combattant, la technique de base, la communication, la recherche des renseignements, la discipline de feu et les exercices de niveau section.

Quant au Sud-Kivu, « la situation sécuritaire est globalement satisfaisante, bien que toujours imprévisible comme le montre l’incident survenu, le 22 mai 2009 au Parc Kahuzi Biega, où des éléments armés ont attaqué et pillé un véhicule ». Une patrouille de la Monuc qui se dirigeait d’Adikivu vers Bunyakiri est intervenue. L’attaque a occasionné la mort de 10 personnes et 15 autres ont été blessées, puis évacuées par les Casques bleus à l’hôpital de Bukavu

Source : le Potentiel/Kinshasa

Posté par Kongolais à 01:19 - Actualités politiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L’Occident et la Chine « s’affrontent » en RDC

fmi_rd_congo_200chineDominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, FMI, est rentré bredouille. Il n’a pas pu obtenir « l’accord politique » qui devrait lui permettre de présenter et de défendre le « Dossier RDC », le 10 juin 2009, lors du Conseil d’administration du FMI à Washington. Motif principal de cet échec : les contrats chinois qui n’ont pas encore été revisités par le Gouvernement congolais et qui accordent à la Chine « l’accès facile aux matières premières ». Ça sent mauvais.

Le FMI et la RDC ne se sont pas tombés sur un « accord politique » devant permettre au directeur général de cette institution financière internationale, Dominique Strauss-Kahn, de présenter le « Dossier RDC » au prochain Conseil d’administration du FMI. Il est vrai que depuis la signature des « Contrats Chinois » entre la RDC et la Chine, le FMI se montre réticent pour la signature d’un nouveau programme économique, PEG II, avec le gouvernement congolais. Cette institution conseille vivement les autorités congolaises de renégocier ces contrats pour que les termes de ceux-ci soient compatibles avec la soutenabilité de la dette extérieure de la RDC.

Jusqu’à ce jour, les choses n’ont pas évolué quand bien même le volet technique du prochain programme économique ait été bouclé. Que va-t-il se passer maintenant ? Qu’adviendra-t-il si le gouvernement congolais ne suit pas les conseils du FMI et maintient les termes de la convention sino-congolaise comme tel ?

LA GUERRE DES MINERAIS

Pour deviner ce qui pourrait se passer, force est de rappeler les précédentes analyses qui relèvent que les enjeux de la guerre en République démocratique du Congo sont d’ordre économique. Au centre, le contrôle des minerais.

En outre, par ces temps qui courent, la chaîne de télévision TV5, projette des séquences vidéo sur la guerre en République démocratique du Congo, intitulée la « Guerre des minerais ». L’auteur appuie cette assertion : la paix troublée en RDC et dans l’Afrique des Grands Lacs a comme nerf de guerre, les minerais, avec comme objectif le contrôle des zones minières.

Or, derrière les fameux « contrats chinois », il y a bel et bien l’accès aux matières premières. Cet « accès facile » intrigue et fâche bel et bien les partenaires traditionnels de la RDC que sont les Occidentaux. Ceux-là même qui ont pris une part très active à l’organisation des élections en RDC, mais qui, malheureusement, se voient coiffés par la Chine lors de la distribution des marchés « mirobolants ». Ils se disent être payés en monnaie de singe.

Aussi, Dominique Strauss-Kahn, qui est en quelque sorte le « porte-parole » de l’Occident, était venu à Kinshasa comme porteur d’un message clair : renégocier les contrats chinois pour bénéficier de l’allègement de la dette ou rien. Au-delà de cet « ultimatum », c’est déjà l’affrontement entre l’Occident et la Chine pour l’exploitation des minerais. L’allègement de la dette, bien qu’un fait réel, n’est qu’une forme de pression pour ne pas laisser la partie concurrente avoir le contrôle des minerais.

Cette option occidentale est partagée par les pays du même bloc. La stratégie commune occidentale qui a été certainement renforcée lors de la visite du président américain Barack Obama en Europe à l’occasion de l’anniversaire de l’OTAN s’inscrit justement dans cette logique de ne « pas contrer l’expansion économique du bloc occidental » avec l’ arrivée des pays émergents, dont la Chine.

UNE GUERRE STRATEGIQUE

Il faut prendre de la hauteur et bien lire les signes de temps. Que la RDC soit au centre des enjeux régionaux et mondiaux, ce n’est pas le fait du hasard. Cela tient d’abord de par sa position géostratégique. Aux temps forts de la guerre froide, cela a été amplement démontré avec la confrontation EST-OUEST. C’est d’un.

De deux. La RDC possède des richesses incommensurables qui suscitent aujourd’hui pas mal de convoitises. Outre les minerais, la RDC possède un grand réservoir d’eau, une forêt exubérante, et bientôt producteur du pétrole. Le Congo-Kinshasa est appelé à jouer un rôle prépondérant dans le phénomène des changements climatiques.

Une telle richesse pose effectivement problèmes. Si l’Etat est mal géré, surtout devant des hypothèses qui soutiennent que la RDC « demeure un non Etat », le Congo devient une terre fertile des Etats parias. Dans ces conditions, la RDC ne peut que subir les effets négatifs d’une « guerre stratégique » qui échappe à son contrôle.

C’est le moment de creuser cette situation qui risque de coûter cher à la République démocratique du Congo dans la mesure où le bloc occidental ne tolèrera jamais que la Chine marche sur ses plates-bandes. Le problème n’est plus celui de savoir pourquoi les autres pays ont signé les contrats avec la Chine et pas la RDC. Trêve d’illusion. Mais de dire, c’est nous et comment négocier sans que l’on soit transformé en « punching - ball ».

Au demeurant, la République démocratique du Congo doit éviter des erreurs du passé dues à une sous-évaluation des grandes questions régionales et internationales. Dans ce concert des Nations, il n’y a de la place que pour ceux qui savent négocier et ont choisi leur camp. Mobutu, en déclarant haut et fort que le « Zaïre n’était ni à gauche, ni à droite, ni même au centre », avait suscité des inimitiés.

