La province du Katanga a échappé à tous les tsunamis qui l’avaient assaillie de toutes parts, aussi de l’intérieur que de l’extérieur. A ce jour, elle peut s’adjuger de relever la tête en refusant de succomber aux nouvelles contingences. Un bref séjour à Lubumbashi confirme cette détermination des autorités provinciales à concrétiser les cinq chantiers prioritaires de la République, surtout en leur volet relatif aux infrastructures routières.

Dès que l’on quitte l’aéroport international de la Luano pour se diriger vers la ville, on est tout de suite frappé par le fait que Lubumbashi est un vaste chantier. Des engins lourds côtoient les Lushois à chaque pas et au quotidien. Ceci pour dire que plusieurs entreprises de génie civil sont à pied d’œuvre dans la réfection et la construction des routes au chef-lieu du Katanga. L’Office des routes(OR), l’Office des voiries et drainage (OVD), entreprises publiques, s’activent sur le terrain concurremment avec des entreprises privées nationales et étrangères.

Il faut noter d’emblée que le gros du marché des infrastructures routières a été arraché par les entreprises chinoises dont les réalisations en ce domaine ne laisse plus aucun doute. La réalisation la plus citée mais également la plus spectaculaire est la construction de la route qui relie la ville de Lubumbashi à la frontière de Kasumbalesa avec la Zambie voisine.

C’est un joyau dont les Katangais sont fiers car, cette route constitue l’une des principales voies d’approvisionnement de la ville de Lubumbashi. C’est la porte de sortie et d’entrée des produits miniers, manufacturés et autres.

Il nous revient également que les travaux sur la route qui mène à Likasi et Kolwezi se poursuivent normalement à la satisfaction des usagers qui voient leur temps de route diminuer très sensiblement.

Au fur et à mesure que l’on s’achemine vers le centre ville je colle mon visage à la vitre. Je ne veux rien rater du spectacle qui s’offre à ma vue. La foule est grouillante. Le nombre des véhicules sur la route est très impressionnant. Ce qui explique des embouteillages successifs à la plupart des carrefours.

Ma curiosité est tel que le taximan me demande si c’était la première fois que je visitais Lubumbashi. Je lui dis que non. Le chauffeur e taxi est loquace ; il s’improvise de go mon guide. Ce qui est vrai c’est que j’ai été très impressionné par des avancées notables depuis ma dernière visite remontant à 2008.

C’est une période qui a vu le Katanga frôler le naufrage tant il avait pris des eaux de toute part. Non seulement la rétrocession était une gageure encore que quand elle tombait elle ne représentait pas plus de 10 % par rapport aux 40 % stipulés par la Constitution.

Un malheur ne venant jamais seul, la crise financière internationale avait frappé le Katanga de plein fouet. Obligeant la plupart des « minings » de mettre la clef sous le paillasson. Dans le même temps, la chute du cours des métaux sur le plan international était venue rajouter à une situation générale quasiment délétère.

La perte d’emplois directs et indirects créés par le boom minier avait influé négativement sur les domaines social et sécuritaire. « On est passés à côté de la catastrophe ; seul le savoir-faire de notre gouverneur nous a évité le pire », me confie le chauffeur de taxi.

A voir le spectacle qui se défile dès que l’on est au centre ville, l’on est tenté de reconnaître avec mon conducteur que le pire est passé et que la ville du cuivre reprend de la vie. L’on semble avoir oublié quelque peu les effets de la crise financière internationale et la débâcle des places boursières mondiales qui approvisionnaient la plupart des entreprises minières mises en difficultés financières.

Pour mon guide spécial, tout ne serait pas encore rose mais, la reprise des activités minières ont permis aux autres secteurs de la vie provinciale de reprendre vie. Il me fait remarquer que les dos d’âne et les nids sur les tronçons routiers au centre ville ont presque disparu.

En effet, des ouvriers en gilets à rayures de souffre scintillant au contact des rayons du soleil s’y activent. Je recommande à mon chauffeur de prouver ce qu’il vient de me dire. Un journaliste doit vérifier de visu.

Il ne se fait pas prier deux fois. Il embraie pour une randonnée dans la commune de Lubumbashi à travers les avenues Sendwe, Lomami, des Usines, Kasa-Vubu, Kileka Balanda, Kamayola, Kimbangu, Kabila (ex- Mobutu), Lumumba, Kasai( rebaptisée depuis Munongo), Libération.

Les cités populaires ne sont-elles pas oubliées, faute de moyens ? Mon compagnon me répond par la négative et il me convie de visiter quelques tronçons routiers qui relient le centre ville aux autres communes.

Cela commence par le tunnel qui relie la commune de Lubumbashi à celle de Kampemba et s’ouvre sur la chaussée de Kasenga jusqu’au niveau de la commune Rashi. C’est un pont route-rail demeuré longtemps un goulot d’étranglement pour les transporteurs pendant les saisons des pluies. Ses buses et caniveaux ont été débouchés et curés au point que les inondations qui remplissaient ce passage important appartiennent désormais au passé.

Les travaux de réhabilitation se poursuivent sur la chaussée de Kasenga. Il en est de même des avenues secondaires notamment Sapinière, Araucarias de même que l’avenue Kilolobe qui va dans la commune Annexe. Il faut ici noter que les entreprises minières ont été mises à contribution dans le programme du gouvernement provincial que dirige Moïse Katumbi. C’est dans ce cadre qu’il faut épingler l’implication de la société Rwashi Mining qui a pris en charge la réfection de la route qui porte son nom.

Revenus de Kampemba par le célèbre quartier Bel air, mon guide me conduit dans les communes de Kamalondo, Kenya et Katuba où les routes dites circulaires se comptent en nombre. Les travaux d’asphaltage sont terminés pour certains tronçons et se poursuivent encore pour d’autres. En attendant leur futur bitumage, certains tronçons sont réhabilités en terre battue. C’est le cas des routes Kipopo et Mura.

Les efforts consentis par le gouvernement provincial sous l’impulsion du gouverneur Moïse Katumbi Chapwe en ce qui concerne la construction des routes ne se sont pas limités à la ville de Lubumbashi. Des ateliers placés sur des routes de desserte agricole dans tous les territoires du Katanga ont vu leur nombre doubler. Cela de manière à rendre viables ces voies d’évacuation des produits des champs vers les villes de la province et principalement Lubumbashi.

Ces notes de voyage ne prennent pas en compte d’autres aspects du programme triennal du gouvernement provincial notamment l’éclairage public, l’adduction d’eau potable, l’habitat, la lutte contre l’insécurité, la fraude fiscale et douanière ainsi que la lutte pour la salubrité publique.

Grosso modo, le Katanga ne se meurt pas ; au contraire, il se relève et se trouve engagé sur une voie de non retour pour son développement et le bien-être des Katangais.

Source : le Potentiel/Kinshasa