JusticeCinq membres d'une milice de combattants Maï Maï ont été condamnés à de lourdes peines pour des crimes contre l'humanité, dont des viols massifs, commis en juillet 2007 dans un village de la province Orientale (nord-est de la République démocratique du Congo

Quatre de ces Maï-Maï ont été condamnés mercredi à la servitude pénale à perpétuité par le tribunal militaire de garnison de Kisangani, le chef-lieu de la province. Un cinquième prévenu, bénéficiant de circonstances atténuantes, a écopé de trente ans de prison ferme.

Viols massifs

Ils ont été reconnus coupables de viols massifs sur plus de 30 femmes de Lieke Lesole, une localité située à 365 kilomètres de Kisangani, à l'issue de onze jours de procès du tribunal, siégeant en chambre foraine.

Sur les cinq prévenus, seuls quatre étaient présents au procès: Basele Lutula, alias "colonel Thoms", Osumaka Loleka, alias "effacer le tableau", Kipeleka Nyembo, alias "Katamoto" et Okanga Likunda alias "Musique". Les trois premiers ont été condamnés à la servitude pénale à perpétuité, notamment pour crime contre l'humanité, détention illégale d'arme de guerre, destruction méchante, coups et blessures simples.

Un quatrième prévenu, Okanga Likunda, a bénéficié de circonstances atténuantes dues à son faible niveau d'instruction et écopé de trente ans de prison. Le cinquième accusé, Koti Eteke alias "Likolo Yangomba", actuellement en fuite, a été condamné par défaut à la même peine que les trois premiers.

Tortures
Ils ont également été condamnés à payer, en solidarité avec l'Etat congolais, une somme équivalente à 10.000 dollars à chacune des victimes de violence sexuelle, et 2.500 dollars aux victimes de coups et blessures. Ces Maï-Maï avaient investi le village de Lieke Lesole en juillet 2007.

Outre le viol d'une trentaine de femmes, dont huit mineures, ils s'étaient livrés à des pillages et à des tortures sous le couvert de l'opération "Etakata" (nettoyage ou ville propre). Opération qu'ils avaient inventée pour des motifs inavoués. Les Maï-Maï sont des miliciens locaux d'autodéfense regroupés dans plusieurs mouvements et issus de différentes ethnies locales. Ils se battent le plus souvent aux côtés de l'armée congolaise.

Source : Belga