jk_presidentMuzitoUne rencontre samedi, une autre lundi. Entre le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, et le Premier Ministre Adolphe Muzito, le climat est plutôt au beau fixe, ont indiqué au Phare des sources dignes de foi. « Le chef de l’Etat et son Premier Ministre ont continué d’échanger sur un certain nombre de dossiers touchant à la bonne marche des affaires de l’Etat », a confirmé l’une de ces sources à notre rédaction, précisant que les questions évoquées entre les deux hommes l’avaient déjà été lors de précédentes rencontres.

Surprise A l’Hôtel du gouvernement, on se dit en fait étonné de l’ampleur prise par ce qu’on considère ici comme des spéculations, fruit de l’imagination fertile des rêveurs professionnels et autres amateurs de complots. « Aussitôt qu’un Premier Ministre est désigné, le même jour démarre la campagne de dénigrement visant à le déstabiliser et le remplacer par un autre. C’est le complot permanent, pas du tout une ambiance propice à la stabilité, à des engagements forts et à des projections audacieuses sur l’avenir », confie dans un soupir un membre de la coalition. Avant de conclure : « c’est malheureusement cela le Congo et nombre de nos compatriotes trouvent du plaisir à ce que la politique se réduise à ce triste jeu ». Pourtant, au fur et à mesure que le voile se lève sur les dernières rencontres entre le Président de la République et son Premier Ministre, tout le monde se rend bien à l’évidence : il n’y a aucun conflit entre les deux hommes. Bien au contraire, dans la lettre de son Directeur de cabinet datée du 28 mai, confirment des milieux proches de la Primature, le Président de la République n’a rien fait d’autre que jouer son rôle en donnant des instructions et en traçant le cadre général dans lequel doit s’inscrire la démarche du gouvernement. « Dans sa réponse datée du 3 juin, Adolphe Muzito a fait part à son tour de son engagement à exécuter le cadre ainsi tracé, d’une part en confirmant le fait que ces instructions étaient la résultante d’un consensus qui s’était dégagé des échanges antérieurs entre les deux hommes et, d’autre part, en faisant état de sa volonté de formaliser cet engagement à travers un décret mettant effectivement en place le nouveau cadre », note un analyste. « Ces mesures exceptionnelles visent à régler une situation temporaire et matérialisent, en ces temps particulièrement difficiles pour le trésor public, le consensus résultant de nos échanges antérieurs sur la question », a effectivement écrit Adolphe Muzito, confirmant ainsi que le Chef de l’Etat et son Premier Ministre se consultent régulièrement et restent constamment sur la même longueur d’ondes. Même vision En d’autres termes, cela veut dire que le Premier Ministre adhère totalement au schéma tracé par la lettre du Directeur de cabinet du Chef de l’Etat pour en avoir discuté personnellement avec ce dernier. Un schéma, précise le même analyste, qui devrait ainsi s’interpréter, s’il faut s’en référer aux termes exacts de la correspondance de Lumanu Mulenda Bwana Nsefu, comme un signal fort en direction de nos partenaires multilatéraux représenté par le Directeur Général du FMI, dont le récent séjour dans notre pays a permis de donner un éclairage précis sur les attentes de la Communauté financière internationale à l’égard de notre pays dans sa quête du point d’achèvement de l’Initiative PPTE. Des attentes, indique-t-on dans la ville haute, qui devraient être réaffirmées par le Président de la Banque Mondiale, dont on espère une visite en RDC dans les semaines sinon les mois à venir, comme signe de l’intérêt qu’attache la même Communauté internationale au retour de la stabilité et de la croissance dans notre pays. Ce dernier a donc plus que jamais l’obligation de lancer envers ses partenaires un message de stabilité des institutions, de sérieux et de crédibilité dans les engagements pour espérer en dégager des dividendes en retour. Bref, quoi que l’on puisse en penser, le signal lancé par le Président de la République ne manque pas de courage. Il signifie surtout qu’au regard des recommandations de nos bailleurs des fonds traditionnels, la RDC accepte désormais d’ouvrir des discussions avec ses partenaires afin d’évacuer toutes les ambiguïtés qui bloquent les contrats dits chinois et hâter leur exécution. Ce qui devrait faciliter la signature d’un nouveau programme économique avec le Fonds Monétaire International et encourager des décaissements susceptibles de soulager les nombreux problèmes sociaux auxquels sont confrontés les Congolais. C’est justement à cette vision qu’adhère non sans enthousiasme le Premier Ministre dans sa réponse au Président de la République lorsqu’il remarque, notamment, « que le but ultime de vos instructions est d’aligner la gestion des finances publiques et celle de la monnaie nationale sur le double objectif d’une bonne exécution des 5 chantiers de la République et de l’amélioration des conditions de vie de nos populations, à travers l’appui de nos partenaires multilatéraux à la stabilité macroéconomique ». Maintenant, la bonne gouvernance Ce cap fixé et bien fixé, il faut espérer qu’avec un programme – les 5 chantiers – dont l’horizon devrait bientôt se dégager après les discussions avec les partenaires chinois, et un vade-mecum résumé dans les instructions du chef de l’Etat, le gouvernement aura désormais les coudées assez franches pour s’impliquer rapidement et efficacement dans l’activité de la reconstruction. A condition, évidemment, que tout soit mis en œuvre pour que la mauvaise gouvernance ne vienne pas saper les efforts ainsi engagés. Voilà pourquoi les observateurs estiment que la prochaine étape de la démarche du chef de l’Etat devrait consister à repenser en profondeur la composition du gouvernement du point de vue à la fois de la taille, des hommes et de la philosophie de travail, afin que la nouvelle équipe que devra animer le Premier Ministre traduise mieux que par le passé la vision qui se dégage des dernières instructions du Président de la République. De ce point de vue, la présence ces dernières heures, autour du chef de l’Etat, du Président de l’Assemblée nationale et de certains animateurs du Parti Lumumbiste Unifié tels que Mayobo et Mbangu constitue sans nul doute la preuve que la machine est lancée et bien lancée.

Source : Le Phare /Kinshasa