forces_armees_congolaisesL’Est de la RDC demeure dans une situation sécuritaire que le secrétaire général de l’ONU qualifie « des plus volatiles », dans son rapport du 30 juin 2009 adressé au Conseil de sécurité où il stigmatise « des actes de violence sexuelle perpétrés dans certains cas par des forces de sécurité gouvernementales ». « La Monuc suivra de près le comportement des unités des FARDC et cessera tout soutien aux opérations de celles d’entre elles qui ne respecteraient pas les droits de l’home et violeraient le droit international humanitaire », menace Ban Ki-moon.

Dans son rapport du 30 juin 2009 sur la Monuc, après celui du 27 mars dernier, le secrétaire général des Nations unies s’inquiète de la situation sécuritaire « des plus volatiles » qui prévaut dans l’Est de la RDC et des « incidences négatives » qu’elle a sur les opérations militaires en cours.

« Je suis très préoccupé par la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo, car elle demeure des plus volatiles », déclare Ban Ki-moon. Il « pense en particulier à la capacité et au comportement des unités des FARDC récemment intégrées dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ».

Il note que « de nombreux membres de ces unités attendent toujours d’être payés, sont peu formés et mal équipés, le commandement et le contrôle des unités FARDC laissent également à désirer ».

« Cette situation, outre les incidences négatives qu’elle a sur les opérations militaires, entraîne une augmentation des désertions, des mutineries et une multiplication des abus dont ont à souffrir les populations que ces forces sont censées protégées », déplore-t-il.

Comme pour répondre à ces propos, le ministre de la Communication et Médias, Mende Omalanga, a réfuté ces accusations les qualifiant de « mensonges », dans une déclaration à Télé 7. Il a reconnu, certes, que les militaires sont « peu payés », mais ils le sont et les efforts sont fournis pour qu’ils le soient régulièrement. Dans le même ordre d’idées, le chef d’Etat major général des FARDC, sur ordre de la haute hiérarchie, a appelé tous les militaires, quel que soit son grade, à la discipline faute de quoi ils répondront de la rigueur de la loi.

SOUTIEN INTERNATIONAL CONDITIONNE

Selon le secrétaire général de l’ONU, « le lancement des opérations Kimia II et Rudia II montre que le gouvernement de la République démocratique du Congo est décidé à régler la question de la présence des groupes armés étrangers dans l’Est du pays, présence qui est une des principales sources de conflit et de tension dans la région des Grands Lacs. L’opération Kimia II a commencé dans le Sud-Kivu, où la plupart des éléments FDLR sont là depuis plus de 10 ans ».

Ban Ki-moon pense qu’«il est indispensable que le gouvernement accorde à la capacité et au comportement des unités des FARDC récemment intégrés toute l’attention qu’ils exigent, notamment en veillant à ce que tous les membres des FARDC touchent leur solde ponctuellement, à ce que des casernes soient construites, à ce que la police et la justice militaires soient renforcées et à ce qu’une formation appropriée soit dispensée ».

Outre qu’il est « invité fermement à examiner avec la MONUC ces questions essentielles », le gouvernement doit lui « exposer les étapes concrètes d’une meilleure intégration des FARDC » afin de bénéficier du « soutien international immédiat, notamment dans le domaine de la formation et de l’équipement ». Il doit mettre au point « de véritables mécanismes d’agrément et lancer des initiatives en vue de la démobilisation et de la réinsertion dans les communautés ».

Cependant, menace Ban ki-moon, « la Monuc suivra de près le comportement des unités des FARDC et cessera tout soutien aux opérations de celles d’entre elles qui ne respecteraient pas les droits de l’home et violeraient le droit international humanitaire ». Il soutient que « la création de forces de sécurité professionnelles congolaises qui soient efficaces, crédibles, bien entretenues et bien équipées offrirait la garantie d’une stabilité sur le long terme et ne manquerait pas de faciliter le retrait définitif de la Monuc », dont le mandat arrive à terme le 31 décembre 2009.

Il « presse aussi le gouvernement et ses partenaires à se mettre d’accord sur les mesures de coordination qui s’imposent dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité, notamment en ce qui concerne la conception et l’application d’une stratégie globale pour la réforme du secteur de la sécurité sous la direction du gouvernement ».

En effet, relève-t-il, « les opérations militaires contre les groupes armés étrangers et les groupes armés congolais restants se sont poursuivis mais le ciblage des civils par ces groupes a contribué à de nouveaux déplacements des de population et à des violations des droits de l’homme, notamment à des actes de violence sexuelle perpétrés dans certains cas par des forces de sécurité gouvernementales ».

DOUTES A KINSHASA

A ce propos, le président Joseph Kabila a, dans son message à la nation du 29 juin 2009, admis des « cas isolés de dérapage et d’indiscipline relevés ça et là (qui) ne doivent pas être attribués à toute l’armée ». Il a signalé que « les coupables ont été traduits devant les juridictions compétentes » et promettant qu’« il en sera toujours ainsi ».

Il s’est même « engagé fermement à éradiquer les poches résiduelles d’insécurité dans certains territoires de la province Orientale, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ». Promettant, dans la foulée, que « des efforts seront intensifiés dans ce sens en vue de déboucher sur la sécurisation totale de nos populations ainsi que la cessation immédiate de violences de toutes formes et plus particulièrement les viols et tous les autres actes infâmes et innommables contre la femme, le jeune fille et l’enfant ».

Mais, toutes ces bonnes intentions suffisent-elles pour rassurer les populations longtemps meurtries de la partie orientale du pays quand on sait que les « instances attitrées » tardent à apporter leur « concours » au chef de l’Etat décidé à éradiquer « les anti-valeurs (qui) s’enracinent dans la société congolaise » ?

Les parlementaires membres de l’opposition politique pensent que le gouvernement n’accorde « pas l’attention voulue à la situation sécuritaire préoccupante dans la province Orientale comme dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ». Dans leur communiqué du 3 juillet 2009, ils « se refusent de croire que le gouvernement de la République soit dépourvu de moyens de neutraliser les bandes armées de la LRA et des FDLR ».

Par conséquent, ils « exigent du gouvernement une solution rapide et durable au problème de sécurité dans le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ».

Source : le Potentiel/Kinshasa