Rien n’empêche Kinshasa de conclure avec la Chine des contrats de coopération. Mais en ces temps modernes, tout doit se faire en toute transparence en privilégiant les intérêts supérieurs des Etats. Kinshasa a également tout à gagner à ne pas se mettre l’Occident sur le dos. Le vrai danger consiste à voir la République démocratique du Congo perdre l’après-guerre au profit de ses voisins immédiats que sont le Rwanda, l’Ouganda, pour ne citer que ces deux pays pour des raisons faciles à deviner.

L’HEURE EST GRAVE

Comme dans les années 1960 aux temps forts de la guerre froide. Cette fois la confrontation se déroule sur fond économique. L’accès aux matières premières ne concerne pas seulement l’Occident et la Chine. Mais également les pays de l’Europe orientale avec en tête la Russie qui ne cache plus ses intentions en s’intéressant au coltan, sans oublier l’Inde, le Brésil qui font partie des pays émergents.

Imaginer tout ce « cocktail détonnant» des « chasseurs des minerais » qui ne visent que des intérêts économiques de leurs pays. Sans surprise si demain une « coalition économique » se mettait en place pendant que l’Etat congolais persévère dans ses faiblesses et s’illustre par cette absence de vision que la RDC occupe une « position géostratégique » en Afrique.

Comme le dit si bien un proverbe africain : lorsque deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit. L’Occident et la Chine, s’affrontant déjà en RDC pour l’accès aux matières premières, la RDC risque d’être la grande perdante.

Source : le Potentiel/Kinshasa

Posté par Kongolais à 00:48 - Actualités politiques - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mai 2009

Reforme des entreprises publiques : les syndicats s’opposent, Jeannine Mabunda rassure

drapeauL'Intersyndicale nationale du Congo s’oppose formellement à la reforme des entreprises publiques. Les membres de ce syndicat ont rencontré mardi le 1er ministre Adolphe Muzito pour solliciter de lui la suspension de l'application de ses décrets sur la réforme des entreprises. Une reforme que soutient cependant Adolphe Muzito

Le président de l'Intersyndicale nationale du Congo, , se dit déçu de n’avoir pas obtenu le soutien du 1er ministre sur ce sujet : « Nous avons exprimé de vive voix la volonté des travailleurs de surseoir les différents décrets, et de faire l’état des lieux. On n’a pas été entendu. Chacun a gardé sa position »

Pour Symphorien Dunia, la reforme déclarée par la ministre du portefeuille contient plusieurs incohérences : « Le décret s’appelle reforme, mais il n’est pas reforme. C’est la privatisation. Et quand on privatise, quand on vend les entreprisses de l’Etat aux tiers, c’est le bradage et la spoliation du patrimoine de l’Etat. Et quand l’Etat est spolié, il devient pauvre. Il n’aura pas de budget pour redresser les routes, redresser les écoles ou encore les hôpitaux. Alors que notre Etat se trouve dans une situation sociopolitique et économique grave. Il n’y a pas de routes, pas d’hôpitaux, pas d’écoles. N’attendez pas du FMI ou de la banque mondiale le montant qui viendra faire le travail de notre gouvernement. »

Jeannine Mabunda : la RDC veut être un Etat régulateur et non un Etat commerçant »

La question de la reforme des entreprises publiques a été au centre d’une conférence de presse tenue mardi soir à Kinshasa par la ministre du portefeuille. Jeannine Mabunda estime que l’information au sujet de cette reforme n’a pas été bien transmise aux employés et à l’Intersyndicale.

La ministre souligne que ces entreprises avaient reçu la mission « de créer des biens et services pour satisfaire les besoins de base de la population, et contribuer au financement du budget de l’Etat par le versement de dividendes ». Mais depuis une trentaine d’années, remarque-t-elle, ces entreprises ne remplissent plus cette tâche. Au contraire, elles sont devenues une charge financière énorme pour l’Etat. Voilà ce qui explique, selon elle, le processus de la reforme en cours dans les entreprises publiques.

A travers la reforme, indique Jeannine Mabunda, l’Etat devra se définir comme « Etat régulateur » et non « Etat commerçant » : « L’Etat peut repenser son rôle en étant un Etat régulateur, normatif mais plus un Etat commerçant. Il laisse le rôle de l’Etat commerçant à ceux qui le font mieux que l’Etat, apparemment, soit le secteur privé. Et il essaie de structurer, d’encadrer le dialogue entre l’Etat – entreprise publique et le secteur privé, pour joindre ensemble nos efforts et redynamiser ces entreprises. »

La ministre du portefeuille soutient mordicus que la reforme des entreprises publiques est bénéfique pour la population qui a besoin d’énergie, d’eau, ainsi que des infrastructures routières.

Source : Okapi

Posté par Kongolais à 21:37 - Actualités politiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

la dépouille mortelle du général Mbuja Mabe est arrivée

Mbuza_mabeLa dépouille mortelle de feu le général Félix Mbudja Mabe est arrivée mercredi à Kinshasa, en provenance de l'Afrique du Sud. Selon la famille du défunt, le corps est présentement gardé à la morgue des Cliniques Ngaliema en attendant les obsèques officielles. La même source renseigne que Félix Mbudja Mabe sera conduit à sa dernière demeure vendredi au cimetière de la Gombe. Ce haut officier de l'armée congolaise est décédé la semaine dernière en Afrique du Sud de suite de maladie

Source : Okapi

Posté par Kongolais à 20:05 - Actualités politiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Une manne à leurs excellences

MuzitoIl y a quelques jours, le Premier ministre a instruit le ministre des Finances de libérer un peu d'argent pour le fonctionnement des cabinets politiques et des services administratifs des ministères. Selon cette instruction, contenue dans une lettre adressée à leurs excellences par le vice-ministre aux Finances, les ministères disposant d'un vice-ministre avaient droit à vingt millions de nos francs. Tandis que ceux qui n'en disposent pas devaient recevoir quinze millions. Comme l'on devait s'y attendre, cette décision du Premier ministre a beaucoup réjoui les services administratifs- mais pas tous comme on le verra- qui, depuis plus de deux décennies, n'avaient plus entendu parler de frais de fonctionnement.

