jkk_lancement_travauxtravaux5chantierLe Katanga a mis un accent particulier sur le chantier infrastructures routières. Dès le départ, le go a été donné par le gouvernement provincial en comptant sur les apports au niveau local et national. Toutefois, la tâche est d’hercule et les moyens financiers ne suivent pas pour réaliser les 4.399 km répertoriés. Malgré cela, le chef-lieu Lubumbashi offre toujours cette devanture d’un grand chantier où se déploient des bulldozers, des niveleuses, des compacteurs et autres matériels roulants visibles sur les tronçons routiers répartis en pleine réhabilitation ou construction. C’est le cas notamment des avenues Du Marché (3km), Kiwele, Araucarias (1,320 km), Kilobelobe(2,5 km), De la plaine(5 km), Tabacongo(3 km), Kalebuka(3,1 km)

La population lushoise se pose des questions sur le ralentissement constaté dans l’exécution des travaux. Tentative d’explication dans les lignes qui suivent tirées du mémorandum confectionné par le ministère provincial des Infrastructures, Urbanisme, Transports et Energie du Katanga.

Mémorandum sur le programme d’urgence 2009 – 2011 pour la province du Katanga dans le domaine des routes.

Le réseau routier de la Province du Katanga à l'instar de toutes les autres infrastructures de base est dans un état de dégradation très élevé en plus de son exigüité qui n'assure pas une bonne connectivité et un bon drainage entre les différentes entités.

Le Gouvernement Provincial avait élaboré un plan de développement visant à réhabiliter progressivement les infrastructures de base en général et routières en particulier.

C'est ainsi qu'un programme d'acquisition des ateliers routiers avait été lancé à partir de l'année 2007. Ce qui a permis d'acquérir globalement les engins suivants de marque BELL: 15 bulldozers de 137 KW; 15 niveleuses de 185 KW ; 15 chargeurs sur pneus de 175 KW ; 15 tractopelles de 69 KW ; 15 compacteurs de 11 T; 32 camions de 18 à 20 T; 2 excavatrices sur chenille de 137 KW ; 4 camions service truck répartis à raison d'un camion par district.

Trois ateliers ont été affectés à chaque district et les trois autres restants ont été affectés aux villes de Lubumbashi, Likasi et Kolwezi, essentiellement pour les travaux de voirie.

Ainsi donc, un programme prévoyant l'ouverture de trafic à raison de 100 à 120 km par atelier et par an a été lancé pour les routes en terre, les routes asphaltées étant prévues d'être réhabilitées avec le financement du Gouvernement Central ou les recettes de péage. Néanmoins, ce programme va exiger le renforcement des capacités humaines et structurelles.

II. Présentation succincte du réseau routier

La province du Katanga comprend 9 Routes Nationales(RN) pour un total de 4.399 km ; 16 Routes provinciales prioritaires pour un total de 4.024 km ; 19 Routes provinciales secondaires pour un total de 2.958 km. Les routes nationales comprennent RN1 : Mulapa –Frontière Kasaï Oriental (1.088 km) ; RN5 : Lubumbashi –Frontière Sud-Kivu (1.260km) ; RN33 : Kabondo Dianda – Lukengo (768km) ; RN34 : Kapona –Moba (90 km) ; RN35 ; Kasomeno –Kasenge (70 km) ; RN36 : Mokambo –Mwenda (69 km) ; RN37 ; Likasi –Kambove (25km) ; RN 39 :Nguba – Frontière Kasaï Occidental(999km).

