L’on observe une certaine fébrilité dans l’environnement politique. Attitude expectative au PPRD dans la perspective d’un éventuel bouleversement. Silence mêlé d’inquiétude au MLC avec le renvoi en procès du sénateur Jean-Pierre Bemba, président national de cette formation politique. Agitation au RCD avec ce « coup de force » échoué. Confusion à l’UDPS. Nouvel enregistrement d’un deuxième parti PALU. Autant d’événements qui se précipitent avec un parfum d’odeur de prochaines échéances électorales. Comme si c’était déjà la veillée d’armes au sein des partis politiques.

Il n’y aura pas de « vacances politiques » par ces temps qui courent. Bien au contraire, l’on observe un mouvement fébrile dans des états-majors des Partis politiques. Il ne se passe plus un seul jour sans que l’on enregistre un nouveau son de cloche.

Au niveau du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, PPRD, il y a ce calme qui précède toujours les grands bouleversements. Il est vrai qu’avec les événements qui se sont produits au sein de la majorité présidentielle, un mouvement de réajustement au sein de l’AMP est très attendu. Surtout au niveau de son parti étendard, le PPRD.

En effet, avec l’élection du Professeur Evariste Boshab à la présidence du Bureau de l’Assemblée nationale, il est appelé à démissionner de son poste de secrétaire général du PPRD conformément aux dispositions constitutionnelles. Or, la nomination d’un nouveau secrétaire général du PPRD interviendra à un moment crucial de la vie nationale. C’est-à-dire à mi-chemin de l’actuel mandat législatif et en prévision de prochaines élections. Les plus proches sont celles locales qui constituent un véritable test pour la campagne 2011. C’est dire que la personne qui occupera ce poste doit être à même de porter la casquette de « Directeur politique » du PPRD.

Comment va-t-on s’y prendre dès lors que le PPRD est jusqu’ici avalé par l’AMP ? Le choix à opérer devra nécessairement répondre en priorité à cette interrogation, car la démarche doit avant tout quitter l’hémicycle pour ne pas s’enfermer dans certaines vieilles réalités politiques.

Au niveau du MLC, il faut désormais faire avec l’absence du sénateur Jean-Pierre Bemba, président national de ce parti. Détenu à la Cour pénale internationale, le sénateur Jean-Pierre Bemba vient d’être envoyé au procès. Il attend la constitution de la chambre avant d’être déféré devant la barre. A l’allure où vont les choses à la CPI, rien n’indique qu’il pourra recouvrer la liberté avant 2011.

Cette situation doit être habilement gérée par ses collaborateurs au risque de connaître des lendemains déchanteurs. Notamment, le départ de certains opportunistes. Une éventualité à ne pas exclure dans la mesure où le MLC se présente, jusqu’à preuve du contraire, comme ce parti de l’alternance du pouvoir. Pas étonnant qu’il soit la cible, non pas seulement de la majorité présidentielle qui s’emploiera à conserver le pouvoir, ce qui est de bonne guerre, mais des ambitions politiques des autres formations qui tiennent à s’affirmer. Fait qui sera vérifié dans les prochaines semaines avec la désignation du futur « chef de file de l’Opposition ».

Situation de crise au niveau du Rassemblement congolais pour la démocratie, RCD. La tempête a soufflé en direction de cette formation politique avec ce coup de force tenté par les « 15 » du Collège des fondateurs. Ils ont destitué le président national, Me Azarias Ruberwa, mais lequel a réussi tout de même à se maintenir, en ayant l’appui des « 18 » autres membres du Comité directeur. La tempête n’est pas encore passée pour autant que la scission est possible. Que cette crise intervienne à un an pratiquement de prochaines élections, il s’agit là d’un fait inhérent à toute formation politique, au regard des humeurs des acteurs politiques.

Quant à l’UDPS, la confusion est totale. Ce parti est devenu un monstre à plusieurs têtes et l’on se demande si le lider maximo, Etienne Tshisekedi réussira le rappel des troupes. Nombreux sont ceux qui n’y croient plus tant son étoile ne brille plus avec le même éclat. Certains de ses sympathisants et de ses adversaires le conjuguent déjà au passé.

Par ailleurs, eu égard à la longue traversée du désert, plusieurs de ses collaborateurs ne tiennent plus au « boycott » des élections. D’où cette « dispute de famille » pour porter le « fanion UDPS » et ne pas être absent de futures institutions de la République.

Enfin, l’unité du PALU est en train de se briser. Du moins si l’on s’en tient aux dernières informations portant enregistrement d’un deuxième PALU créé à l’initiative du patriarche Gizenga. Dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur, il est question de la création d’un nouveau parti politique, PALU. Cette lettre suscite des remous et de nombreux commentaires susceptibles de porter un coup dur à la cohésion de cette formation.

Cette situation serait consécutive à la frustration qui a vu le jour après les élections. Plus précisément lors de la formation du gouvernement Gizenga et à la restructuration du parti. De nombreux combattants ne se sont plus retrouvés. Ou n’ont pas été récompensés. Seul un noyau bénéficie des privilèges du pouvoir. Bien plus, de nombreux opportunistes ont été affectés dans de différents services tant au niveau du gouvernement que des entreprises publiques alors qu’ils étaient invisibles lors de la traversée du désert. Le moment est venu de tirer les leçons de cette « ingratitude ».

TRANSHUMANCE POLITIQUE

Toute cette agitation est le signe avant-coureur de la transhumance politique en prévision de prochaines élections. Elle sera marquée par des mouvements incessants au niveau des formations politiques. Indice sérieux : la création de ces nouveaux partis politiques : PECO (Partis des écologistes congolais), MR, (Mouvement pour le renouveau), pour ne citer que ces deux derniers-nés.

L’on assistera dans les prochains jours à la réaffirmation d’autres qui feront tout pour reprendre ou confirmer leur identité propre. Ces mouvements seront appuyés par les départs et arrivées des acteurs politiques dans un camp comme dans un autre, compte tenu des ambitions politiques des uns et des autres. Nombreux, pour des raisons d’exercice de pouvoir, essaieront de se positionner.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le prochain paysage politique sera différent de celui mis en place après les élections de 2006. Des alliances vont se faire et se défaire. Les temps sont comptés. Concrètement, il ne reste plus que 12 mois avant d’entrer de plain-pied en campagne électorale. C’est déjà la veillée des armes.

Source : le Potentiel/Kinshasa