En lisant l'instruction de Muzito, ces services ont compris celle-ci de cette manière : cinq millions pour le cabinet du ministre, cinq autres millions pour celui du vice-ministre (là où il existe) et dix millions pour l'administration. Ces services se sont trompés lourdement ou du moins, ils ne se rappelaient plus la boulimie d'argent qui caractérise les cabinets politiques en République démocratique du Congo. Laquelle boulimie est incontestablement l'un de leurs sept péchés capitaux.

En effet, selon ce tout le monde a appris, il n'y a que dans quelques ministères où le partage a été juste ou équitable : comme toujours, les cabinets se sont copieusement servis en faisant main basse et sur ce qui était leur part et sur une bonne partie de ce qui devait revenir à l'administration.

Parmi ces quelques ministères intègres, l'on cite celui de la Coopération internationale et régionale. Ici, dit-on, le ministre a pris ses cinq millions et remis les dix millions à l'administration.

En revanche, on dit aussi que dans la grande majorité des ministères, cette administration n'a même pas eu deux millions de francs congolais.

Il fallait s'attendre à ces tripatouillages : nous sommes sur la terre des hommes congolais où les dirigeants sont convaincus qu'ils sont les seuls à avoir droit à la vie. Le Premier ministre doit être, nous n'en doutons pas, au courant de ces tripatouillages. Pour cela, il dispose de services payés par l'Etat. Nous ne doutons pas aussi qu'il doit s'être rendu compte que son excellente décision avait été mal donnée et surtout mal exécutée.

En effet, connaissant mieux que tous les Congolais, pensons-nous, la rapacité des hommes et des femmes qui forment l'équipe qu'il dirige, Adolphe Muzito eût exigé que, dans son instruction, fût clairement spécifié le montant exact revenant à chacune des structures bénéficiaires. Pour ne l'avoir pas fait, il a servi, sur un plateau d'argent, une manne à des gens qui n'ont plus rien fait d'autre que s'incliner pour la ramasser et s'en remplir les gibecières.

Certainement, le Premier ministre et ou le vice-ministre des Finances ont oublié- peut-être de bonne foi- que tous les frais pécuniaires débloqués en faveur de l'administration publique ont un circuit classique spécifique à suivre pour lui parvenir. Et toutes les fois que ces frais ont pris un autre circuit, celui des cabinets politiques en l'occurrence, ils ont été toujours littéralement fractionnés, lorsqu'ils ne disparaissent pas complètement sans laisser de traces. Un tonneau des Danaïdes, ces cabinets.

Alors, si ces frais de fonctionnement ne sont pas les premiers et les derniers pour cette année, il faut que Adolphe Muzito ouvre l'œil et le bon. Sans quoi, l'on risquerait de lui reprocher d'avoir restauré lesdits frais pour payer un énième salaire aux membres de son équipe et à leurs cabinets.

Il n'y a pas que dans ce domaine d'argent que les fonctionnaires et les agents de l'Etat se plaignent et disent ne pas voir clair. En effet, toujours à l'occasion de grandes fêtes nationales, les pagnes pour le défilé leur sont distribués, la veille à la nuit tombée. Très souvent sans frais pour les faire coudre, à supposer qu'à 21 heures, l'on peut encore trouver un tailleur debout dans son atelier. Or, aux dires des gens, les cabinets politiques reçoivent pourtant les frais pour cette couture et même pour la collation. Ici comme là, les cabinets se servent et servent les leurs, en pagnes, en frais de couture, en collation. Au détriment des pauvres fonctionnaires. Et quand on a pitié d'eux, on leur jette des os à ronger. Oui, un tonneau des Danaïdes, ces cabinets.

Source : l'Observateur/Kinshasa

Posté par Kongolais à 02:07 - Actualités politiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Phénomène "kuluna"

ISC14 étudiants venus de l'Unikin, de l'ISC… ont été condamnés en fin de semaine au cours d'une audience foraine organisée dans l'enceinte de l'Institut supérieur de commerce. Ces étudiants pris sur le fait par les éléments de la Police nationale et certains étudiants s'étaient organisés en bandes pour dépouiller leurs collègues de leur bourse lors de l'opération de paie organisée dans cet institut.

Prenant la parole à cette occasion, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux a promis que l'Etat dans le cas d'espèce, aura la main lourde parce qu'on a affaire à des " Kuluna " intellectuels. Quant au ministre Mashako, de l'ESU, il a déploré le fait que des étudiants aient été arrêtés avec des machettes, des poignards et d'autres armes blanches. Une façon se demander mais quelle jeunesse formons-nous ? Ceci est d'autant vrai qu'outre les incidents de l'ISC, on déplore le passage à tabac du vice doyen de la Faculté de médecine par des étudiants de 2ème doctorat mécontents des cotes leur attribués. Loin de s'arrêter en si bon chemin, ils sont allés saccager un département des cliniques universitaires pour femmes accouchant par césarienne.

Des procès en perspective

Dans le but de ramener la paix dans le milieu estudiantin infesté de délinquants, des procès en flagrance sont prévus dans les prochains jours à l'Ista et à l'Unikin. Lors des échauffourées que nous déplorons, des étudiants avaient été appréhendés par les éléments de la Police nationale congolaise. Ce sont ces étudiants qui seront jugés à titre d'exemple. Tout en espérant que ceux qui sont passés à travers les mailles du filet cette fois-ci s'auront s'amender.

Pour beaucoup d'observateurs, la situation présente est la conséquence du laxisme dont l'Etat a fait montre dans la gestion de la violence juvénile. Ainsi a-t-on vu des jeunes s'adonner à la consommation du chanvre indien en public (stade, rond- point et dans nos rues) sans que ces derniers ne soient inquiétés. Des étudiants ont toujours détourné des camions d'autrui provoquant parfois des accidents mortels sans qu'ils ne soient poursuivis.

