Kabila_drapeauMes très chers compatriotes, Le 30 juin 2009, jour anniversaire de notre indépendance, est célébrée cette année à Goma. Hier victime, Goma est aujourd’hui porteuse d’une nouvelle espérance pour la République Démocratique du Congo, presque cinquantenaire. Des avancés, il y en a eu en 49 ans, mais également des ratés, des retours en arrière, comme ce fut le cas des tristes événements des pillages et destructions, des agressions extérieures, des atrocités de tous genres, dont notamment des violences sexuelles sur nos mères, nos femmes, nos sœurs et nos enfants. Je ne saurais passer sous silence les pillages de nos ressources naturelles, les trahisons et tant d’autres soubresauts. Au prix de nombreux sacrifices, le pays a été réunifié, nous sommes entrés en démocratie et, en dépit de quelques turbulences enregistrées ça et là, la paix se consolide, l’économie formelle se relance ; l’espoir s’inscrit de nouveau à l’ordre du jour. Toute cette situation qui a plongé notre pays dans le chaos, loin d’être oubliée, doit plutôt nous servir de leçon et nous pousser à nous remettre profondément en cause, pour corriger les erreurs du passé et prendre le plus bel élan. Voilà pourquoi : Sur le plan sécuritaire, nous nous sommes engagés fermement à éradiquer les poches résiduelles d’insécurité dans certains territoires de la Province Orientale, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Des efforts seront intensifiés dans ce sens en vue de déboucher sur la sécurisation totale de nos populations ainsi que la cessation immédiate de violences de toutes formes et plus particulièrement les viols et tous autres actes infâmes contre la femme, la jeune fille et l’enfant. Un programme de stabilisation et de reconstruction des zones sortant des conflits armés sera incessamment en place. De même, je voudrais rassurer les victimes de la catastrophe humanitaire provoquée par les agressions extérieures, les conflits internes et les atrocité de tous genres de mon engagement à poursuivre les efforts déjà entrepris, et de la solidarité des Congolais à éradiquer les causes de ce drame, en vue de la consolidation de la paix. A cet effet, je rends hommage à nos forces armées, de police et de sécurité pour le travail abattu sur le terrain des opérations, dans un environnement extrêmement difficile, souvent au sacrifice de leurs vies. C’est ici, pour moi, le lieu de demander à tout notre peuple de leur apporter le soutien dont ils ont besoin en ce moment. Les cas isolés de dérapage et d’indiscipline relevés ça et là ne doivent pas être attribués à toute l’armée. C’est pourquoi les coupables ont été traduits devant les juridictions compétentes. Il en sera toujours ainsi. Au plan social et économique, la crise multiforme qui frappe notre pays de plain fouet procède notamment de la conjoncture internationale qui n’épargne aucun pays du monde. Mais elle ne saurait arrêter notre détermination d’aller de l’avant dans la mise en œuvre de notre programme de développement. C’est pourquoi, à l’issue de la Conférence des gouverneurs de province qui vient de se tenir à Kisangani les 24 et 25 juin courant, j’ai instruit les chefs des Exécutifs provinciaux à remettre nos populations au travail productif de la terre, avec comme objectif à court terme, la mécanisation de l’agriculture et à moyen terme, l’autosuffisance alimentaire ainsi que la transformation de nos produits agricoles en vue de leur exportation. C’est d’ailleurs sous ces auspices que s’ouvre demain et pour la toute première fois, ici à Goma, la foire agricole. Au plan de développement, je vous ai proposé un ambitieux programme de reconstruction nationale appelé les cinq chantiers pour changer le pays. Le Congo d’aujourd’hui ressemble donc à un vaste chantier que nous avons entrepris ensemble depuis décembre 2006. Ce programme qui prend de plus en plus corps, nous conduira certainement vers un réel développement endogène et intégral. Plusieurs projets ont déjà démarré et sont en cours d’exécution. Notre peuple, plutôt que d’assister en spectateur ou en détracteur, doit s’en approprier en y apportant son concours. Cependant, si on n’y prend garde, les antivaleurs qui s’enracinent au sein de la société congolaise à savoir : l’indiscipline, l’intolérance, la concussion, la gabegie financière ainsi que la corruption risquent de mettre en péril ce projet ambitieux. Mes très chers compatriotes, J’ai, dans ce sens, depuis le 06 décembre 2007, dénoncé à maintes reprises, la qualité préoccupante de la distribution de la justice dans notre pays. Perçue à juste titre par le législateur comme garante de la paix civile et facteur indispensable à la stabilité politique ainsi qu’au développement économique et social, aujourd’hui, la justice est elle-même au banc des accusés. Abusant de l’indépendance liée pourtant à la délicatesse et à la noblesse de sa charge, le magistrat se rend lui aussi coupable de vol, de concussion, de corruption et voire même des infractions de droit commun, avec une facilité déconcertante. Quant à moi, garant constitutionnel du bon fonctionnement des institutions, je suis déterminé à mettre fin à cet état de chose, avec le concours des instances attitrées. Dans cette perspective, j’entends tirer incessamment toutes les conséquences des conclusions des travaux de la deuxième session extraordinaire du Conseil supérieur de la magistrature tenus à Kinshasa du 11 au 23 juin courant. Il est temps que les opérateurs judiciaires choisissent leur camp ; celui de servir ou de martyriser davantage un peuple meurtri et éprouvé par plusieurs années de conflits et de violences. Je ne doute pas du reste, de tout le soutien que la population tout entière apporte à ces mesures qui, dans le plus bref délai, contribueront, à coup sûr, à garantir la justice et la sécurité judiciaire pour tous. Mes très chers compatriotes, L’année prochaine, notre pays va célébrer le cinquantenaire de son indépendance. Cette année jubilaire constitue un moment propice à la consolidation de notre vision commune de la République et de son avenir. C’est dans cette perspective que le Commissariat général du cinquantenaire vient d’être mis en place avec pour mission principale de concevoir et de coordonner les activités commémoratives du 50ème anniversaire de notre indépendance. Ce commissariat est chargé également de reconstituer la mémoire collective du peuple congolais. Comme on peut bien le constater, il s’agit là d’un cadre propice de réflexion offert à tous les Congolais en vue de leur permettre de donner des contributions substantielles à l’édification de la République Démocratique du Congo des cinquante prochaines années. Mes très chers compatriotes, Il y a lieu de noter en définitive que tous les pays du monde sont confrontés, à divers degrés, aux problèmes liés à la sécurité et au développement, qui demeurent des défis permanents. Pour ma part, j’estime que nous sommes sur la bonne la bonne voie. Ne nous décourageons pas, soyons plutôt prêts à assumer chacun sa part de responsabilité, du reste incompréhensible au regard des potentialités immenses dont il est doté. J’exhorte donc chacun de vous, hommes, femmes, gouvernants, élites de tous les secteurs d’activités, intellectuels, cadres ecclésiastiques de toutes les confessions religieuses, ouvriers, paysans, étudiants, jeunes et vieux, à un réarmement moral et patriotique en vue d’assurer des lendemains meilleurs à tout notre peuple et de léguer un pays plus beau qu’avant à nos enfants. Bonne fête de l’indépendance. Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo, Je vous remercie.