Le retard mis dans l’application du compromis dégagé à la première session de la conférence des gouverneurs de province tenue en juin dernier à Kisangani avait donné lieu à une nouvelle sortie médiatique des acteurs concernés tant au niveau national que provincial. Le chef de l’Etat vient de mettre fin à cette polémique en exigeant la stricte observance des termes dudit compromis. Dans le même ordre d’idées, il a mis en garde les exécutifs provinciaux contre tout discours et autres comportements qui porteraient atteinte à l’unité du pays et à la solidarité nationale.

 

S’achemine-t-on vers le dénouement du contentieux qui opposait naguère les exécutifs provinciaux au gouvernement central ? Il y a lieu de répondre par l’affirmative à la lumière des informations glanées auprès des sources dignes de foi. Celles-ci ont confirmé à notre rédaction l’existence d’une correspondance du directeur de cabinet du chef de l’Etat adressée au Premier ministre, aux ministres concernés par la question de la rétrocession de 40 % ainsi qu’aux gouverneurs de province.

Dans cette lettre datée du 10 août 2009, assurent nos sources, le président de la République a tenu à remettre les pendules à l’heure. Il apparaît qu’il est dépité par les déclarations discordantes des uns et des autres dans les médias, au point qu’il se dégage l’impression d’une persistance de malentendu, sinon de divergence de vues sur cette problématique des 40 % des recettes de l’Etat qui doivent être rétrocédés aux provinces. Alors qu’il y a eu une session de la Conférence des gouverneurs à l’issue de laquelle était censée aplanir les différends et autres lectures plurielles des textes légaux.

Désormais, il est demandé au gouvernement central et aux gouvernements provinciaux de s’en tenir à l’application stricte des termes du compte rendu de la première session de la Conférence des gouverneurs de province tenue dans la ville de Kisangani en juin 2009.

Pour rappel, un compromis en trois points s’était dégagé lors de la conférence. D’abord, les conférenciers avaient convenu de l’institutionnalisation d’un ordre de paiement permanent auprès des succursales de la Banque centrale du Congo pour des dotations au profit des provinces.

Cela à concurrence d’un tiers de la rétrocession. Ensuite, chaque province a été appelée à s’impliquer dans la mobilisation des recettes publiques. Enfin, il a été institué une concertation permanente entre le gouvernement central et les exécutifs provinciaux sur la gestion du budget d’investissement des provinces.

Tirant les conséquences des divergences à répétition observées entre l’Exécutif national et les gouvernements provinciaux au sujet de la dotation arrêtée à Kisangani, le chef de l’Etat, par la voie de son directeur de cabinet a invité toutes les parties à l’observance stricte des termes du compromis dans son esprit et dans sa lettre de même que dans son fond et la procédure de perception de ladite dotation.

Déterminé à mettre fin à la polémique sans cesse renouvelée, le président de la République a mis en garde les gouverneurs de province contre tout discours et comportement ethnocentristes qui pourraient porter atteinte aux valeurs essentielles de la République. Il s’agit entre autres de l’unité du pays et de la solidarité nationale qui doivent caractériser tous les responsables, à tous les niveaux. D’autant que le pays, tout comme le reste du monde, se trouve frappé de plein fouet par la crise financière et économique impitoyable.

Il s’ensuit que des cartons sont distribués à tous de manière que chacun prenne ses responsabilités et remplisse sa part du contrat. La reconstruction nationale a besoin de la partition de chaque acteur politique au niveau central et provincial, dans un concerto qui dénote l’harmonie et non la dissonance.

Source : le Potentiel