Justice_marteauUn homme de loi est à la barre pour viol de deux fillettes. A l’audience, une personnalité de marque parmi l’assistance indignée : Luzolo Bambi, ministre de la Justice et garde des Sceaux.

Siégeant en chambre foraine à la Prison centrale de Makala, le tribunal de Grande instance de Kinshasa/Gombe statue au pénal sur le dossier inscrit sous le RP 18920. En cause, le ministère public et les parties civiles contre Me Claude Kanyeketi, avocat au barreau de Bandundu. Cet homme de loi est poursuivi pour viol de deux mineures âgées respectivement de neuf et onze ans. Les faits se seraient passés dans la commune de Barumbu

Bien que la presse ait été invitée, on a fini par décréter le huis clos. Peut-être pour ne pas ternir l’image d’un juriste. Du moins, le ministre de la Justice, Luzolo Bambi Ntesa, a assisté à l’audience du jeudi 18 juin 2009.

Voulant donner un signal fort à ce qu’il a qualifié de « Kuluna en cravate », le ministre de la Justice a déploré le fait que le prévenu soit un défenseur de la loi. Ainsi, il a confirmé qu’il sera question de faire la volonté du chef de l’Etat contre les violences sexuelles.

Dans son adresse à la presse amassée à la prison, le ministre de la Justice a expliqué qu’on est ici pour voir les jeunes délinquants communément appelés « Kuluna ». Ceci, selon les attentes de la population. Celle qui a même qualifié les criminels à col blanc : les « Kuluna » à col blanc ou bien les « Kuluna » en cravate. Et lui de lâcher : « En voici un. Un avocat, un homme de loi. Que dire ? Sinon que la loi est dure, mais c’est la loi. Dura lex, sed lex. Il n’y a pas de justice à deux vitesses, tout le monde est égal devant la loi ».

Le ministre Luzolo a affirmé que la loi s’appliquerait, dès lors qu’il sera établi que la personne mise en cause est responsable. Pour notre part, a-t-il insisté, vous connaissez la réponse. Vous connaissez le sort réservé aux « Kuluna », qu’ils soient petits ou grands, ils finiront à la destination finale : Ekafela ou Angenga, et les différents postes de transit. En l’occurrence Osio, pourquoi pas.

Il a révélé qu’il en est ainsi aussi des derniers « Kuluna » intellectuels, étudiants dont un certain nombre a été condamné. La justice a subi des pressions de tous bords. Il a affirmé qu’ils finiront comme les autres, il n’y a pas de justice à deux vitesses. La destination sera la même. Le message que je transmets, a-t-il ajouté, c’est le message de la sérénité, de la fermeté. Parce que devant la délinquance, les dérives sociales sont terribles, je pense que la riposte doit être égale à la hauteur des dégâts et du drame causé.

C’est là la réponse de la société, que le ministre de la Justice doit traduire en descendant sur le terrain, pour soutenir les actions de la justice. Simplement, il y a des avocats qui exigent un procès équitable en défendant les personnes mises en cause au nom de la présomption d’innocence. Mais dès lors que leur culpabilité est établie et que la décision judiciaire devient exécutoire, le gouvernement, à travers le ministère de la Justice, sera ferme.

Il n’y aura pas de destinations différentes. Tous les « Kuluna » ou les criminels, quels qu’ils soient, petits ou grands, en cravate ou à col blanc, prendront la même destination. Et le gouvernement montrera à l’opinion cette volonté du chef de l’Etat de lutter efficacement contre toute impunité, et la restauration de la discipline à travers notre population.

A propos des avocats qui soutiennent que le ministre de la Justice a refusé le droit d’appel à leurs clients. M. Luzolo Bambi a dit que c’est dommage. Le ministre de la Justice n’est pas au-dessus de la loi. Personne n’est au-dessus de la loi. Pensez-vous que de tous ces avocats que vous voyez défendre les gens, un seul allait permettre à son client d’aller en prison sans que la décision soit rendue exécutoire ? Et lui d’insister : « Présentez-moi un seul. Il y a aujourd’hui beaucoup de « Kuluna » condamnés, comme ceux de Barumbu, qui ne sont pas encore partis. C’est parce que la décision d’appel des « Kuluna » de Barumbu dépend de la Cour d’appel de la Gombe qui ne s’est pas encore prononcée. Alors que pour les autres, la décision a été examinée par la Cour d’appel de Matete. Nous ne pouvons pas transférer un prévenu de Kinshasa ailleurs sans que sa décision de condamnation soit devenue exécutoire ».

Réagissant aux rumeurs selon lesquelles des personnes condamnées pour d’autres faits seraient incorporées irrégulièrement dans la liste des « Kuluna » qui sont partis avec leurs fiches et leurs feuilles de route, le ministre Luzolo a déclaré que c’est à leurs avocats ou à quiconque de le dénoncer, et le ministère de la Justice agira.

Source : le Potentiel/Kinshasa