Les routes provinciales prioritaires sont constituées de RPP 601 : Kapanga – Kamwanga (302 km) ; RPP606 Mbangu- Tshimbalanga –Luanza (271 km) ; RPP607 Kasaji – Tshimbalanga (144 km) ; RPP608 : Nasondoyi –Luanza –Lueji (278 km) ; RPP616 : Mukabe Kasari –Kalera (96 km) ;RPP617 : Luambo –Mitwaba –Mukwende (428 km) ;RPP618 : Minga –Kaniepa (307 km) ; RPP623 :Milongwe – Kabulembe (186 km) ; RPP626 : Mutoto Moya –Pepa – Moba (183 km) ; RPP627 : Kimabi –Pongo – Kapona (215 km) ; RPP628 : Manono – Ankoro – Kakuyu (280 km) ; RPP629 : Mulenda (Kabongo) -Mwanza -Malemba Nkulu (205 km) ; RPP630 Kamina –Kabongo –Kabalo –Nyunzu (580 km) ; RPP631 : Nyunzu –Kongolo-Ebombo –Kakuyu (400 km) ; RPP632 : Kongolo –Front Maniema (47 km).

Quant aux routes provinciales secondaires (RPS), elles se répartissent de la manière suivante : RPS602 : Mwene Imbu –Pandamwila (55 km) ; RPS603 : Tshikwila - Mwene Imbu - Tshoza -Front. Kasaï OR. (431 km) ; RPS604 : Satshamba –Kalundwe (164 km) ; RPS605 : Samuyembe- Satshamba- Kamina (266 km) ; RPS609 : Seba – Kilamba (76 km) ; RPS610 : Nasondoye –Seba –bifurcation RN1 à Bukama (141 km) ;RPS611 : Kayeye - Sakuhena + Mutshatsha – Kapila Frontière Zambie (141 km) ; RPS612 : Katoka –Luashi –Kasaji (193 km) ; RPS613 :Kolwezi –Molwa (142 km) ; RPS614 : Kambove –Frontière Zambie (169 km) ; RPS619 : PK 41 (Kafindo) - Petro (Kiniama) – Kibubulushi (164 km) ; RPS620 : Petro(Kiniama) –Mputa (25 km) ; RPS621 : Sakanya –Kabunda –Lukubi –Ngale (165 km) ; RPS622 :Bifurcation Kibubulushi –Lukubi (172 km) ;RPS624 : Kasamba –Puta-Pepa (140 km) ; RPS625 : Pepa-Moliro (160 km) ; RPS633 : Kitenge (Kaniama) - Kibamabi -Muadi Katoloka (234 km); RPS634 : Kaloko- rivière Lomami frontière Kasaï Or.(77 km); RPS 635 : Mwata Lukanga - Kalamba Kamule Frontière Kasaï OR (193 km).

III. Routes retenues au programme 2009 – 2011

a.Motivations Partant de la nécessité d'assurer la fluidité du trafic entre les centres de production et les centres de consommation et compte tenu des besoins d'administration, seules les routes nationales et provinciales prioritaires reliant les chefs lieux de territoires entre eux, ont été retenues en priorité.

En effet, les moyens financiers susceptibles d'être mobilisés étant faibles et ne pouvant pas couvrir tout le réseau routier et du fait que les routes en terres exigent une maintenance quasi systématique tous les trois ans, seuls 4.634 km ont été retenus au programme 2009 ¬2011. Il s‘agit de Lwambo - Mitwaba - Mukwende bifurcation RN33 (428 Km) - RPP617 ; Mukwende- bifurcation RPP 617 – Manono(77 Km) - RN33 (soit 505 km) ; Kasomeno-Kasenga (70km)-RN35 ; Tshinsenda –Mokambo –Sakanya(113km)–RN1 ; Kalemie - Lukengo(22 Km) – RN5 / Lukengo - Nyunzu 110 km RN33 / Nyunzu - Kongolo, 176 Km - RPP631 (soit 308 km). Kamina - Kabongo - Kakuyu (bif RPP 28), 368 km - RPP630 / Kakuyu (bif. RPP 630) -Ankoro - Manono, 280 km - RPP628 (soit 648 km). Nguba - Lubudi - Bukama - Kamina - Kaniama - Pont Lubilashi, 677Km-RN1. Kamina - Kabondo Dianda, 103 Km - RN1 / Kabondo Dianda ¬Manono – Nyunzu(605 Km) - RN33 (soit 708 Km). Kolwezi - Kasaji - Mbangu Sandoa ( 585km) - RN39 / Tshimbalanga - Kafankumba, 79 Km - RPP606 (soit 585 km). Kasaji - Tshimbalanga, 125 Km - RPP607 / Tshimbalanga ¬Mbangu (Sandoa) (10Km) - RPP606 / Mbangu (Sandoa) - Kapanga, 313 Km - RN39 (soit 448 km). Avec l'acquisition d'engins de génie civil, tel que repris ci-haut l'office des Routes était en déficit du personnel pour la conduite et la maintenance des engins ainsi que la supervision des travaux.

