une_clip_image001_0006Le président du Conseil d’administration demande des explications à l’Adg sur cette vente

 

Depuis le 10 juillet 2009, le Pca de la Cohydro a adressé une lettre à l’Adg de cette entreprise dans laquelle il lui enjoint de fournir au Conseil d’administration, des explications au sujet de la vente des wagons-citernes de la Cohydro d’une capacité variant entre 40 et 50 m3. Prétendument déclassés, ces wagons-citernes auraient été vendus par l’Adg sans se référer au conseil d’administration.

Se sentant ignoré dans la gestion de l’entreprise, le Pca n’a pas hésité à requérir de l’Adg un rapport circonstanciel sur la question endéans une semaine. Dans ce rapport, l’Adg devra spécifier le nombre de wagons-citernes vendus et leurs numéros d’identification, l’identité de l’acquéreur, la procédure de déclassement et de vente, la procédure de fixation du prix de vente et le prix appliqué, le bénéfice rapporté à Cohydro et la décision d’affectation de ces recettes extrabudgétaires.

 

Si l’on s’en tient à la lettre du Pca, la réponse de l’Adg devait lui parvenir au plus tard le 17 juillet 2009. Or, jusqu’au moment où nous mettons sous presse, l’Adg de la Cohydro n’a pas encore répondu aux questions qui lui ont été posées par le Pca agissant au nom et pour le compte du Conseil d’administration. Mais il nous revient, de par certaines investigations et conformément à la lettre de la Représentation provinciale du Katanga du 25 juin 2009 adressée à l’Adg, qu’une somme de 12.000$ américains, provenant de la vente de 6 wagons-citernes, aurait été envoyée de Kinshasa à Lubumbashi. A partir de cet élément, on peut penser, sans connaitre avec exactitude le nombre des citernes et le prix de vente de chaque unité, que la vente d’une citerne aurait rapporté en moyenne 2.000$ américains.

 

 

 

 

 

Mais il faudra plutôt attendre la réponse de l’Adg pour connaitre les détails de cette opération dont la transparence est sujette à caution aux yeux du Conseil d’administration qui ne dispose d’aucune information sur la vente de ces wagons-citernes. Il n’existe présentement que des bribes d’informations recueillies sur base des certaines pièces, mais celles-ci ne donnent pas la topographie réelle d’une vente taxée d’extrabudgétaire. En effet, en procédant à cette vente, l’Adg a disposé d’une recette non prévue par le budget de l’entreprise outre le fait qu’il a disposé, de son propre chef, d’une partie du patrimoine de l’entreprise qui, en principe, ne peut être appauvri de manière unilatérale par la volonté d’un seul homme. Ces recettes extrabudgétaires sont par essence difficiles à contrôler et laissent planer des vilains soupçons.

 

Les conditions dans lesquelles cette vente s’est réalisée appelent un certain nombre des doutes qu’il faudra absolument dissiper pour évacuer tout malentendu entre les principaux animateurs de la Cohydro qui n’a pas besoin de ce bras de fer en ce moment. Ce sentiment de bras de fer entre le Conseil et la Direction est malheureusement très perceptible comme le témoigne la deuxième lettre, datant toujours du 10 juillet courant, du Pca adressée à la même personne et dans laquelle il sollicite de ce dernier des explications au sujet de l’achat de 8.000 Tm des produits pétroliers achetés par la Cohydro dans des conditions ignorées par le Conseil. Celui-ci cherche à connaitre les conditions de passation de marché, les prix pratiqués sur le marché par les principaux fournisseurs, les prix définitifs payés par la Cohydro, les modalités de paiement, le bénéfice attendu par la Cohydro, les dates de conclusion du marché, etc. Toutes ces questions devaient trouver une réponse dans le même délai que pour le premier dossier. Et comme pour le premier dossier, un silence complet est observé du côté du destinataire.

Comme on peut donc le constater, la gestion de la Cohydro est on ne peut plus opaque. On comprend, dès lors, pourquoi les stations services Cohydro sont quasiment à l’abandon, ne disposant même pas d’une seule goutte de carburant alors que les privés vendent chaque jour du carburant sans encombre. Tout se passe comme si l’Adg ignorerait totalement le Conseil d’Administration dans la gestion de l’entreprise alors que cet organe n’a pas été supprimé par la reforme. Il est donc temps que Madame la ministre du Portefeuille s’implique dans la clarification du rôle de chaque organe non pas seulement à la Cohydro, mais également dans l’ensemble des entreprises publiques transformées en sociétés commerciales où les Adg et les Adga ne semblent pas maitriser leur nouveau rôle. L’heure est donc à la clarification et au réglage afin de réussir la réforme tant souhaitée. Mais en attendant, la vente des wagons-citernes de la Cohydro doit être tirée au clair.