Des fonds sortis -de manière frauduleuse- en dizaines ou  centaines des milliers de dollars de la caisse de lONATRA, sous la signature de lAdga Serge Basaula, des syndicalistes  de lOffce  sont venus eux-mêmes en faire état à la rédaction de «CONGONEWS».

Un début de vérifcation a permis aux limiers du bihebdomadaire de tomber sur un «Bon à payer» (Lire fac similé en page 3) qui dit tout sur les méthodes de gestion de cet ancien cadre de la City Bank honni par le personnel mais soutenu à bras de bras par la ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda jusqu’au point de s’opposer à l’audit du Premier ministre, Adolphe Muzito, à l’ONATRA. Premier détail suspect sur le bon de Basaula, celui-ci a été émis le 18 juillet et signé PO à la place de l’ancien Adg de l’ONATRA, le Français Pécune Ponson. A la date d’émission de ce «bon», l’Offce national de transports est en grève et Ponson est bien présent à Kinshasa. Autre indice de suspicion, le «Bon à payer» n’a reçu aucun engagement au départ.

Pire, il ne porte pas de numéro, ni moins encore le contreseing de l’Adf, Philippe Elongam’Ea Mpongo. Au fnish, c’est plus de 3.000 dollars décaissés sans aucun respect de la procédure. Montant modique diront certains mais la manière utilisée démontre comment Ponson et Basaula ont mis l’ONATRA sous une coupe réglée pendant tout le mandat de Progosa, cette frme espagnole qui a conclu un «contrat de stabilisation» avec l’Offce en 2008, juste pour 2 ans. De toutes les façons, un détournement reste un détournement. Encore que le chef de l’Etat lui-même parle de « tolérance zéro». Dès le départ, des délégués syndicaux avaient parlé d’un «contrat léonin». Ils se sont mis par la suite à dénoncer la mégestion de Ponson. Le gouvernement a fini par s’en convaincre et a demandé le départ de l’intéressé. Et avec lui, son adjoint Basaula supposé représenter les intérêts de la partie congolaise dans la convention.
Si Mabunda s’est inclinée sur le cas Ponson, la ministre continue à multiplier des manœuvres dilatoires pour maintenir son protégé Basaula avec qui elle a travaillé pendant des années à la City Bank sous la direction de Jean-Claude Masangu Mu-longo, l’actuel gouverneur de la Banque centrale du Congo. Mabunda est allée jusqu’à douter, dans une lettre offcielle, de la crédibilité d’un audit conjoint CSP-IGF, préférant à ce couple un contrôle à confier à un organisme international.
                    

Pourtant c’est le même CSP-IGF qu’elle a chargé de plonger dans la comptabilité d’Herman Mbonyo, l’Adg suspendu de la SONAS. Des délégués syndicaux de l’ONATRA accusent, désormais, Mabun-da de connivence avec Pécu-ne et sa frme. «Si Mabunda protège Basaula, c’est qu’elle cherche à cacher quelque chose», répètent les délégués syndicaux de l’offce. Ces derniers promettent qu’ils ne se laisseront pas faire. Ils sont assurés du soutien des agents qui ont accepté de reprendre le travail mais sans renoncer au départ de l’Adga. Lors de la dernière assemblée générale réunie le 7 août au siège même de l’Offce, les agents ont concédé une trêve à observer jusqu’au 13 août prochain. Passé ce délai, ils reprendront la grève si Basaula est toujours en poste. Mabunda n’a donc qu’à bien se tenir. A la SONAS, la ministre s’est fait applaudir à deux mains avec la suspension de Mbonyo. Mais les agents réclament plus. Ils ont exigé, lors d’une assemblée générale, convoquée à pied levée le 10 août, le départ de l’Adga, Mme Carole Agito. Aucune faute de gestion à mettre sur le compte de cette
        femme discrète et effcace. Elle n’a rien géré avec un Adg qui avait tout centralisé  au niveau de son propre  cabinet.

             

Son seul tort est d’avoir là. Comme qui dirait au mauvais endroit et au mauvais moment. Ce qui passe à l’ONATRA et à la SONAS paraissait symptomatique d’une nouvelle force avec laquelle il faudra compter désormais, les syndicats et leurs affiliés dans les entreprises publiques. Pour avoir remporté une première victoire avec le départ de Ponson et Mbonyo, ils se disent que la transformation des sociétés d’Etat ne pourra pas se faire sans eux. L’effet contagion est à craindre dans les semaines à venir, notamment à la Régideso où il est question d’un «contrat de stabilisation» à 190.000.000 de dollars avec une firme française.


Source : Congo News/Kinshasa