drapeauAprès avoir été annoncée tambour battant pour la mi-juin, la publication de la nouvelle équipe gouvernementale se fait toujours attendre. Par conséquent, bien des Congolais se posent mille et une questions sur ce retard : à quand la publication du gouvernement Muzito II ? Pourquoi tarde-t-elle ? C'est que, à bout de souffle, la population attend, comme un messie devant la délivrer d'un joug, la nouvelle équipe gouvernementale, dite Muzito II. L'impatience de l'attente de ce gouvernement est à la mesure du degré des souffrances d'une population qui ne sait plus en quel ministre avoir confiance. Aujourd'hui, depuis les nombreux remaniements ministériels intervenus au sein du gouvernement, l'impression est comme si rien ne va toujours.

Devant l'attente languissante de ce gouvernement qui risque de ne rien apporter aux besoins du peuple sinon d'autres déceptions, certains analystes très avisés estiment que le chef de l'Etat a retardé la publication de Muzito II en raison d'un besoin ardent de s'entourer - cette fois-ci - d'hommes très aguerris devant l'aider à amorcer la dernière ligne droite d'un mandat qui n'a plus que quelques mois de vie.

Pour eux, Kabila prend tout son temps pour s'offrir toutes les chances d'avoir cette fois des hommes aguerris pour affronter la dernière ligne de son mandat. Ce qui le pousse à s'interroger sur les hommes avec lesquels il doit cheminer le reste du mandat. Car, ainsi que l'estiment les analystes politiques bien avisés, il n'a plus droit à l'erreur. Cette erreur - peut-être - qui l'a poussé les jours passés à ne pas avoir dans ses rangs 15 personnes capables de lui permettre de faire changer la situation économique de son pays.

A propos de ces hommes, l'on est en droit s'interroger : la RDC est si pauvre en hommes aguerris que le chef de l'Etat est incapable d'en trouver une quinzaine, alors que grouillent docteurs, licenciés et autres ingénieurs en plusieurs domaines ? Quels critères de sélection utilise-t-il pour recruter ses collaborateurs pour qu'il n'arrive pas à être satisfait par le rendement de ceux qu'il aura choisi, par ses services interposés ?

Quelle recette va-t-il utiliser pour que cette fois-ci soit la bonne ? Pour un autre groupe d'analystes politiques, Joseph Kabila a peut-être donné trop de libertés à ses collaborateurs en les laissant, chacun, selon ses capacités inventives et créatrices, se livrer à une méga publicité sur ses chantiers au point où ils ont plus crié ou passé plus de temps à la télévision qu'à travailler réellement. Donnant l'impression que tout allait bien.

Alors que ces chantiers, plus qu'autre chose, demande moins de bruits que d'actions. Que de structures sont nées à la suite de 5 chantiers de la République. La population n'a pas besoin de trop de bruits pour remarquer les réalisations. Faudra-t-il, par exemple, mettre sur pied une structure ou faire du tapage médiatique pour remarquer le nouvel habit que la ville porte actuellement ?

Quoique habituée aux incessants remaniements ministériels qui n'apportent rien à son vécu quotidien, la population espère que cette fois-ci ses nombreuses préoccupations, surtout celles du ventre, trouveront un écho favorable auprès de la nouvelle équipe gouvernementale.

La dernière ligne droite du mandat de Joseph Kabila est si cruciale et déterminante qu'il est appelé à se faire violence, même dans sa propre famille politique, pour arriver à contenter la population qui croit que les 5 chantiers de la République ne le sont que le nom, car elle ne se retrouve pas du tout. Ainsi certaines langues n'hésitent pas à les baptiser " 5 chantiers de l'AMP ".

Source : l'Observateur/Kinshasa