chantierLa RDC et la République du Congo ont signé mercredi à Kinshasa, en marge de l’ouverture de la conférence de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale), un protocole d’entente pour matérialiser le projet de construction d’un pont route-rails entre les deux rives du fleuve Congo. Un projet qui n’est cependant pas du goût de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo

Du rêve à la réalité, le pont route-rails sera, donc, bel et bien construit entre Kinshasa et Brazzaville. Olivier Kamitatu, ministre congolais du Plan et Justin Baly Megot, ministre à la présidence du Congo Brazzaville chargé de l’intégration régionale et NEPAD, ont signé le protocole d’entente de ce projet. Pour ces deux hommes d’Etat, un pas historique vient d’être franchi qui permettra de faciliter la circulation des personnes et des biens entre les deux pays.

Olivier Kamitatu explique l’importance du projet : « La RDC est une puissance économique qui se redéploie. Il ne faut pas avoir peur de notre poids politique et de notre poids économique. Mais, nous avons besoin de différentes portes avec nos 9 voisins. Une des portes sera précisément le pont route-rails entre Kinshasa et Brazzaville. On n’a pas voulu simplement faire ce pont. Nous avons décidé que nous ferions le chemin de fer, avec l’appui de la Banque africaine de développement, avec l’appui de la CEEAC, entre Kinshasa et Ilebo. Puisque déjà Ilebo est connecté à Lubumbashi, et Lubumbashi est connecté à l’Afrique australe. Nous aurons une voie souveraine pour nos matières premières qui viennent du Katanga et du Kasaï vers Kinshasa. Nous aurons également une voie qui ira de Kinshasa vers le Congo Brazzaville, vers le Cameroun, vers l’Afrique de l’Ouest. Donc, nous allons connecter l’Afrique. C’est un projet extrêmement ambitieux. Il fallait aujourd’hui franchir le pas. »

Un projet plutôt mal accueilli au Bas-Congo

Du coté de l’Assemblée provinciale du Bas Congo, ce projet n’est pas bien accueilli. Pour son président François Kimasi, le développement de cette province n’est pas pris en compte, parce que, d’après lui, un pont entre Kinshasa et Brazzaville entraînera la perte de certaines ressources issues de la nationale numéro un entre Matadi et Banana.

« Pour le Bas-Congo, et que les ressources nationales doivent transiter par Brazzaville, et couper la route nationale qu’est Matadi et Banana, la République Démocratique du Congo perd en sécurité et en garantie », a expliqué à son tour François Kimasi. Et de poursuivre : « Les Congolais, peut-être, ne connaissent pas ça, nous qui connaissons l’affaire, c’est depuis longtemps que ç’a commencé. Même le maréchal a laissé ça, il s’est toujours opposé à cela. Je ne sais pas comment tout à coup les autorités accèdent à ça. Et les autorités du Congo ont peur de dire la vérité au peuple congolais. Mais, je le dis : c’est une perte, c’est une faiblesse et la République Démocratique du Congo le paiera très cher. »

Source  : Okapi/Kinshasa