Les gangs urbains qui ont proliféré dans nos quartiers et communes sont aussi le fruit de ce laxisme de l'Etat et surtout de la complicité de certains magistrats qui sont de mèche avec ces inciviques qu'ils relaxent à la première occasion moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes.

Réhabiliter les prisons

Le mal dans notre jeunesse a pris des racines. La tâche visant à ramener cette jeunesse à la raison est immense. S'il est vrai que l'on salue les actions posées par l'actuel ministre de la Justice pour combattre cette violence inutile, il faut cependant faire remarquer que les actions posées doivent l'être sur la durée. Aussi l'Etat doit répondre à la question de savoir que vise-t-il en enfermant ces jeunes, que devront faire ces jeunes durant leur séjour carcéral, quel est le contenu du programme éducatif et civique qui leur sera dispensé etc. Ceci est très important. Si ces jeunes sortent des camps transformés c'est-à-dire respectueux de l'Etat et des lois et surtout détenteurs d'un métier pour leur avenir, l'Etat aura réussi leur réinsertion. Mais en attendant, l'Etat doit lancer un vaste programme de réhabilitation de nombreuses prisons du pays qui sont dans un état piteux. Beaucoup d'entre elles depuis l'aube des indépendances n'ont jamais été réhabilitées. Il faut enfermer mais en veillant aussi sur les conditions de détention.

Et les criminels en col blanc ?

Si les actions lancées par le ministre de la Justice pour lutter contre les gangs urbains sont saluées par la population, cette même population s'interroge sur le sort réservé " aux criminels en col blanc " que le ministre Luzolo reconnaît n'avoir pas rencontré lors de sa dernière tournée dans les prisons de l'intérieur du pays. Cependant, force est de reconnaître que seul, le ministre de la Justice ne pourra rien. Il doit plutôt bénéficier d'une réelle volonté affichée du gouvernement central de soutenir son ministère dans la lutte contre les mauvaises habitudes (détournement des deniers publics, de la solde des militaires et des policiers, des rations, des fonds destinés à des travaux d'intérêt commun etc.)

Mis à part les fonctionnaires de l'Etat indélicats, des actions devront être engagées contre des magistrats ripoux qui rendent des jugements iniques. Ces derniers, au nom de la séparation des pouvoirs, n'ont de compte à rendre à personne pensent-ils. Or cette façon de faire où le jugement est rendu selon le volume du portefeuille dessert le gouvernement auprès de la population qui pense, à juste titre d'ailleurs, que la prison c'est pour les pauvres et les faibles.

Quand on retrouve un haut gradé en prison, c'est pour des motifs en rapport avec la sûreté de l'Etat. Et rien d'autres. Comme on le voit, le gouvernement doit faire un effort pour redresser son image auprès de l'opinion sur cette matière précise.

Le prochain remaniement, un test

Le ministre de la Justice et garde des Sceaux actuel dans on approche de la résolution du phénomène Kuluna vient de montrer qu'il a des solutions novatrices. Contrairement à ses prédécesseurs, il sait où toucher pour que des solutions idoines sortent. Les deux dernières mesures prises à l'encontre des magistrats quant à la gestion des dossiers dans la durée, les cas de violeurs et autres par la création des commissions rassurent.

Puisque la poursuite de cette remise en ordre du secteur de la justice prendra du temps, les yeux de la population sont fixés sur le prochain remaniement. Luzolo Bambi va-t-il rester aux affaires pour poursuivre le travail déjà engagé et qui donne déjà des fruits prometteurs ? La question reste posée. Cependant, sa défenestration, pour l'opinion, sera la preuve par neuf que dans ce pays l'on ne tient pas à voir l'ordre s'établir. Jusqu'à quand ?

Source : l'observateur

Posté par Kongolais à 02:03 - Echos de Kinshasa - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La protection sociale au centre de l’entretien entre Mobutu Nzanga et la directrice du BIT

Mobutu_NzangaAprès la tenue du Forum national sur l’emploi, l’heure est à la mise en application des recommandations. C’est dans ce contexte que l’on inscrit l’entretien que le vice-Premier ministre chargé des Besoins sociaux de base a eu, hier mardi, avec la directrice du Bureau sous-régional du BIT pour l’Afrique centrale.

Le vice-Premier ministre en charge des Besoins sociaux de base, Mobutu Nzanga, s’est entretenu, hier mardi 26 mai avec la directrice du Bureau sous-régional du BIT (Bureau internationale du travail) pour l’Afrique centrale, Mme Davina Mayenga.

Au cours de cet échange, les deux personnalités ainsi que toute la délégation du BIT ont planché sur la nécessité de mettre sur pied « une politique nationale commune » relative à la protection sociale des travailleurs congolais.

A noter que la directrice du Bureau sous-régional du BIT pour l’Afrique centrale effectue, du 22 au 29 mai, une mission officielle en RDC. L’objectif principal de sa visite est de « passer en revue l’évolution de la situation de l’Institut national de sécurité sociale(INSS) en rapport avec le processus de mise en œuvre des recommandations antérieures du BIT portant sur la restructuration ainsi que sur la récupération des biens immeubles et des créances ». Un autre objectif et non des moindres poursuivi est de formuler des propositions sur les modalités de l’appui technique du BIT à la formulation de la politique nationale de protection sociale pour la résolution progressive des obstacles qui entravent le processus de la réforme de l’INSS. Sans oublier la collecte des informations sur l’évolution et le statut actuel des arriérés de cotisations et de la créance de l’INSS sur l’Etat ainsi que d’éventuels liens avec le processus de réforme…

A la fin de sa mission, la directrice du Bureau sous-régional du BIT pour l’Afrique centrale aimerait avoir « une meilleure connaissance de la situation actuelle de l’INSS, un feed-back de la position des autorités congolaises sur le positionnement de la politique nationale de protection sociale et sur l’approche conseillée en matière d’extension de celle-ci.

