drapeauLa valse des « bornes » se poursuit entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. La succession des réunions des experts de deux pays n’a encore rien apporté que le ton est en train de monter d’un cran. Kampala accuse déjà Kinshasa de « provocation » et l’autre de l’appeler « au calme » en faisant confiance à leurs représentants. Au-delà de cette « valse des bornes », il y a bien sûr le pétrole du Lac Albert qui pousse déjà la RDC et l’Ouganda sur le sentier de guerre. 

Des responsables ougandais accusent Kinshasa d’avoir installé un poste frontalier sur les rives gorgées du pétrole du Lac Albert sans attendre la conclusion des négociations à ce sujet. Ils y vont même un peu plus fort en accusant Kinshasa de provocation.

Du côté congolais, on rétorque qu’il s’agit plutôt d’une controverse autour du passage de la borne frontalière. Kinshasa appelle Kampala au calme dès lors que la question est examinée au niveau de deux gouvernements.

Tout ceci se passe à Mahagi, ville congolaise frontalière avec l’Ouganda à partir du district Nebbi.

Les deux pays se disputent donc cette portion de localité située à 13 km de Mahagi-centre. La semaine passée, les policiers ougandais avaient fait une incursion en territoire congolais pour empêcher les Congolais à procéder à l’érection de ce poste-frontière. Des discussions ont eu lieu le week-end dernier entre les deux parties, mais sans résultat. En effet, du côté congolais, l’on précise que cette borne a été déplacée par les Ougandais en 2004 en pleine guerre d’agression.

L’ODEUR DU PETROLE

Cette agitation ou cette excitation ne s’explique que par la présence du pétrole du Lac Albert que les deux Etats doivent exploiter en commun. Chaque jour qui passe fait découvrir que les réserves découvertes dans ce lac sont des plus importantes et que l’Ouganda ne s’est jamais trouvé en face d’une opportunité alléchante qui peut lui procurer des ressources financières énormes. La société Heritage Oil est déjà à pied d’œuvre et l’exploitation du pétrole serait déjà en cours dans la partie ougandaise.

Bien avant le litige frontalier au niveau de Mahagi, la RDC et l’Ouganda ont eu à discuter autour de l’île de Rukwanzi, au milieu du Lac Albert. Les deux pays se disputaient la propriété. Il y a eu même mort d’hommes, dont un ressortissant britannique travaillant pour le compte de Heritage Oil et des prisonniers de part et d’autre. Mais la magie du dialogue a permis que l’Ouganda et la RDC se surpassent en faisant appel à des experts internationaux, notamment la Belgique et la Grande-Bretagne pour délimiter les frontières lacustres de manière à circonscrire la « Zone d’intérêts communs », comme c’est le cas avec l’Angola.

Cependant, devant des exigences de la partie congolaise pour l’exploitation du pétrole, l’Ouganda qui fait de cette affaire une question de vie ou de mort est passé à l’étape de l’exploitation. Du moins du côté ougandais. Or, les différends frontaliers interviennent justement dans la limitation des frontières maritimes et lacustres avec cette tendance d’étendre la zone d’exploitation.

En plus, tant que Kinshasa n’aura pas conclu des accords avec les sociétés pétrolières pour se convenir sur une exploitation commune des accrochages se multiplieront. Faudra-t-il attendre que la promulgation de la Loi sur les hydrocarbures soit effective pour qu’intervienne la signature de ces accords ? Il revient au ministre des Hydrocarbures de répondre à cette interrogation en sachant pertinemment bien que la pomme de discorde entre la RDC et l’Ouganda n’est pas du fait des frontières, mais surtout de l’exploitation sans délais du pétrole du Lac Albert.

Kampala manifeste déjà de signes d’énervement pour ne pas dire de colère avec risque d’user de la force pour que la phase de l’exploitation du pétrole ne soit pas ralentie. D’où cette tendance de vouloir « sécuriser » ses partenaires en contrôlant la grande partie de l’espace lacustre et terrestre le long de la frontière commune..

Il y a lieu de noter que le regain de tension au niveau des frontières de deux pays est susceptible d’engendrer des conséquences incalculables dès lors que le problème de la LRA divise encore les deux pays. Dernièrement, l’Ouganda venait de déclarer que cette question était désormais une affaire congolaise. Ce qui n’est pas du tout du goût de Kinshasa qui paie déjà le prix le plus lourd devant ces atrocités des forces négatives ougandaise et rwandaise.

ET LA « ZIC » AVEC L’ANGOLA ?

Restons dans le domaine du pétrole pour s’interroger sur le processus de la mise en place de la « Zone d’intérêts communs », ZIC, avec l’Angola. La loi sur la délimitation des frontières ayant été votée, il y a lieu que le peuple congolais soit fixé sur cette question.

Par voie de conséquence, apporter des éclaircissements sur les 600 millions de dollars que l’Angola avait consenti d’affecter à la République démocratique du Congo pour renforcer la coopération bilatérale dans ce domaine du pétrole, désormais le poumon d’acier de toutes les économies nationales, et ce, au mieux des intérêts réciproques des peuples angolais et congolais.

Au fait, il y a des opportunités financières pour la République démocratique du Congo de faire face à la crise financière internationale qui est en train de frapper durement l’Afrique. Une façon pour l’Angola et la RDC de répondre positivement à l’appel lancé au Caire, en Egypte, par les ministres africains des Finances, du Développement et de la Planification lors de la rencontre qui s’est tenue du 6 au 7 juin 2009 dans la capitale égyptienne.

Source : le Potentiel/Kinshasa