Le ministre de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga, a ouvert lundi les travaux du séminaire international des directeurs de télévisionssssss publiques et privées des pays francophones d’Afrique centrale,organisé à Kinshasa sous le haut patronage de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Ces assises, qui se dérouleront du 17 au 20 août courant sous le thème « Télévisions publiques et privées d’Afrique centrale : de la libéralisation à la régulation », visent à favoriser l’échange d’informations et d’expériences entre les opérateurs publics et privés de la télévision, en vue d’établir un état de lieux sur la production télévisuelle en Afrique centrale.

Dans son mot d’ouverture, le ministre Lambert Mende a exhorté la télévision publique à être une télévision plurielle et citoyenne. « C’est à leurs capacités à maintenir les médias audiovisuels dans ce créneau que sera jugée l’efficience des différentes formules de régulation proposées à nos peuples. Car les télévisions tant publiques que privées ne pourront valablement jouer leur rôle dans la construction de la démocratie sans l’existence d’une instance de régulation crédible, dotée de moyens juridiques, humains et financiers conséquents » ; a souligné le ministre.

Le porte parole du gouvernement congolais a, en outre, épinglé les défis auxquels  les télévisions d’Afrique centrale sont confrontées dans le processus de régulation de leur activité. Il a cité notamment le statut, la source de financement, les modes de gestion, les cahiers de charges et les lignes éditoriales des différentes catégories de radiotélévisions. M. Mende a également relevé la « lente évolution des mentalités » au niveau du personnel de l’audiovisuel public.

Le ministre s’est gardé de « tomber dans une béate autosatisfaction »  en ce qui concerne , la RDC. « Malgré quelques acquis en la matière, beaucoup reste encore à faire », a-t-il reconnu, ajoutant qu’un fonctionnement régulier des médias privés nécessite la présence d’une instance de régulation à égale distance pour tous et qui veillerait au respect des cahiers de charges.

Lambert Mende est aussi revenu sur la mesure relative à l’interruption du signal de RFI en RDC. « Ce litige a mis en exergue la problématique de la régulation des médias étrangers qui arrosent le continent africain », a dit le ministre, qui a demandé « une clarification aussi bien par nos législateurs que dans les différentes synergies liant nos Etats ou nos entreprises de médias à leurs homologues hors d’Afrique ».

Plusieurs sous thèmes seront exploités par les participants à ces assises, à savoir « Préalables pour une meilleure libéralisation des ressources », « la fin des monopoles dans le domaine de la télévision », « les programmes », « attentes et demandes des téléspectateurs » et « quelles sources de financement pour les télévisions ».

L’OIF contre le piratage des programmes

Pour sa part, le responsable du programme médias de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Tidiane Dioh a fait savoir que la régulation ne se fera pas en occultant des questions aussi cruciales que le piratage des programmes.

Il a indiqué qu’il faut, dans ce domaine des droits de diffusion, avoir des prises de position courageuses et faire des interpellations fortes, ajoutant que nul ne peut diffuser, commercialiser ou recevoir les programmes d’autrui dans l’illégalité. « C’est cela même la base d’un système téléviseur de qualité », a-t-il dit.

M. Dioh a estimé que la libéralisation ne s’est pas faite dans les règles de l’art, dans la mesure où on a pu voir dans certains pays des chaînes de télévision satellitaires internationales ou nationales privées émettre en l’absence de tout organisme de régulation.

Dans d’autres pays, a-t-il poursuivi, les fréquences ont été octroyées à tout venant et ailleurs, les cahiers de charges n’ont jamais été respectés.

Selon M. Dioh, la Francophonie doit, plus que jamais, peser de tout son poids pour que les pays en développement ne soient pas de simples observateurs des évolutions nées d’une mondialisation qui ne propose qu’une seule manière de raconter le monde.

Il a évoqué l’indispensable combat pour la promotion et la diversité culturelle et linguistique qui, a-t-il dit, commence ce jour en RDC qui est « la frontière naturelle, géographique, linguistique de la Francophonie dans l’hémisphère sud ».

Régulation en Afrique

L’Administrateur délégué général de la RTNC, Emmanuel Kipolongo Mukambilwa a noté qu’en Afrique, le pluralisme et la démocratie instaurés dans le champ politique ont aussitôt fait émerger la nécessité d’une régulation médiatique.

A cet égard, la RDC semble présenter les conditions d’un véritable laboratoire, avec plus de 60 chaînes de télévision, plus de 130 stations de radio et plus de 200 journaux, a-t-il noté avant de renchérir que « dans ce contexte, la dynamique de la régulation apparaît comme une nécessité vitale ».

Quant au Délégué général à la Francophonie, Mwewa wa Mwewa, il a rappelé les assises antérieures organisées avec l’appui de l’OIF notamment la Conférence des journalistes d’Afrique centrale (mars 2009), la 3ème conférence des directeurs des institutions et académies diplomatiques africaines (juin 2009) et le séminaire de sensibilisation et d’information des parlementaires sur les négociations de l’accord de partenariat économique (juin 2009

Source : Acp