snelLa prévision n’est pas le fort des dirigeants congolais». Une panne à la sous-station de Liminga renforce cette thèse. Les habitants de la partie orientale de la capitale paient le prix fort. Même une partie de la Gombe est également victime de cette situation prévisible. Le manque à gagner est énorme. Le préjudice pour les rares unités de productions opérationnelles est difficilement quantifiable.

Le contraire aurait étonné dans la mesure où, le transformateur de la Liminga n’est pas à sa première panne. Elle est à la limite de ses capacités pour avoir tout donné. Les réparations, mieux les plâtrages effectués par une firme basée à Limeté n’allongent que d’une coudée la vie de ces transformateurs des stations de Liminga ou de Funa. A deux occasions, près d’un demi-million de dollars américains ont été engloutis comme dans un tonneau des danaïdes. Serait-ce fait à dessein ? Rien n’est moins sûr. Ceci explique-t-il l’absence de transformateur de réserve ? «Sans aucun doute», répondent en chœur les observateurs avisés. Un expert de l’opérateur public est catégorique «tant que la gestion de la Snel ne sera pas améliorée, des recettes conséquentes ne seront pas réalisées, des pannes resteront inévitables faute de fonds». Un cercle vicieux !

Le cycle qui se referme n’interpelle aucun responsable congolais. Personne ne se montre en mesure de mettre un terme à cette descente aux enfers de la poule aux œufs d’or ainsi que l’avait démontré dans une étude, l’Ingénieur Lushima, cadre de direction à la Snel. Pour cet expert, la problématique du recouvrement des recettes de la Snel est la clé aux multiples problèmes de l’opérateur public. «Tout repose sur les stratégies de recouvrement des recettes» a-t-il rappelé.

Un transformateur neuf du même type que celui de Liminga en panne revient à près de 800.000 Usd. La durée de dix mois est le temps incompressible entre la passation de la commande et la livraison. Pour ce type de projection, les observateurs considèrent que les gestionnaires actuels de la Snel ne peuvent se risquer, étant préoccupés par autre chose notamment leur positionnement politique et la satisfaction des appétits insatiables des parrains.

Difficile, pour les usagers, de s’accommoder des gestionnaires habitués à des exhibitions politiciennes qu’à des actions en profondeur au bénéfice du «chantier électricité». Peut-on encore compter les promesses non tenues des gestionnaires de la Snel ? Il apparaît clairement que ceux qui devraient tirer les conclusions de la gestion actuelle de l’opérateur public de l’électricité trouvent leur compte dans cet état des choses.

40 CABINES PENALISEES

Le préjudice causé par l’arrêt actuel du transformateur de Liminga n’est pas à démontrer. Plus d’une quarantaine de cabines desservant des quartiers et communes entières de la capitale congolaise broient du noir. La Snel négocie actuellement sa transformation comme société commerciale, en même temps qu’elle expérimente le système de commercialisation en prépaiement dans quelques quartiers de Kinshasa et de Lubumbashi. Le prépaiement exige l’existence en amont, des capacités de distribution appropriées. Procéder autrement, c’est verser de la poudre aux yeux des Congolais, dans un secteur où il aurait dû tirer le meilleur profit de son existence. Comme si cela ne suffisait pas, des échos en provenance d’Inga, il y a des fortes raisons de s’inquiéter. Affaire à suivre !

Source : le Potentiel/Kinshasa