Au-delà de ces résultats, la mission du BIT compte également avoir un feed-back sur la position des autorités politiques en rapport avec l’opportunité de procéder à une révision du cadre juridique et réglementaire de la protection sociale en RDC.

Compte tenu des besoins de renforcement des capacités de l’INSS, la mission du BIT organisera prochainement, une journée de formation et d’échange sur les thèmes « L’approche du BIT en matière de protection sociale et la gouvernance financière de la sécurité sociale ».

A titre de rappel, le gouvernement congolais avait organisé en septembre 2007, un grand forum sur l’emploi.

Source : le Potentiel/Kinshasa

Posté par Kongolais à 01:52 - Actualités politiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les experts de l’ONU sont formels sur le Nord Kivu

UNlogoLe Groupe des experts de l’ONU qui vient de boucler une mission d’investigation en République démocratique du Congo est catégorique : malgré les efforts accomplis sur le plan politique et militaire, de graves inquiétudes persistent. Notamment d’importantes caches d’armes toujours et encore contrôlées par le CNDP, l’existence de l’administration parallèle qui procure au CNDP mensuellement plus de 250.000 dollars – une bonne économie de guerre - et le résultat mitigé de l’opération conjointe militaire RDC-Rwanda, UMOJA WETU.

La République démocratique du Congo n’est pas encore sortie de l’auberge. La situation sécuritaire demeure toujours précaire et à l’Est du pays, et de plus en plus tributaire « des intérêts politiques et économiques de la République démocratique du Congo et du Rwanda ».

C’est ce que souligne le rapport du Groupe d’experts de l’ONU adressé le 14 mai au Conseil de sécurité des Nations unies. A la lecture de ce rapport, devant la gravité des faits y relevés en plus de la précarité de la situation sécuritaire en RDC, le Conseil de sécurité a accepté de proroger le mandat de ce Groupe d’experts jusqu’ au 31 décembre 2009.

Certes, le rapport note que la « situation politique et militaire dans l’Est de la République démocratique du Congo a considérablement évolué depuis janvier 2009». Allusion faite aux opérations militaires conjointes UMOJA WETU, Coup de tonnerre, contre les FDLR, la LRA, et à la suite de l’arrestation du général Laurent Nkunda, chef militaire du CNDP, sur le sol rwandais.

En plus, depuis mars 2009, il y a la mise au point de l’opération militaire KIMIA II, décidée par les FARDC et qui bénéficient du soutien de la MONUC. Sans oublier bien sûr l’Accord du 23 mars entre le Gouvernement et le CNDP.

Cependant, le Groupe des experts de l’ONU fait remarquer que le « succès de l’intégration militaire dépendra de la confiance que garderont Kinshasa et Kigali dans la manière dont s’équilibrent leurs intérêts politiques et économiques dans l’Est de la République démocratique du Congo».

Certes, le Groupe des experts reconnaît que l’intégration demeure un processus long. Ainsi, pour la partie accélérée 12 mille hommes ont été recensés dont 6.006 du CNDP, 2.872 de PARECO et la différence pour les autres groupes armés Maï Maï. Ce n’est pas pour autant dire que l’affaire est classée. Loin de là.

Selon le rapport, le Groupe a recueilli «des informations sur l’existence de diverses caches d’armes, y compris des stocks d’armes lourdes saisies par le CNDP à la base militaire des FARDC, à Rumangabo en 2008, de même que des armes reçues par le CNDP de sources autres que les FARDC. Il a obtenu des informations sur l’emplacement de certains de ces stocks et reçu des informations crédibles indiquant qu’une importante quantité d’armes demeurait sous le contrôle d’anciens militaires de haut rang du CNDP. Le Groupe dispose des preuves indiquant qu’un certain nombre d’anciens officiers du CNDP, maintenant intégrés dans les FARDC, contrôlent des structures de commandement militaire parallèles ».

250.000 DOLLARS PAR MOIS

Le rapport fait également mention de l’existence des administrations parallèles. «Par divers documents, plusieurs entretiens et des visites sur le terrain, le Groupe a établi que le CNDP continuait de percevoir des taxes illégales dans son ancien fief autour de Kitchanga, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Des administrateurs fiscaux civils, secondés par des militaires, sont chargés de délivrer des attestations fiscales portant le cachet du CNDP aux transporteurs routiers et à divers marchés sur le territoire. Le Groupe a calculé, à l’aide des chiffres documentés que le CNDP pouvait percevoir jusqu’ à 250.000 dollars provenant de la collecte de ces taxes sur le transport routier. Il comprend, d’après de nombreuses sources, que le général Ntaganda a accès à certains de ces fonds », fait remarquer le rapport.

LES FDLR TOUJOURS ACTIVES

Les opérations militaires conjointes n’ont pas anéanti les FDLR. Celles sont toujours actives et en contact permanent avec leurs dirigeants basés à l’étranger.

Pendant l’opération UMOJA WETU, les FDLR avaient reçu ordre de se replier. Depuis l’opération KIMIA II, leurs responsables basés en Allemagne et aux Etats-Unis ont ordonné qu’elles passent à l’offensive avec comme objectif de récupérer toutes les bases perdues, principalement les zones minières.

Le rapport confirme que les FDLR continuent à obéir aux instructions de leur président, Ignace Murwanashyaka, vivant en Allemagne. Mais également du Lieutenant - Colonel Lucien Nzabanita qui a été en contact permanent par radio et téléphone avec le Colonel Mudacumura du bataillon Zodiac des FDLR pendant les opérations militaires, grâce au téléphone satellitaire. Le Groupe des experts affirme que les dirigeants des FDLR à l’étranger s’emploient à récolter des fonds nécessaires pour soutenir ceux qui sont en RDC. Le Groupe a contacté tous les pays européens et américains où ils sont basés pour fournir des informations nécessaires après avoir vérifié qu’effectivement des communications téléphoniques ont existé. Seul un pays européen a répondu à cette requête. Trois autres pays européens ont promis de s’exécuter. Les autres, les Etats-Unis y compris, se taisent.

