Deux officiers supérieurs et huit autres officiers des FARDC ont été jugés et condamnés pour crime de guerre, viols et dissipation de munitions par la Cour opérationnelle de l’Auditorat militaire des FARDC siégeant en chambre foraine à Rutshuru, dans le Nord-Kivu.

La Cour opérationnelle de l’Auditorat militaire des FARDC siégeant en chambre foraine à Rutshuru (Nord-Kivu) a bouclé le lundi 27 juillet, la première étape des audiences publiques qu’elle mène dans cette partie de la RDC contre les soldats inciviques. Elle a rendu à cette étape dix verdicts, dont deux contre deux officiers supérieurs FARDC poursuivis pour crimes de guerre. Il s’agit du major Ndjoloko Lusungu et du lieutenant-colonel Ndayabaje Nyangara étaient poursuivis par l’auditorat supérieur militaire, notamment pour viols et emprisonnements.

Deux accusés, deux verdicts prononcés lundi par la Cour devant une foule inquiète : 10 ans de prison ferme pour le major Ndjoloko, et prison à perpétuité pour le lieutenant-colonel Ndatabaje Nyangara. Seul le premier était présent, à la barre, au moment de la sentence. Le co-accusé est en fuite. En plus de leurs peines, les deux officiers devront également payer, avec l’Etat congolais, des dommages et intérêts à leurs victimes et verser des amendes à la Cour.

Emu, dans ses menottes, le condamné Ndjoloko Lusungu, n’a pas retenu ses larmes. Il a salué la décision de la Cour en lançant un appel à ses anciens compagnons d’armes.

«Aucun avis contraire sur ce qu’on vient de dire. La cour a bien tranché. Je viens d’écoper 10 ans de prison à cause des femmes libres à qui j’ai donné mon argent. Je regrette ce cas, mais je peux dire aussi à mes collègues militaires qui restent au sein de l’armée d’être vigilants vis-à-vis de ces jeunes filles qui trafiquent leur méconduite afin d’incriminer les militaires ».

C’est à 11 heures que la Cour a quitté Rutshuru pour la cité de Kanyabayonga, 160 km au Nord de Goma, où d’autres procès devraient débuter hier mardi. Ce jugement interpelle les éléments des FARDC qui ont été mis en garde, le 30 juin dernier par le président de la République qui a décrété la «tolérance zéro» pour tout militaire de l’armée et policiers où qu’il se trouve. La décision des magistrats militaires contredit l’avis consigné dans le rapport de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) sur leur indépendance « minée par des interférences politico-militaires ».