Ainsi le Gouvernement Provincial a adopté une politique de renforcement des capacités humaines de l'Office des Routes en procédant à un recrutement sélectif des opérateurs d'engins, des mécaniciens, des chefs mécaniciens et des chefs de chantier avec le concours des consultants.

Toutefois, le taux de réussite global est d'environ 15 %, ce qui traduit un faible niveau en compétence technique.

De ce faible pourcentage de réussite, il ressort qu'il est urgent de performer l'enseignement technique et professionnel ainsi que l'enseignement universitaire en vue de garantir l'exécution des travaux routiers en particulier et ceux de développement en général.

En effet, sur base des tests organisés par le Ministère dernièrement, il s'avère que sur 162 dossiers reçus à Lubumbashi pour le recrutement des opérateurs d'engins, seulement 35 avaient été retenus après sélection.

Le taux de réussite était encore plus faible pour le poste de chef mécanicien, dont les exigences sont encore plus rigoureuses, où sur 187 dossiers reçus à Lubumbashi pour le recrutement à ce poste, seulement 18 avaient été retenus après sélection.

Ces tests ont été organisés à Likasi et à Kolwezi. Ils le seront bientôt à Kamina où l'équipe d'examinateurs va se rendre incessamment. Il en est de même de Kalemie.

Le coût moyen de réhabilitation des routes en terre se présente comme suit: ouverture de trafic d'une route en terre (travaux effectués pour un trafic léger ne dépassant pas 20 camions de 15 à 20 tonnes par jour), avec un rythme d'avancement de 10 à 15 km par mois et par atelier: 12.500 USD/km ; réhabilitation complète (travaux effectués pour un trafic moyen de 40 à 60 camions de 15 à 20 T par jour), avec un rythme d'avancement de 8 à 10 km par mois et par atelier: 25.000 USD/km.

Ces coûts, qui ne reprennent pas les frais relatifs au renouvèlement des engins (amortissement), se décomposent comme suit : 6 % main d’œuvre ; 34 % consommables ; 15 % maintenance ; 45 % ouvrage d’assainissement.

La politique du Gouvernement provincial du Katanga consiste à assurer une fluidité du trafic sur les différents axes étant donné que le niveau d'activité actuel n'amène pas à un trafic élevé, suite au faible niveau de production agricole et au revenu de la population.

Ainsi donc l'exécution du programme tel que défini ci-haut exigerait :

Au Nord-Katanga : l’ouverture de trafic RN1, Luena -Pont Lubilanshi(510 km) ; RN5, Frontière Sud-Kivu – Pweto(693 km); RN33, Kabondo Dianda – Nyunzu(605 km) ; RN34, Kapona – Moba(90 km); RPS 628, Kakuyu - Ankoro – Manono(280 km); RPS 630, Kamina -Kabongo –Kakuyu(368 km); RPS 631, Nyunzu –Kongolo(176 km). Total :2.722 km d'ouverture de trafic, soit 34.025.000 USD(12.500 USD/Km) ;

Au Sud-Katanga : l’Ouverture de trafic: RN 1, Sakania – Tshinsenda(113 km) ; RN1, Nguba – Luena(167 km) ; RN3S, Kasomeno – Kasenga(70 km) ; RPS 617, Luambo - Mitwaba – Mukwende(428 km). Total: 778 km.

Réhabilitation complète : Luambo – Mitwaba (305 km). 778 km d'ouverture de trafic et de réhabilitation, soit 17.350.000 USD.

