franc_congolais_billetSi la révocation en masse des magistrats est à prendre pour une sorte d’opération «manu pu-lite» (entendez opération mains propres en italien), c’est que Joseph Kabila n’a encore rien fait.
Il lui reste à nettoyer la pieuvre de ces hommes d’affaires nationaux ou étrangers qui s’enrichissent sur le dos de l’Etat avec la complicité des membres de l’entourage présidentiel et des membres du gouvernement. A commencer par la SOFI-COM –Société des fnances, transfert et de commerce. L’entreprise d’Abdallah Wa-zni est passée maître dans la fraude fscale. Les rédactions de «CONGONEWS» l’on découvert au bout d’une enquête menée pendant tout un mois. Il ne s’agit pas d’une simple allégation mais d’une ferme conviction que le journal s’est bâti sur base des documents authentique de la DGI – Direction générale des impôts. La fraude porte sur l’impôt professionnel sur les rémunérations et sur l’impôt exceptionnel sur les revenus en ce qui concerne les employés expatriés de la société. Selon les statistiques du service contrôle fscal de la DGM –Direction générale de migration- transmises à la DGI (fac similé page 4), la SOFICOM emploie 61 expatriés au total. Ces statistiques sont récentes. Elles datent du 15 mai dernier. Elles contredisent totalement les déclarations de la SOFICOM à la DGI (fac similé page 3) qui parlent de 26 expatriés employés par la société. L’impasse est de 31 expates qui travaillent au noir, avec des gros salaires sur lesquels rien n’est reversé à l’Etat. Et cela depuis trois ans.

Une simulation des services spécialisés de la DGI permet de comprendre ce que cela représente en chiffres en termes de manque à gagner causé à l’Etat. Prenons que le salaire moyen d’un expatrié chez SOFICOM est fxé à 3.000 dollars. L’IPR et l’IER représentent 55 pc à prélever sur ce montant. Ce qui donne une imposition de 1.650 dollars sur chaque salaire mensuel. A multiplier par les 31 employés expatriés «clandestins », on arrive à 51.150 dollars pour le mois. Pour les trois ans, soit les 36 mois, cela équivaut à 1.841.400 dollars d’évasion fscale. Il faudra y ajouter les pénalités qui se calculent à raison de 10 pc par mois de retard et faites le décompte. «Sous d’autres cieux, pour peu que cela on fait la prison. Surtout qu’il s’agit d’une fraude établie et cela depuis plusieurs années», se plaint un haut cadre de la DGI. Si des informations de fraude fscale sur les autres impôts à la SOFICOM venaient à se confrmer, l’évasion pourrait se chiffrer à des dizaines de millions de dollars. La DGI a lancé une mise en demeure à la SOFICOM, depuis quelques jours, sans que cela ne produise aucun effet. Le patron se recroqueville derrière ses parrains et n’a rien à cirer avec les «petits» agents du fsc. Son personnel a reçu instruction de ne répondre à personne. «CONGONEWS» en a fait l’amère expérience. Toutes ses tentatives d’obtenir une explication de la société sont demeurées vaines. La seule fois que le tabloïd s’est trouvé en face d’un interlocuteur, il s’est agi d’un certain Nestor qui est en fait un Congolais de service. Un homme à tout faire quoi.

Quand il est question de fltrer, d’éviter qu’un regard curieux ne remonte jusqu’au cœur de la maffa, c’est Nestor qui passe en avant-plan. Plutôt que de se sentir diminué, Nestor se pavane, fer de servir de bouclier au Capo comme dans la maffa sicilienne. Il ne dira pas un mot à l’équipe de «CONGONEWS» sauf s’exclamer: «Ah, SOFICOM, la vache à lait». Un aveu. Il reconnaît donc que la société se fait racketer chaque jour. Une rançon à payer pour une entreprise malfamée et citée souvent dans des affaires floues. Dans l’affaire des fonds de l’Assemblée nationale recyclés par Modese Ba-hati Lukwebo, c’est SOFICOM qui a servi d’intermédiaire pour une opération de change sur plus de 600.000 dollars. Et dire que c’est par cette société fnancière que le gouvernement fait transiter des millions de dollars destinés à la bourse des étudiants. Pire encore, le gouverneur de la Banque centrale, Jean-Claude Masangu Mulongo a même octroyé à Abdallah l’autorisation de monter une banque commerciale dénommée Sofibanque. Pour qui connaît le passé d’Abdallah et de tous les autres Wa-zni, il n’y a rien d’étonnant. L’homme fgure sur la liste noire dressée par l’ancien Premier ministre Léon Kengo wa Dondo en 1995. «CON-GONEWS» enquêtait encore sur des fonds que la Banque centrale lui a alloués pour des opérations d’achat de devises entre le 15 août 2001 et le 31 juillet 2003 (article dans le prochain numéro). Au total des milliards de francs congolais encore un peu plus lourd à l’époque. Sur cette affaire de fraude fscale, Solidaire banque est également mise en cause via sa fliale Congodiam.