drapeauAurait-on introduit le loup dans la bergerie ? Est-ce le cas de le dire, avec la fuite suivie des mandats d’arrêts des responsables de Progrosa au Togo ? En RDC, la firme gère l’Onatra ! Grande inquiétude.

«La RDC n’est pas une poubelle», répète à tue-tête une réclame publicitaire de l’Office congolais de contrôle. Mais, la réalité démontre le contraire. Les gouvernants congolais fréquentent des milieux d’inciviques sans s’en émouvoir outre mesure.

La preuve est offerte par le choix porté sur Progrosa. Cette firme mieux-disante à l’issue d’un appel d’offres international est comptée parmi des «fraudeurs» au Togo. Progrosa ne paie pas régulièrement ses impôts et taxes. Aussi, des interrogations mêlées à des inquiétudes fusent-elles sur la régularité de l’ouverture des offres qui ont attribué la gestion de l’Onatra à cette firme. Un redressement opéré a mis à nue l’incivisme fiscal de Progrosa.

Au Togo, le gouvernement n’a pas hésité de délivrer des mandats d’arrêts internationaux contre les responsables de cette entreprise. Ayant quitté clandestinement les frontières de ce pays, la gestion de leurs intérêts a été confiée à un administrateur désigné par la justice. La réaction de Dupuypauby ne s’était pas fait attendre. De Séville où il s’est retranché, «en ce qui concerne les conditions de mon départ, écrit-il au président Faure Eyadema, vous n’ignorez pas que j’ai quitté le Togo de façon tout à fait légale, ce dont les tampons apposés sur mon passeport font foi, ... Vous avez, vous-même, monsieur le président, été témoin de la présence de mon avion au côté du vôtre, d’une part sur l’aéroport de Lomé, alors que vous décolliez, et plus tard sur l’aéroport de Ouagadougou, puisque nous sommes partis mardi dernier vous et moi pour la même destination et à un quart d’heure d’intervalle, afin d’y rencontrer la même personne. Affirmer en conséquence que j’ai fui le Togo est un mensonge».

QUI TU HANTES ? ...

«Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirais qui tu es», dit le sage. La réaction musclée du PDG de Progrosa est la parfaite illustration que les responsables africains ne sont pas respectés par les étrangers, à cause de leur légèreté. Ne fréquentent-ils pas les mêmes personnes que « ceux qui ne s’acquittent pas régulièrement de leurs impôts »? Dupuypauby a levé un coin de voile sur le dessous des marchés conclus et attribués, loin des règles admises.

Qu’à cela ne tienne, la guerre que se livrent deux géants occidentaux pour le contrôle des ports africains notamment au Cameroun et au Togo devrait faire réfléchir les autorités congolaises, par deux fois, avant de s’engager avec des firmes dont la réputation est notoirement noircie par les affaires nébuleuses. Evoqué les relations entre le président Sarkozy et Vincent Bolloré pour justifier les ennuis de Jacques Dupuypauby de Progrosa est un raccourci que les Congolais ne pourraient avaler sans discernement. Les syndicalistes de l’Onatra, qui ont toujours émis des doutes sur l’expertise et le sérieux de Progrosa, invitent une fois de plus le gouvernement à ouvrir l’œil et le bon. «On ne peut pas confier la stabilisation d’une entreprise de la taille et de l’importance stratégique de l’Onatra à des mains peu sûres», confie un cadre informé du parcours de Progrosa.

La firme espagnole avait pour mission 24 mois. «Progosa conduira, en partenariat avec des cadres nationaux, une mission de stabilisation répondant, à un double objectif : améliorer la gestion de l’ONATRA, fiabiliser son système d’information, puis préparer sa restructuration».

Progosa a précisé qu’il s’est «associé l’expertise de deux sous traitants : la firme française Systra, filiale de la SNCF, et le cabinet Price Waterhouse». Systra apportera ses connaissances dans le domaine des chemins de fer, et Price Waterhouse veillera sur les finances». Voilà l’expert sur qui le gouvernement congolais s’appuie pour la stabilisation de son instrument stratégique en matière de transport ! Non seulement qu’il lui faut l’assistance de deux sous-traitants, mais il vient de lui être reproché son incivisme fiscal. Attention, un loup est dans la bergerie de la réforme des entreprises publiques congolaises, comme l’Onatra.

source : le Potentiel