A en croire un journal sud-africain, les autorités de Pretoria auraient refusé de recevoir Jean Pierre Bemba pendant la liberté provisoire que lui ont accordée les juges de la CPI.

La décision prise, vendredi 14 août, par la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) d’accorder à JP Bemba une liberté provisoire a aussitôt relancé la problématique du « Territoire d’accueil ». Il paraît de plus en plus évident que parmi les Etats proposés aussi bien par la CPI que la défense aucun n’est disposé à accueillir le chairman du Mlc sur son territoire.

La Belgique a réitéré qu’elle n’est « pas demandeuse  du tout » d’accueillir l’accusé sur son territoire. Sa présence pourrait « poser des problèmes de sécurité publique » en raison de l’existence d’une importante communauté congolaise, notamment à Bruxelles au sein de laquelle Bemba ne fait pas l’unanimité.

La France non plus n’a pas répondu favorablement à cette demande expliquant clairement à travers un porte-parole du Quai d’Orsay que le gouvernement français n’est pas en mesure d’accueillir l’infortuné.

C’est alors que les regards se sont tournés vers l’Afrique du Sud où, selon la défense JP. Bemba pourrait prendre sur compte toutes les dépenses administratives qu’occasionnerait son séjour.  A en croire un journal sud-africain, les autorités de Pretoria auraient refusé de recevoir Jean Pierre Bemba pendant la liberté provisoire que lui ont accordée les juges de la CPI.

Les raisons invoquées selon ce journal  seraient liées à la présence des milliers de congolais qui en voudraient à Jean-Pierre Bemba.  Pretoria se montre jusque là plutôt avare en commentaires sur le sujet.
 
Le confrère Sand Times qui cite les sources gouvernementales ayant requis l’anonymat affirme que l’Afrique du Sud a évoqué les raisons de sécurité pour l‘accusé Bemba notamment la présence d’une forte communauté de ressortissants congolais dans le pays pour décliner la demande de la cour d’envoyer l’ancien chef rebelle congolais en Afrique du Sud.

Cependant, aucune source officielle ne confirme cette information. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères contacté par BBC Afrique ne semble pas au parfum de ce dossier. « Nous n’avons pas été saisi d’une demande officielle de la Cour concernant M. Bemba, a déclaré Nfane Lukota au micro de BBC Afrique.

Et pourtant la CPI affirme, elle, que l’Afrique du Sud est l’un des cinq pays sollicités pour accueillir Jean-Pierre Bemba .Des Etats d’ailleurs choisis par le prisonnier lui-même.

Selon Sand Times, le choix porté à l’Afrique du Sud par JP Bemba peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Quand il a du fuir son domicile de Kinshasa en 2007 alors que les combats faisaient rages entre ses hommes et les éléments des Forces armées congolaises, c’est à l’ambassade d’Afrique du Sud qu’il avait trouvé refuge avant que ce pays ne négocie son départ pour le Portugal. C’est aussi en Afrique du Sud que les accords politiques qui ont mis fin à la guerre en RDC et permis l’organisation d’élections ont été signés.