Comme on peut le voir la paix et la sécurité en RDC demeurent précaires et hypothétiques. A la lecture de ce rapport, l’on se demande si le Comité de suivi mis en place après la signature de l’ Accord de Ihussi le 23 mars à Goma, n’est-il pas en train de tourner en rond et en dérision tout le peuple congolais et la Communauté internationale ? . Il revient au Gouvernement congolais de prendre des dispositions qui s’imposent pour se faire accompagner des partenaires extérieurs épris de paix. Et une fois de plus, tant que les FARDC n’auront pas la capacité d’une armée professionnelle, dissuasive et performante, la paix sera toujours troublée et le pillage systématique de minerais se poursuivra. L’Est de la RDC restera un « no man’s land », comme la Somalie, occupé par des vautours de tous bords, avec ce danger permanent de balkanisation de la RDC. Quelques extraits du rapport du Groupe des experts des Nations unies

III. Contexte politique et militaire

18. La situation politique et militaire dans l’est de la République démocratique du Congo a considérablement évolué depuis janvier 2009, lorsque les Gouvernements de la République démocratique du Congo et du Rwanda ont lancé des opérations militaires conjointes (Umoja Wetu) contre les FDLR et à la suite de l’arrestation du général Laurent Nkunda, chef militaire du CNDP sur le sol rwandais. Les opérations conjointes des FARDC-RDF (Forces de défense rwandaises) ont commencé le 20 janvier 2009 par le retrait officiel des RDF de l’Est de la République démocratique du Congo vers le 25 février 2009. Depuis mars 2009, la MONUC soutient les opérations des FARDC contre les FDLR (Kimia II), l’objectif consistant à paralyser les contre-attaques des FDLR et à démanteler le groupe rebelle.

19. Durant l’opération Umoja Wetu, l’alliance FARDC-RDF a pu repousser les FDLR de certaines de leurs positions clefs, mais l’opération militaire a souffert de sa brièveté, de problèmes logistiques et du détournement frauduleux de fonds opérationnels, et n’a pas réussi à briser la structure de commandement et de contrôle des FDLR qui demeure intacte. Depuis le retrait des RDF, les FDLR ont contre attaqué dans divers endroits à travers les Kivus, entraînant une augmentation du nombre de victimes civiles. Les retards intervenus dans le versement des soldes des soldats des FARDC ont également exacerbé l’indiscipline dans les unités nouvellement intégrées des Forces, entraînant des violations continues des droits de l’homme, et notamment des pillages et des attaques contre la population civile.

20. L’arrestation du général Nkunda, en janvier 2009, suivie par l’intégration accélérée du CNDP dans les FARDC a réussi à désorganiser une partie des réseaux d’appui liés au CNDP. De nombreux membres de son comité exécutif ont quitté la République démocratique du Congo en décembre 2008, bloquant l’accès aux réseaux financiers extérieurs utilisés par le CNDP, bien que le Groupe ait reçu confirmation que certains membres de ce comité avaient refait surface dans la région. D’après de nombreuses sources, la plupart des officiers supérieurs du CNDP considèrent encore le général Nkunda comme leur chef, même s’ils doivent appliquer les ordres des nouvelles structures des FARDC.

21. Un accord politique entre les autorités de la République démocratique du Congo et le CNDP, dirigé par son nouveau Président, Désiré Kamanzi, a été signé le 23 mars 2009. Cet accord comprend des clauses relatives à l’intégration des structures militaires et policières du CNDP, à la transformation du Congrès national en parti politique, à la libération des prisonniers politiques et à la perspective d’une loi d’amnistie, au retour des réfugiés dans l’est de la République démocratique du Congo, à la structure d’une administration publique à la réforme du secteur de la sécurité et à la protection des veuves de membres du CNDP, des blessés et des orphelins. Le Groupe comprend qu’une grande partie des activités de suivi requises pour l’application de ces clauses devra être lancée d’ici à la fin d’avril 2009. Au moment de la soumission du présent rapport, le CNDP n’avait pas encore fait de propositions sur la réforme des FARDC.

22. Kinshasa et Kigali ont organisé des réunions entre des membres influents de la classe politique et des milieux d’affaires au Nord-Kivu, les discussions étant centrées en partie sur la possibilité d’imposer un nouveau gouverneur à Goma, qui pourrait mieux représenter leurs intérêts respectifs. Certains des débats ont porté sur la possibilité de diviser le Nord-Kivu en deux provinces à cette fin. Ont participé à ces délibérations les réseaux politiques proches de Désiré Kamanzi et Eugène Serufuli, ancien Gouverneur au Nord-Kivu, bien que le Groupe comprenne que des personnalités politiques plus proches du général Nkunda sont maintenant associées à certaines négociations. Entre-temps, il considère que les possibilités de conflit foncier se précisent, du fait d’une soudaine augmentation des achats des parcelles de terrain par des personnes aisées dans certaines parties du Nord-Kivu, et note le rapatriement à grande échelle du bétail dans la province, y compris une grande partie qui avait été évacuée avant l’escalade des combats en 2008. Le Groupe est d’avis que le succès de l’intégration militaire dépendra de la confiance que garderont Kinshasa et Kigali dans la manière dont s’équilibrent leurs intérêts politiques et économiques dans l’est de la République démocratique du Congo.

23. Certaines parties du Nord-Kivu sont demeurées sous des administrations civiles parallèles, des agents nommés par le CNDP continuant à travailler dans les bureaux administratifs et occupant certains postes de l’administration locale dans les territoires de Rutshuru et Masisi. À Masisi, en direction du fief du CNDP de Kitchanga, les représentants du Congrès national collectent un certain nombre de taxes locales. Ses dirigeants font valoir qu’ils n’ont pas le choix, s’ils veulent prendre soin de leurs blessés de guerre et entretenir les troupes sur le terrain, tant que Kinshasa ne prendra pas ces coûts à sa charge. Le Groupe a également reçu des informations confirmant que ces arrangements étaient appliqués avec l’approbation officieuse des autorités de Kinshasa, en attendant que des fonds soient disponibles pour financer les soldes des anciens soldats du CNDP intégrés dans les FARDC.