Ouest Katanga : Ouverture de trafic:

RN39, Kolwezi - Dilolo - Frontière Kasaï Occ. (999 km) ; RPP 606, Mbangu - Tshimbalanga –Kafankumba(10km) ; RPP 607, Kasaji – Tshimbalanga(125 km).

Total : 1.134 km

Réhabilitation complète Kolwezi – Kasaji 305 km. 1.134 km d'ouverture de trafic et 305 km de réhabilitation, soit 21.800.500 USD. Soit un total de 73.175.000 USD répartis sur 3 ans, ce qui correspond à un besoin mensuel d'environs 3 millions USD et pour 8 mois de travaux par an.

Dans le contexte actuel, la province ne peut allouer mensuellement qu'un montant équivalent à 5 millions USD aux travaux routiers. Ce montant comprend le remboursement de la dette contractée pour acquérir les engins ; l’approvisionnement en consommables; la réhabilitation et la construction des ouvrages d'art; la maintenance des engins et le paiement des primes; le fonctionnement de la structure.

Ainsi, il se dégage un déficit qui se traduit sur le terrain par des arrêts des travaux sur les différents chantiers par manque de moyens, dont principalement la carburant. A date, la province a accumulé une dette de 2,3 millions USD pour l'approvisionnement en carburant dont les besoins mensuels sont de l'ordre de 1 million USD.

Moyens logistiques

Le déploiement des engins exigent le transport par voie ferrée de ces matériels pour les parties du nord et de l'ouest du Katanga couvertes par la SNCC.

La situation actuelle de la SNCC retarde beaucoup le déploiement des engins dans ces parties de la Province suite aux grèves à répétition, le manque de wagons et des locomotives ainsi que des moyens de fonctionnement.

Il est donc important que le Gouvernement Central puisse lever une option sur le contrat de concession de la SNCC, proposé par la Banque Mondiale, en vue de susciter l'intérêt des investisseurs potentiels qui pourraient gérer ladite société tout en veillant à ce que le réseau ferroviaire et l'immobilisé restent propriété de l'Etat.

En effet, comme cela se passe dans tous les pays, le rôle des chemins de fer étant aussi social, du fait de la nécessité d'assurer le transport de personnes, l'Etat ne peut pas se désengager totalement de la SNCC, au risque de compromettre ce rôle, le privé étant plus attiré par le gain.

Pour les parties non couvertes par la SNCC, le déploiement des engins exige l'utilisation systématique de porte-chars. Ce qui conduit à une programmation évolutive des travaux des centres urbains vers les milieux ruraux, étant donné que le niveau de dégradation avancé des routes ne garantit pas le passage des porte-chars sur la grande partie des routes avant leur réhabilitation.

Cette programmation évolutive des travaux amène souvent la population à croire que l'on a tendance à ne pas parer au plus urgent, c'est-à-dire intervenir sur des mauvais tronçons, dont les grands bourbiers souvent situés aux différents endroits, loin des points de démarrage des travaux.

Conclusion

La réhabilitation des routes, qui est une des priorités définies par le Chef de l'Etat à travers les cinq chantiers de la République, reste un important défi à relever.

Le Gouvernement provincial, qui tient à relever ce défi en vue de garantir un développement durable, a mis en place un vaste programme de réhabilitation des routes qui exige une mobilisation conséquente des moyens humains, matériels et financiers.

C'est à ce titre que le Gouvernement provincial fait appel au Gouvernement central en vue de soutenir ce programme, notamment en affectant à l'approvisionnement en gasoil et lubrifiants une partie du crédit de 39 milliards de FC retenus au budget de l'Etat pour l'année 2009 dans le cadre des investissements à allouer à la Province, dont les besoins mensuels sont de l'ordre d'un million USD, pour éviter l'immobilisation des engins (67 % du temps) acquis pour un montant de trente millions USD.

La province, quant à elle, s'est assignée comme objectif principal, la maximisation des recettes relevant de sa compétence, dont le niveau actuel est encore à améliorer (environs 3,5 millions USD par mois y compris les recettes de péage).