bcc_siegeA travers sa politique de change, la Banque centrale du Congo est intervenue ce lundi 8 juin sur le marché de change à hauteur de 4,7 millions de dollars. Depuis la mi avril 2009, il s'agit de la cinquième intervention de la BCC. Et, cela conformément au calendrier publié qui prévoit deux interventions sur le marché de change chaque mois, le deuxième et quatrième lundis.

Forte du renforcement de ses réserves internationales par le biais de la Facilité pour la protection contre les chocs exogènes du FMI, la BCC tient à respecter ce calendrier. Ainsi, lors de la séance de vente de devises par adjudication par appel d'offres organisée ce lundi 8 juin, 4,7 millions de dollars US ont été vendus à environ 7 banques au taux de 766 Fc/1 dollar US. La répartition de montant se présente comme suit : Citi 100 000 USD ; Ecobank 670.000 USD ; TMB 220.000 USD, Raw Bank 2,5 millions USD ; Biac 50 000 USD ; Stanbic Bank 250 000 USD et Solidaire Banque 910 000 USD. La date de valeur au cours de laquelle la BCC livrera les devises et les banques commerciales apporteront la contre-valeur, est le mercredi 10 juin. La contre valeur pour les banques se fera soit par débit (compte) soit par un paiement cash.

5 millions US ont été proposés par la BCC

En ce qui la concerne la BCC comptait vendre un montant de 5 millions USD. Présidant la séance d'adjudication, le directeur Déogratias Mutombo de la direction des services étrangers de la BCC, a fait savoir à la presse que l'évaluation de cette opération ne pourra se faire que le jeudi 11 juin, soit un jour après la date de valeur. Il faut relever qu'avant la publication des résultats de l'adjudication, la direction des services étrangers de la BCC et les banques représentées ont échangé des informations sur le comportement du marché de change. Cet examen de la situation du marché a permis de dégager la fourchette du taux dans laquelle l'opération allait se dérouler. Cette fourchette de cotation allait de 766 Fc et 787 Fc contre 1 dollar US.

A en croire le directeur Déogratias Mutombo, cette fourchette est le reflet du marché. Quand bien même, il s'est dit surpris par le fait que les banques commerciales qui utilisent plus le taux transfert puissent avoir un taux plus élevé que les bureaux de change (770 à 775 Fc contre 1 dollar US). Par nature, les bureaux de change, opérateurs par les billets sont plus chers que les banques qui opèrent plus par le transfert. Déogratias Mutombo a relevé là une contradiction, exhortant les banques à aider la BCC à bien gérer le marché et d'éviter de céder à la hausse spéculative.

Il en a profité pour prier les banques commerciales à communiquer à la BCC la bonne information quand celles-ci communiquent leurs besoins en devises. D'autant plus qu'il a été constaté des différences entre les demandes exprimées la veille de l'adjudication et celles exprimées séance tenante le jour de l'opération. Car la BCC détermine le montant de devises à vendre aux banques sur base de demandes exprimées la veille. A propos de taux communiqué par ces banques lors du tour d'horizon, la direction des services étrangers a demandé aux banques de communiquer les taux réels et réalistes. Les taux communiqués sont en quelque sorte des signaux lancés vers le marché.

Le directeur Mutombo de la BCC satisfait

Pour la BCC, il y a une logique qui veut que les banques commerciales puissent avoir les devises moins cher pour les vendre au prix du marché. A ce propos, les banques commerciales ont réagi affirmant, entre autres, qu'elles n'achètent pas les devises pour elles-mêmes ; mais pour leurs clients. Et ceux-ci tiennent à avoir les devises à un certain taux. Pour conclure sur ce chapitre relatif à l'échange des informations sur le marché de change, le directeur Déogratias Mutombo a rassuré les banques commerciales. " Faisons en sorte que des bonnes informations soient communiquées entre nous ".

Au terme de cette séance d'adjudication, Déogratias Mutombo a été abordé par la presse. Il ressort de sa prestation qu'il est satisfait du niveau du taux de change compris dans la fourchette entre 766 et 785 Fc contre 1 dollar pour les banques et 770 et 775 Fc/1 USD pour le marché parallèle. L'amélioration de la situation se traduit aussi, dira-t-il, par la baisse de la demande de devises des banques, soit 4,7 millions USD. Il rassure que la BCC entend respecter le calendrier des adjudications, soit pour la vente ou l'achat des devises. Il arrivera des fois où, à la demande des banques commerciales la BCC va procéder à l'achat des devises. Bien entendu l'objectif majeur consiste à bien réguler le marché de change de manière à garder le taux de change stable.

Enfin, il renchérira que la BCC s'emploie à stabiliser le Fc à un niveau qui correspond avec les fondamentaux de l'économie. Le taux de change est la résultante des fondamentaux. Il y a lieu de rappeler que cette séance d'adjudication intervient après une importante réunion du comité² de politique monétaire de la BCC, sous la présidence du gouverneur Jean Claude Masangu. A l'ordre du jour, il a été question de la principale mission de la BCC à savoir la recherche de la stabilité du niveau général des prix. Cette réunion tenue le vendredi 5 juin a fait le point sur la mise en œuvre de la politique monétaire au cours de cinq derniers mois. Les actions de la BCC ont porté sur la politique monétaire à travers le relèvement des taux d'intérêt de la BCC pour rendre les billets de trésorerie attractifs afin d'éponger les surliquidités et la politique de change à travers les interventions sur le marché qui ont permis de vendre depuis janvier 2009 aux banques 54 millions de dollars US.

Source : l'Observateur/Kinshasa