24. À la fin d’avril 2009, l’opération Kimia II n’était toujours pas pleinement engagée. À la suite du déploiement de deux anciens cadres du CNDP, le général Sultani Makenga et le colonel Claude Mucho, à Bukavu et Kindu respectivement, en mars 2009, les plans opérationnels ont été mis en attente pour des raisons logistiques. Les troupes du colonel Mucho avaient commencé à se diriger vers Shabunda, au Sud-Kivu, bien que certains officiers des FARDC aient admis que l’objectif réel des opérations conjointes consistait à prendre le contrôle des zones minières à Walikale. Le Groupe croit comprendre, d’après des sources des FARDC, que les opérations lancées par les Forces armées à partir de Bukavu seraient organisées en partie pour écarter les éléments des FDLR des zones riches en minerais à Kalehe.

25. Le Groupe a obtenu des informations sur divers réseaux locaux de trafic d’armes liés au Burundi et continuera de surveiller l’évolution de la situation dans le cadre du processus de paix burundais, ainsi que la démobilisation des Forces de libération nationales (FNL), qui pourrait avoir des répercussions au niveau régional.

Le 9 avril 2009, de violents combats ont éclaté à Uvira, au Sud-Kivu, et 200 détenus ont été libérés après l’attaque de la prison dans cette localité. Le Groupe vérifie actuellement des informations crédibles selon lesquelles certains des combattants auraient pu être de nationalité burundaise. Il a également reçu des informations sur la présence de réseaux de trafiquants burundais liés aux FDLR.

26. Il existe encore plusieurs groupes armés au Sud-Kivu qui n’ont pas encore rejoint le processus d’intégration, notamment les Maï Maï Yakutumba, Maï Maï Zabuloni et Forces républicaines fédéralistes (FRF). À la fin de mars et au début d’avril 2009, plusieurs affrontements ont eu lieu, auxquels ont participé la 112e brigade non intégrée, des FARDC, les Maï Maï Yakutumba, les FRF et les Maï Maï Zabuloni. Le Groupe suit l’évolution de la situation.

27. Le Groupe est également préoccupé par les activités des milices dans la région de l’Ituri, qu’il continue de surveiller étroitement.

28. En plus des informations signalées par le Groupe précédent (voir durant le mandat en cours, le Groupe a reçu des informations vérifiées faisant état de centaines de victimes civiles et d’enlèvements aux mains de l’Armée de la Résistance du Seigneur (LRA) dans le nord-est de la République démocratique du Congo depuis décembre 2008; et il continue de suivre la situation.

IV. Intégration des groupes armés non étatiques dans les FARDC

29. Le Groupe interprète son mandat, compte tenu de l’évolution de la situation politique, comme exigeant de suivre l’intégration en cours des groupes armés non étatiques dans les FARDC et d’évaluer la présence éventuelle de structures de commandement parallèles. S’il a conscience que l’intégration est un processus continu qui exige du temps pour une pleine application, le Groupe juge nécessaire de procéder à une évaluation de ce processus, afin de déterminer si le CNDP et les Maï Maï sont toujours des groupes armés non gouvernementaux et s’ils doivent de ce fait être soumis à des enquêtes continues dans le cadre de son mandat.

30. L’intégration accélérée des anciennes milices dans les FARDC a commencé au Nord-Kivu à la fin de janvier 2009, après une très brève période de planification qui n’a pas toujours inclus un processus d’enregistrement transparent, de même que l’identification et le regroupement des combattants dans des centres d’intégration désignés, avant le redéploiement. Les unités de brigade de groupes armés non étatiques, comme le CNDP, la Coalition des patriotes résistants congolais (PARECO) et d’autres groupes de Maï Maï, ont été restructurées en compagnies, regroupées avec les unités des FARDC et déployées suivant une hiérarchie militaire commune des commandants dans l’ensemble du Nord-Kivu. Durant ce processus, le Gouvernement n’a pas immédiatement inscrit les nouveaux éléments des FARDC sur les états de paie. Les retards qui en ont résulté dans le versement des soldes à toutes les unités des Forces armées au Nord-Kivu ont en partie contribué à déclencher une série de pillages et de vols qualifiés par des éléments des Forces dans toute la région.

31. Le processus d’intégration accélérée qui a entraîné le redéploiement des troupes avant que le processus d’identification ait été achevé n’a pas permis de déterminer le nombre exact de nouvelles recrues dans les FARDC. D’après la commission technique sur l’intégration, environ 12 000 nouveaux éléments ont été identifiés, dont 6 006 sont d’ex-combattants du CNDP et 2 872 des combattants de la PARECO, le reste représentant divers autres groupes Maï Maï.

32. D’après plusieurs responsables interrogés par le Groupe d’experts, le niveau de désarmement des groupes armés non étatiques était faible. La commission technique sur l’intégration a annoncé le 22 avril 2009 que 12 000 nouvelles recrues avaient à ce jour remis 3 550 armes, dont 3 500 étaient des armes légères. Seulement 2 542 armes ont été rendues par 6 006 ex-combattants du CNDP identifiés lors du processus d’intégration. Seulement 687 armes ont été remises par les 2 872 éléments de la PARECO identifiés.

33. S’agissant des armes plus lourdes, le CNDP n’a remis que sept fusils d’assaut PMK, une mitrailleuse MAG, sept grenades à tube RPG-7, quatre mortiers de 60mm, un mortier de 82mm, six canons sans recul de 75mm, deux canons sans recul SPG-9 et quatre lance-roquettes multitube, selon la commission technique sur l’intégration.

D’après des responsables des FARDC, certaines de ces armes faisaient initialement partie du stock des Forces armées, tandis que d’autres provenaient d’ailleurs. Les armes remises ne représentent qu’un faible pourcentage du stock d’armes détenu par le CNDP en 2008, d’après plusieurs sources militaires.

