chineLe directeur général du Fonds monétaire international a bouclé hier la visite de trois jours qu’il vient d’effectuer en RDC. Débutée samedi, la mission du patron du FMI dans notre pays lui a permis de discuter avec les autorités congolaises, notamment le chef de l’Etat Joseph Kabila et le Premier ministre Adolphe Muzito, les ministres des Finances et du Budget, le gouverneur de la BCC Jean-Claude Masangu, sur un certain nombre des dossiers en rapport avec le nouveau programme économique à conclure avec le gouvernement congolais, appuyé par la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance. Dominique Strauss-Kahn a rencontré, dans la foulée, les présidents des deux chambres du parlement entourés des membres de la commission économico-financière de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Signalons qu’au terme du nouveau programme économique du gouvernement, le FMI pourrait accorder à notre pays, sur une période de trois ans, un financement de l’ordre de 500 millions de dollars au titre d’appuis budgétaires. Alors que tous les points techniques de cet accord sont presque bouclés, il persiste encore la question épineuse des contrats miniers avec les entreprises chinoises. A laquelle l’exécutif congolais et ses partenaires chinois ont convenu de réagir positivement en décidant le gel de la deuxième phase de financement des contrats chinois estimée à 3 milliards de dollars. Peu avant de quitter le sol congolais, le patron du FMI a co-animé avec le Premier ministre Adolphe Muzito, une conférence de presse au salon Congo du Grand Hôtel Kinshasa.


Objectif : le point d’achèvement


A la question des contrats chinois, le DG du FMI a répondu que ce qui est crucial c’est le développement de la RDC, crucial que se mettent en place les éléments d’une politique et des finances qui permettent de la soutenir pour que le revenu national s’élève et que la RDC connaisse grâce à la stabilité politique reconquise, le développement auquel elle a droit.
La principale contradiction dans cette démarche est qu’il est indispensable pour la RDC d’arriver rapidement au point d’achèvement.
Des pays africains y sont arrivés et il est indispensable que la RDC y accède aussi. Strauss-Kahn estime que la dette de la RDC n’est pas un petit montant, d’où la question de l’allègement devient importante.

A l’occasion de leur rencontre, le Premier ministre a indiqué à l’intention du directeur général du FMI que le gouvernement congolais était disposé, avec son accompagnement et celui des partenaires bi et multilatéraux, de poursuivre des discussions pour atteindre enfin, le point d’achèvement de l’initiative PPTE. Adolphe Muzito a confirmé cet état d’esprit en évoquant le réajustement des contrats négocié avec les partenaires chinois. Il s’est félicité des efforts déployés par son gouvernement pour respecter un certain nombre des critères quantitatifs. Depuis 2006, la RDC a toujours été bon élève du FMI. Toute la problématique, a pour sa part surenchéri le patron du FMI, est d’obtenir des partenaires bi et multilatéraux, une certaine souplesse afin de rendre compatibles les deux objectifs de l’ allègement de la dette et de la construction des infrastructures. Il a émis des craintes sur un endettement excessif ainsi que sur cette tendance à dépenser plus qu’il n’en faut.

Dilemme

Pour terminer, Adolphe Muzito a remercié le FMI, ainsi que les autres bailleurs pour l’aide apportée à la RDC, afin de faire face aux chocs exogènes de la crise financière. Il a cité les 200 millions du FMI, les 100 millions de la BM, les 100 millions de la BAD, les 60 millions de l’UE et les 30 millions de la Belgique.
Avec le déplacement du patron du FMI en RDC et son message martelé à l’endroit des autorités congolaises en présence des experts du FMI, dont Mme Antoinette Sayeh, directrice du département Afrique au FMI et Bryan Aimes, chef de division chargé de mission en RDC, le gouvernement congolais se trouve devant un dilemme cornélien : conclure le nouveau programme avec le FMI pour pouvoir atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE ou les contrats miniers avec les entreprises chinoises et perdre l’avantage de voir enfin notre pays bénéficier de l’allègement de la dette.

Source : le Phare/Kinshasa