Le nettoyage ne fait que commencer. Il va toucher toutes les institutions. Par ces temps qui courent, il est de plus en plus question du remaniement du gouvernement. Le processus est en marche et il ne s’agit nullement d’une quelconque psychose que l’on chercherait à créer. Un changement profond interviendra très prochainement. Il n’est pas exclu que la coalition AMP-PALU-UDEMO soit revisitée.

 

L’heure est aux grandes manoeuvres politiques. Les magistrats et les fonctionnaires ne seront pas les seuls à en faire l’expérience et les frais. Les institutions nationales seront également touchées, notamment le gouvernement.

Il y a eu déjà des signes avant-coureurs du Président de la République avec la lettre du chef de l’Etat, via son directeur de cabinet, au Premier ministre, le soumettant sous surveillance financière. Ensuite, les autres lettres du président de la République aux présidents du Sénat, de l’Assemblée nationale et au Premier ministre pour combattre les anti-valeurs.

A ce propos justement, le président de la République avait haussé le ton en vue de dénoncer les « Cinq fléaux » qui rongent la société congolaise. Il s’agit de l’indiscipline, l’intolérance, la concussion, la gabegie financière et la corruption. Des fléaux qui risquent d’entraver la bonne exécution du vaste programme du chef de l’Etat portant sur la reconstruction nationale et la refondation de l’Etat congolais.

Depuis, le président de la République est au four et au moulin, donnant les signaux forts en prenant des décisions courageuses. Ces dernières semaines, on n’exclut plus un remaniement profond du gouvernement, premier responsable de la mauvaise gouvernance, dénoncée non pas seulement par le chef de l’Etat, mais également par des partenaires extérieurs.

La prochaine rentrée parlementaire sera certainement marquée par ces grandes manoeuvres politiques. D’ailleurs, le gouvernement n’y échappera point dès lors que la motion d’interpellation du Premier ministre initiée par l’honorable Kanku Clément est considérée comme un arriéré législatif. Il sera examiné en priorité.

LA REVISITATION       DES ACCORDS

Il est vrai qu’à chaque fois que l’on évoque la question liée au remaniement du gouvernement, l’on s’attarde sur l’existence des accords qui lient l’AMP au Palu et à l’UDEMO. Y toucher, n’influerait-il pas sur la majorité présidentielle et hypothéquer les chances de Kabila lors de prochaines élections si jamais il se proposerait à succéder à lui-même ?

Les avis sont désormais partagés à ce sujet. Un éminent professeur belge d’université a dernièrement démontré que la majorité présidentielle n’en serait pas tellement affectée. Et qu’il est possible qu’il y ait de nouvelles alliances susceptibles de consolider la position du chef de l’Etat jusqu’ à la fin de cette législature.

D’autre part, dans les rangs du PPRD, l’on est de plus en plus conscient que le calcul politique ne se fera pas sur la tête du PALU ou autres alliés. Mais bel et bien sur celle de l’autorité morale de l’AMP et du PPRD. C’est-à-dire, le président Joseph Kabila. Or, face à la mauvaise gouvernance criante de la part du gouvernement, à l’absence d’un leadership fort au niveau de l’Exécutif, le PPRD estime que le moment est venu de prendre la Primature, prochaines élections obligent.

Comment le PALU encaisserait-il le coup ? Des observateurs avertis de la politique congolaise estiment que l’on ne peut plus continuer sur cette lancée. C’est-à-dire, à privilégier des accords qui poussent le pays vers l’abîme. Il fait savoir s’arrêter, se parler franchement entre partenaires et prendre des décisions courageuses pour sauver le pays. Tant mieux si le PALU pourrait présenter une alternative porteuse d’espoir. Mais il ne manque pas d’« oiseaux rares » auprès d’autres alliés à même de redresser la courbe. Dans le cas contraire, l’on serait tenté de faire appel à un « technocrate » issu de la majorité présidentielle.

QUE VA-T-IL CHANGER ?

Question importante. Certes, il ne suffit pas de changer pour le plaisir de changer. Mais est-il qu’en l’état actuel de choses caractérisé par les « Cinq fléaux », des décisions courageuses s’imposent.

Aussi, revient-il à ceux qui seront appelés demain à faire partie de l’Exécutif de tirer les leçons de l’immobilisme et du manque de leadership pour rencontrer les préoccupations des populations congolaises. D’éviter de verser dans l’amateurisme politique et managérial, mais de faire preuve de vision dans la gestion d’un pays confronté à de grands défis à relever. De s’abstenir des discours politiciens mais de se mettre réellement au travail tant il est vrai que le temps des discours et des show médiatiques est totalement révolu.

Au fait, le président de la République a déjà donné des signaux forts d’un véritablement chambardement pour éviter que le pays aille à la dérive. Il sera pris au mot si jamais il ne se limiterait qu’aux effets d’annonce alors qu’il a l’obligation politique d’honorer ses promesses électorales.

Le moment est venu pour que les stratèges de son pré-carré élaborent une stratégie rationnelle pour une nouvelle feuille de route. La RDC a besoin de rebondir quand on observe cette « cette guerre de voyages » de hautes personnalités politiques étrangères pour replacer la RDC au centre de la géostratégie de l’Afrique centrale et des Grands Lacs.