34. Le Groupe a recueilli des informations sur l’existence de diverses caches d’armes, y compris des stocks d’armes lourdes saisis par le CNDP à la base militaire des FARDC, à Rumangabo en 2008, de même que des armes reçues par le CNDP de sources autres que les FARDC. Il a obtenu des informations sur l’emplacement de certains de ces stocks et a reçu des informations crédibles indiquant qu’une importante quantité d’armes demeurait sous le contrôle d’anciens militaires de haut rang du CNDP.

35. Le Groupe dispose de preuves indiquant qu’un certain nombre d’anciens officiers du CNDP, maintenant intégrés dans les FARDC, contrôlent des structures de commandement parallèles. Il a reçu des témoignages d’officiers supérieurs des FARDC et de sources proches du CNDP indiquant que le général Bosco Ntaganda, ancien chef d’état-major du CNDP (et inscrit sur la liste récapitulative du Comité depuis le 1er novembre 2005), agissait en tant que commandant en second de facto des FARDC pour les opérations militaires dans les Kivus, bien que le colonel Isidore Kaumbu Nyankole ait apparemment été nommé à ce poste. Le Groupe a obtenu un document corroborant le rôle du général Ntaganda en tant que commandant en second des Forces armées de facto.

36. Par divers documents, plusieurs entretiens et des visites sur le terrain, le Groupe a établi que le CNDP continuait de percevoir des taxes illégales dans son ancien fief autour de Kitchanga, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Des administrateurs fiscaux civils, secondés par des militaires, sont chargés de délivrer des attestations fiscales portant le cachet du CNDP aux transporteurs routiers et à divers marchés sur le territoire. Le Groupe a calculé, à l’aide de chiffres documentés, que le Congrès national pouvait percevoir jusqu’à 250 000 dollars par mois provenant de la collecte de ces taxes sur le transport routier.

Il comprend, d’après de nombreuses sources, que le général Ntaganda a accès à certains de ces fonds.

37. Le Groupe a été informé par plusieurs témoins directs, dont d’anciens soldats du CNDP démobilisés, de la présence de nombreux anciens soldats du CNDP à proximité de Ngungu, dans le territoire de Masisi, qui n’ont pas été intégrés dans les FARDC et sont souvent armés, tout en portant des vêtements civils. Il a également conclu, à la suite de nombreux entretiens avec d’anciens soldats du CNDP de Ngungu qu’un certain nombre de soldats des FARDC, sous le contrôle du lieutenant colonel Innocent Zimurinda, de la 231e brigade des FARDC à Ngungu étaient des ressortissants étrangers.

38. La MONUC a calculé qu’elle avait rapatrié au moins 244 combattants étrangers, dont 75 enfants, du CNDP entre janvier et la mi-avril 2009, la plupart regagnant le Rwanda. Ces chiffres confirment les conclusions du Groupe (voir S/2008/773) en ce qui concerne le recrutement transfrontalier de soldats par le CNDP.

39. Le Groupe d’experts s’est rendu à Walikale, à proximité du site de la mine de Bisie, la mine de cassitérite la plus productive des Kivus, où il a recueilli des informations sur le contrôle de la mine par différents responsables militaires relevant de structures de commandement rivales et collaborant avec diverses sociétés exportatrices de minerai. Il ressort de différents entretiens et documents gouvernementaux obtenus par le Groupe, qu’une partie de la mine est contrôlée par plusieurs officiers supérieurs des FARDC nommés par Kinshasa avant janvier 2009, mais qu’elle est aussi maintenant occupée en partie par des éléments sous les ordres d’un ancien commandant du CNDP, aujourd’hui membres de la 1ère brigade intégrée des FARDC qui a expulsé les exploitants gouvernementaux du site minier. La mine était contrôlée par des éléments de la 85e brigade des FARDC jusqu’au début de 2009, lorsque le Gouvernement a persuadé le commandant de cette brigade de quitter le site.

Le Groupe continuera d’examiner la question de savoir si les rivalités pour le contrôle de la mine affecteront le processus d’intégration et l’embargo sur les armes.

40. Le Groupe dispose d’informations crédibles faisant état de nombreux cas de désertion des FARDC depuis janvier 2009, des anciennes unités du CNDP, de la PARECO et d’autres unités Maï Maï. Il examine actuellement des informations selon lesquelles plusieurs éléments de la PARECO au Nord-Kivu qui auraient déserté les FARDC auraient maintenant établi des liens ave des unités des FDLR.

Source : le Potentiel/Kinshasa

Posté par Kongolais à 01:49 - Actualités politiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Kinshasa dotée d’une unité spéciale de police de recherche et d’intervention

Une nouvelle unité spéciale de police vient de voir le jour dans la capitale congolaise. Liée au ministère de la Justice, sous l’encadrement de celui de l’Intérieur, cette unité sera chargée des investigations et interventions à travers la ville. Elle démarre avec 41 éléments qui ont suivi une formation spécifique pendant trois mois

Sur le terrain, ces éléments seront déployés en tenue civile pour mener des enquêtes pénales, mais ne porteront l’uniforme que pour des interventions policières. « Vous allez les voir à l’œuvre », a déclaré mardi l’inspecteur général de la police nationale congolaise, John Numbi, lors de la cérémonie officielle de clôture de la formation de cette première promotion. Cependant, le patron de la PNC (Police nationale congolaise) s’est refusé de révéler les modes opératoires de la nouvelle unité spéciale de police et de livrer ses priorités. Tout ce qu’il a dit c’est que cette unité va être déjà opérationnelle, et qu’en dehors de Kinshasa, la prochaine étape pourra être Kisangani, le Sud-Kivu, où d’autres éléments seront formés. « Nous allons cibler là où le taux de criminalité est accentué », a souligné John Numbi.

Notons la première formation de cette unité a été financée par le gouvernement allemand, en raison de 500 000 euros de l’Union européenne.

Source : okapi

Posté par Kongolais à 01:01 - Echos de Kinshasa - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2  3  4  5  6  7  8   Page suivante »