la date du 24 juillet 2009 était attendu à la Cour pénale internationale, à La Haye, en Hollande, l’avis de la Belgique, de la France, de la Hollande et du Portugal en rapport avec une ordonnance du 24 juin dernier de la juge Trenda Cilova demandant à ces pays de se prononcer sur l’accueil sur leurs territoires du prévenu Jean-Pierre Bemba. Comme à l’unisson, les gouvernements belge, français, hollandais et portugais y ont opposé leur refus. Ces réactions négatives à la chaîne démontrent l’ampleur de cette affaire et l’embarras de ces pays occidentaux à donner des garanties sur la mise sous surveillance judiciaire de Bemba. Ceux de nos confrères qui avaient avancé à la légère les noms des pays d’accueil qui auraient donné leur accord que ce soit le Portugal ou l’Afrique du Sud sont, dès lors, tombés dans le panneau. Y sont aussi concernés les fanatiques qui croient sans modestie que, dans cette affaire, c’est la passion qui prime et non la raison.       

Bruxelles, Paris, Amsterdam et Lisbonne ayant décliné l’offre d’accueil, la défense du prévenu doit sans doute s’en préoccuper en attendant que l’Allemagne, l’Italie et l’Afrique du Sud puissent se prononcer dans le délai de la communication de l’avis du 7 août prochain. Au stade actuel, il est hasardeux de tabler avec exactitude sur les futures réactions de ces trois pays. De toute évidence, il est plausible que Rome et Bonn soient solidaires de l’avis de Bruxelles, de Paris, d’Amsterdam et de Lisbonne étant donné leur appartenance commune à l’Union européenne.

 

 

 

 

 

Or, tant en matière de justice que de sécurité, l’un n’évolue guère sans l’autre quand bien même qu’il s’agisse d’un avis requérant la souveraineté d’un quelconque Etat membre de l’Ue. Dans le cas d’espèce, il est sûr que les différents pays se sont consultés. Au cas où ces deux pays européens refusaient, elles aussi, d’accorder leur hospitalité à JP Bemba, le numéro un du Mlc sera obligé de continuer à croupir dans les geôles de La Haye à moins bien sûr que l’Afrique du Sud l’accepte. Il se fait cependant que ce dernier pays a moins de chance de donner toutes les garanties à l’accueil de Bemba d’autant plus qu’il fait partie de l’Union africaine qui, lors de son dernier sommet tenu en Lybie, a unanimement désapprouvé la politique menée par la Cpi qui, dans la majorité, n’arrête que les personnalités africaines dont le soutien accordé au président soudanais figurant dans son collimateur. C’est là où l’équation se complique.

 

Pour la défense, sa démarche tourne autour de la mise en liberté provisoire de Bemba puisque, selon elle, le risque de fuite n’a jamais existé tandis que les charges contre lui ont changé. Pour le procureur Luis Moreno Ocampo, le prévenu devrait rester en détention. Le refus de la Belgique, de la France, de la Hollande et du Portugal ne présage guère des lendemains meilleurs pour Bemba à moins que les circonstances redeviennent favorables à son égard. Toutefois quelle que soit la réponse de ces pays, il appartiendra à la seule CPI de décider si elle accepte le principe d’une mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba. Et la décision à ce sujet est attendue pour le 14 août prochain.

 

 

 

Les raisons du refus

 

Selon les sources rapportées par Radio France Internationale, l’Etat belge a justifié son refus en expliquant qu’il faudrait un dispositif trop coûteux pour assurer de bonnes conditions de sécurité. Et le dernier passage de Jean-Pierre Bemba à Bruxelles pour s’incliner sur la mémoire de son père décédé, ne présage nullement rien de bon pour sa sécurité à la suite du désordre que quelques-uns de ses fanatiques avaient provoqué à sa sortie de l’église.

 

La Belgique en déduit qu’il sera peut-être compliqué de garantir que tout se passe bien si Jean-Pierre Bemba réside provisoirement sur son territoire. Paris considère, lui, que l’ex-chef rebelle n’avait pas d’attache ou de lien particulier avec la France. Lisbonne fait valoir que, dans sa législation nationale, la pratique de la liberté provisoire n’existe pas. La Hollande a accepté d’organiser uniquement le transfert dans le pays qui accepterait éventuellement d’accueillir Jean-Pierre Bemba.

 

 

 

 

 

De la situation du président du Mlc, deux conclusions ressortent. D’abord, le fait qu’en politique il n’y a point d’amis, seuls les intérêts comptent. Sinon rien ne pourrait justifier que Jean-Pierre Bemba soit ainsi rejeté comme un pestiféré. En plus du fait que le comportement du « Igwe » au pays lors de la campagne électorale (avec l’exécution publique des policiers par ses partisans et le pillage systématique des sièges de la Ham et de l’Observatoire national des droits de l’homme, de l’église du pasteur Sony Kafuti et du temple musical de Werrason avaient permis de confirmer le fait que l’homme était adepte de la manière forte. Tout le contraire de la démocratie en installation.

 

Ensuite, les avocats de JP Bemba semblent avoir joué des rôles qui les ont permis juste à se taper beaucoup d’argent. Car, comment expliquer que de bout en bout, ils n’ont réussi pas à obtenir quelque chose de sérieux pour leur client Bemba.

 

Source : le Palmarès/Kinshasa