Camion_marchandisesLa reprise du trafic routier entre Kisangani et Butembo (au Nord-Kivu), fait de l’ombre aux Antonov qui jusque-là transportaient l’essentiel des marchandises dans cette zone. Par la route, les voyageurs redécouvrent leur pays ainsi que divers produits locaux.

Sur l’avenue du stade, au centre-ville de Butembo, au Nord-Kivu, des matelas emballés dans des sacs en plastique, des paniers d’oignons et d’ail ainsi que diverses marchandises jonchent le sol.

Dans le plus grand désordre, des manutentionnaires chargent des sacs de haricot dans des véhicules poids-lourds. Sur chacun d’eux, on peut lire «Kisangani express». «On ne manque jamais un véhicule à charger. C’est comme ça qu’on gagne notre vie ici», explique, tout haletant, Bamimbi Vumi, un chargeur très affairé.

Un parking improvisé s’est installé ici depuis près de 6 mois, juste à côté du bureau détaché de la plus grande des compagnies de transport terrestre des biens et des personnes, qui assure la liaison entre Butembo et Kisangani. Il y a quelques mois encore, on ne voyait guère de passagers se bousculer pour monter sur les toits des véhicules et parcourir les 900 km qui séparent les deux villes.

LES TRANSPORTEURS AERIENS PERDENT PIED

Avant l’inauguration de cette route, il y a six mois, le transport des personnes comme des marchandises s’effectuait en grande partie par avion. Les Antonov régnaient alors en maîtres, mais depuis leur marché est en chute libre.

Un passage dans les dépôts vides des quelques compagnies aériennes qui résistent encore à l’avènement des véhicules montre les effets de cette concurrence. «Les opérateurs des véhicules sur Kisangani bloquent vraiment notre marché, se plaint Dominique Mbavumoja, chef d’agence de la compagnie Mango Airline. On est au bord de la fermeture, mais on imagine des stratégies pour garder les clients». Des 13 compagnies aériennes qui opéraient entre 2000 et 2005, seules trois essayent encore de résister. «Que voulez-vous ? Le client voit où se trouve son intérêt. Et d’ailleurs, notre gouvernement a interdit le vol des Antonov depuis longtemps», argumente Pascal Karungu, vice-président de l’ACCO (Association des chauffeurs du Congo) pour qui le transport aérien «rapportait surtout aux pilotes étrangers alors que maintenant ce sont nos chauffeurs qui profitent».

«Avant, nous taxions 1 kilo de fret à 1,4 $, mais les camionneurs sont venus et ont diminué le prix jusqu’à 0,5 $ le kilo. Certains descendent même jusqu’à 0,25 $. Or, le vol d’un avion c’est de l’argent à chaque opération», calcule Muyisa Kambine, responsable du marketing à la compagnie Galaxie Kavatsi.

Au service de péage route sur l’axe Butembo-Kisangani, les statistiques indiquent que chaque jour autour de 100 tonnes de marchandises transitent vers Kisangani. «Avant que les transporteurs routiers n’entrent dans la danse, nous acheminions entre 150 et 200 tonnes de marchandises diverses par mois sur Kisangani. Maintenant c’est autour de 29 tonnes…» affirme, Dominique

Source : syfia