Bemba_CPILe Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo a été finalement autorisé par la CPI à se rendre à Bruxelles pour faire ses adieux à son père. Il prendra part à la messe de requiem qui aura lieu dans la Capitale belge à 13h00 GMT. A travers cette permission, estiment des observateurs, la CPI veut se donner un visage humain en cette période difficile où les Chefs d’Etats Africains réunis à Syrte, en Libye, ont décidé de suspendre leur coopération suite au mandat émis contre le Président Omar El-Béchir du Soudan. Pour la suite du programme, la dépouille mortelle de Jeannot Bemba arrive ce jeudi à 7 heures à Kinshasa par l’aéroport international de N’djili. Après les hommages dans la Capitale, le corps de l’ancien patron des patrons prendra la direction de Gemena, le vendredi en début d’après-midi. C’est probablement samedi qu’il sera conduit à sa dernière dans cette ville qu’il avait tant prisée, à l’Equateur, pour ses activités champêtres et commerciales. Le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo a été finalement autorisé par la Cour Pénale Internationale à se rendre à Bruxelles pour faire ses adieux à son père, Jeannot Bemba, décédé dans la nuit de mercredi à jeudi dernier à Saint Jean, un Hôpital de grande renommée de la Capitale belge suite à une embolie pulmonaire. A en croire l’un des ses Avocats, Me Pierre Legros joint par AFP, ‘‘une permission de sortie lui a été accordée par la Cour’’. Et d’ajouter que‘‘Jean-Pierre Bemba participera à une célébration religieuse en mémoire de son père ce mercredi à 13h00 à Bruxelles’’. Ce déplacement du Chairman du Mouvement de Libération, tragiquement affecté, se fera pendant quelques heures seulement sous forte escorte sécuritaire. Juste après la messe de requiem à Bruxelles, le prévenu Bemba Jean-Pierre va retrouver sa cellule à la Haye, en attendant la décision de la Cour sur la demande de liberté provisoire introduite par ses avocats, après avis des pays censés l’accueillir, notamment la France, la Belgique, le Portugal et le Pays-Bas. Ce qui est regrettable, c’est que ‘‘Igwe’’ n’a pas eu la chance d’entendre les dernières volontés de son Géniteur qui a suivi, jusqu’à sa mort, toutes les étapes de l’Affaire l’opposant à Ocampo. Des dures réalités de la vie. Une action de charme de la CPI ? Des analystes pensent qu’à travers cette permission, la CPI veut se donner un visage humain. Surtout en ce moment particulier où elle fait face à des critiques assez acerbes de la part des dirigeants africains. En effet, lors du dernier Sommet de l’Union Africaine tenu à Syrte, en Libye, sur proposition du Guide de la Jamayra Libyenne, Mouammar Kadhafi, les Chefs d’Etat du continent noir, à travers une résolution adoptée à la quasi-unanimité, ont décidé de suspendre leur coopération avec la Cour Pénale Internationale en raison de l’inculpation par celle-ci de leur homologue soudanais, Omar El-Béchir pour crime contre l’humanité. C’est vraisemblablement à cause de cette décision qui met en balance la crédibilité de la CPI que la Vice-Présidente de cette Cour entame une tournée d’explication en Afrique dans les jours qui suivent. En RDC où la silhouette du Procureur Moreno Ocampo est signalée à Bunia, les violons sont loin de s’accorder entre le Gouvernement de Kinshasa et la CPI. Le premier, pour sauvegarder la paix, n’est pas disposé à livrer Bosco Ntangada, ancien lieutenant de Thomas Lubanga, actuellement chef d’état-major du CNDP dont un mandat a été lancé contre lui pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Ituri. Dans un monde bipolarisé où d’un côté, le fort tue, massacre et pille en toute impunité et le faible, qui est jugé et condamné pour des faits passables ailleurs, la tâche sera ardue pour Luis Moreno Ocampo et sa Cour qui, il convient de souligner, fait ses premiers pas et a grandement besoin des cas de jurisprudence. Mais où les avoir ? Seulement en Afrique ?

Source : la Prosperité/Kinshasa