Alors qu’on attendait la reprise du travail hier lundi 27 juillet à l’Onatra, d’après le communiqué du Conseil d’Administration rendu public le week-end à la suite de sa réunion élargie avec le ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale, c’est le contraire qui s’est produit. Rassemblés devant le bâtiment administratif du siège, sur le boulevard du 30 juin, de nombreux agents venus écouter leurs syndicalistes ont totalement adhéré à l’option du dépôt d’un mémorandum au Chef de l’Etat. A cet effet, une marche de colère devrait partir le jeudi 30 juillet du Building Onatra jusqu’au bureau de travail du Président de la République, au Palais de la Nation. C’est là l’une des conséquences de la radicalisation de la grève des agents qui disent n’avoir pas obtenu satisfaction à leur revendication principale, à savoir le départ de l’Adg Pécune. Il importe de signaler que le mouvement de grève n’est pas exclusif à Kinshasa mais il touche toutes les villes où l’Onatra exerce ses activités. D’où la paralysie est totale aux ports de Matadi, Boma et Banana. Concrètement, l’administration centrale, les chemins de fer, la voie fluviale, le chantier naval, les entrepôts de Matadi, Boma et Banana ont cessé leurs activités depuis plus de deux semaines. Cette situation fait déjà peser une sérieuse menace de pénurie des produits de première nécessité et autres biens manufacturés, parce que l’Ofida et l’OCC sont eux aussi bloqués. Et tout logiquement, les opérateurs économiques dont les produits importés passent par les installations de l’Onatra ne savent plus à quel saint se vouer. On laisse entendre que des centaines de chauffeurs et convoyeurs de véhicules porte-contenairs rongent leurs freins à Matadi depuis trois semaines, dans l’attente de la fin de la grève du personnel de l’Onatra.

Le C.A mis en difficulté par sa « vérité » ! Il faut rappeler qu’à l’issue de sa réunion du week-end, à laquelle ont pris part le ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale, Ferdinand Kambere, les directeurs chefs de départements et directeurs « en staff », le Conseil d’Administration avait pris quelques décisions en rapport avec la grève. Selon son président intérimaire, Beya wa Kabenga, sa structure a décidé d’annuler les mesures de mutation des agents sélectionnés parmi lesquels on comptait les syndicalistes, cadres et agents présumés meneurs de la grève, d’après l’employeur. Il a été également décidé d’apurer tous les arriérés liés au SMIG. Quant au partenariat Onatra-Progosa dont les syndicalistes et les gents ne veulent plus entendre parler, le Conseil d’Administration a laissé entendre que sa rupture ou sa poursuite relevait de la compétence du gouvernement. Convaincu que ces décisions constituaient un gage de bonne volonté, le Conseil d’administration en a appelé à la reprise du travail dès hier lundi. Car, l’arrêt des activités fait perdre à l’Onatra environ 300.000 $ USD chaque jour. Cet appel pathétique n’a pas été entendu par les agents qui conditionnent la reprise du travail au limogeage de l’Adg Pécune du Groupe PROGOSA, un préalable qu’ils considèrent comme incontournable. Les travailleurs étaient très irrités d’apprendre que l’Onatra perdait 300.000 $US chaque jour à la suite de leur grève. Alors que l’employeur croyait mieux communiquer en vue de convaincre les grévistes de revenir aux bons sentiments, voilà que ceux-ci se sont livrés à un exercice sommaire de calcul, qui a donné comme résultat 6.600.000 $US pour 22 jours de travail. Par conséquent, l’Onatra n’est pas un canard boiteux et que si les comptes sont au rouge, cela voudrait dire que la gestion de Pecune et consorts pose problème. Raison pour laquelle ils ne décolèrent pas, et ont décidé de marcher jusqu’à la présidence de la République le jeudi pour remettre un mémo au président de la République.

Source : le Phare /kinshasa