casques_bleus_arm_sKampala vient de déclarer que la LRA n’est plus une « affaire ougandaise » mais « congolaise ».Entre-temps, Les FDLR sont devenues plus actives qu’elles défient désormais les FARDC et la Monuc. Les opérations militaires en cours, Rudia et Kimia II doivent être vues sous un angle plus vaste. C’est maintenant ou jamais que la RDC se saisisse de ces deux opérations militaires pour renforcer les capacités militaires des FARDC pour être réellement dissuasive. Car, le devenir de la RDC se joue à travers ces deux opérations militaires.

Les évêques de Kivu viennent d’interpeller vivement la communauté nationale et internationale pour que les opérations en cours, Rudia et Kimia II, soient un réel succès. Cette interpellation se justifie par ce fait qu’aux lendemains des opérations militaires conjointes « Umoja Wetu et Coup de tonnerre », les populations de l’Est du pays continuent à vivre un véritable cauchemar. La LRA et les FDLR sont devenues très actives et multiplient des exactions doublées des actes criminels dans toute la partie Est de la RDC.

Un véritable défi à l’endroit du gouvernement congolais et de la communauté internationale, représentée en ces circonstances douloureuses par la Monuc. Au vu de la recrudescence de ces atrocités, l’on peut se permettre de souligner que ces opérations militaires conjointes n’ont pas été un « franc succès »

Aussi, les opérations en cours doivent combler rapidement ces insuffisances, car maintenant plus que jamais, le devenir de la RDC est en jeu ainsi que la crédibilité du gouvernement ainsi que l’efficacité des FARDC. Les évêques de Bukavu ont raison de s’inquiéter de la manière dont sont menées ces opérations. Ils en appellent vivement à la responsabilité du gouvernement et des responsables militaires à renforcer les capacités des FARDC. D’accélérer la restructuration des forces armées régulières pour éviter cette image « de l’arrivée massive des troupes essentiellement composées d’éléments issus du CNDP et du PARECO ». Cette image démontre que l’intégration des groupes armés est loin d’être acquise et qu’à la vue de ces éléments, les évêques craignent que la « crise » perdure. Déjà, l’on dénonce, sans effet, le recrutement massif des jeunes par ces groupes armés. Ce qui risque de remettre en cause les premiers acquis positifs obtenus après de laborieuses négociations et de nombreux sacrifices.

UNE ACTION DE GRANDE ENVERGURE

Les opérations militaires en cours doivent être vues dans un angle plus vaste. Il ne suffit pas seulement de refouler les éléments des forces négatives dans la forêt profonde, mais de les neutraliser tout en protégeant la population civile. Le spectacle actuel, avec des milliers de personnes qui viennent de reprendre le chemin de l’errance, est inacceptable. Les FDLR et la LRA ne doivent pas éternellement prendre en otage les provinces du Kivu et Orientale.

Ces actions méritent d’être de grande envergure en vue de stabiliser réellement cette partie de la République. Aussi, faudra-t-il mieux interpréter ces actes de vandalisme qui viennent d’être commis à Buta contre la Monuc. Il y a quelque chose comme un ras-de-bol qu’il est question de prendre toutes les dispositions qui s’imposent afin que ce genre de méfaits ou dérapages ne se reproduisent plus. Et le raccourci n’est rien d’autre que l’efficacité des opérations militaires en cours pour rassurer les populations, à court terme. Mais à long terme, les FARDC doivent être requinquées afin qu’elles soient permanentes, performantes et dissuasives. Il n’y a pas de solution miracle si ce n’est que d’emprunter cette voie.

Action de grande envergure à intégrer les casques bleus supplémentaires qui vont se déployer au début du mois juillet. Qu’ils sachent déjà qu’il ne s’agira point d’un voyage touristique, mais une opération militaire dans le but de ramener la paix durable en RDC.

PRESSIONS SUR L’OUGANDA ET LE RWANDA

La dernière déclaration de Kampala sur la LRA est révoltante si pas insultante. Pour le gouvernement ougandais, la LRA est désormais une affaire « congolaise ». Des propos vraiment provocateurs et cyniques devant les atrocités que subissent les Congolais quand on sait que Kinshasa n’a jamais été à la base de la création de la LRA. Ce groupe armé est le résultat de la politique d’intolérance à Kampala. Et pourtant, on n’en serait pas arrivé là si parallèlement à l’opération militaire « Coup de tonnerre », une initiative politique devrait la soutenir. Malheureusement, les ponts du dialogue inter-ougandais ont été rompus.

Même constat avec l’opération Umoja Wetu. S’il est vrai que les génocidaires doivent absolument subir la rigueur de la loi pour des crimes commis, rien n’empêche à Kigali d’entreprendre également une initiative politique. Comment les Rwandais doivent-ils tourner leurs regards vers l’avenir s’ils ne se parlent pas entre eux ?

Le Burundi s’est engagé dans cette voie du dialogue. Les résultats satisfaisants sont là. Pourquoi la Communauté internationale hésite à exercer des pressions sur l’Ouganda et le Rwanda afin de parvenir au même résultat obtenu au Burundi ? Les FLN ont déposé les armes et participent actuellement dans les structures de l’Etat burundais. Les FDLR y gagneraient en s’inspirant de cet exemple par le dépôt des armes dans le but de regagner leur pays.

Or, sans pression internationale à l’endroit du Rwanda et de l’Ouganda, cette même communauté internationale entretient ce « complot » contre la RDC pour que ce pays ne retrouve pas sa stabilité. L’on soutient ainsi les hypothèses émises sur les véritables enjeux -économiques- pour balkaniser la RDC.

Telle éventualité pourrait créer des émules dans la région. Ces occupations à répétition des portions des territoires congolais par des armées angolaise, ougandaise ces derniers mois ne sont pas accidentelles. Elles s’inscrivent dans ce travail machiavélique d’affaiblir systématique la RDC afin de lui imposer certaines souverainetés étrangères.

Seule une armée nationale congolaise, performante, dissuasive est à même de désillusionner tous ces sympathisants des « Etats nains ».

Source : le Potentiel/Kinshasa