Carte_RDCDu 15 au 17 septembre 2009, M. Raymond Tshibanda, ministre de la Coopération internationale et régionale, a représenté la RDC aux travaux du Forum culturel et diplomatique de l’Institut ASPEN sur le thème « Culture et Sécurité ». Cadre, le théâtre Palacio Valdès de Avilès, en Espagne. Ce forum qui a mis ensemble diverses personnalités du monde tant politique, économique que culturel venues de quatre coins du monde, a placé la RDC au centre de ses discussions, vu son expérience acquise dans la résolution pacifique des conflits et dans la culture de la paix.

On comprend donc facilement pourquoi la RDC a été au cœur de cette grande rencontre. Dr. Damien Pwono, directeur exécutif du Forum culturel et diplomatique de l’Institut ASPEN, en a donné, en effet, l’explication. « A cause de sa culture et de son peuple uni, a-t-il affirmé, la RDC a refusé d’être divisée ; ce, malgré les pressions venues de toutes parts ». Quant au choix porté sur Raymond Tshibanda, il se justifie par le fait qu’au nom du président de la République Joseph Kabila, le ministre de la Coopération internationale et régionale a été sur plusieurs fronts de dialogue et de négociations qui ont abouti à la restauration de la paix dans la, sous-région des Grands lacs.

PRIORITE POLITIQUE, SECURITE DURABLE

S’exprimant à cette occasion, le ministre Raymond Tshibanda a axé son message sur le thème « La culture comme priorité politique en vue d’une sécurité durable ». Il a été question de voir comment la culture peut aider à résoudre les conflits, à consolider et à préserver la paix. « La RDC se remet peu à peu d’une guerre longue et ruineuse qui a détruit ses infrastructures de base et déstabilisé la sous-région des Grands lacs. Actuellement, le pays se reconstruit », a expliqué le ministre à l’assistance, tout en faisant valoir que « promouvoir la paix est donc un devoir et que faire de la culture une priorité politique pour une stabilité durable, c’est un impératif, une nécessité ».

Il a reconnu le fait que la paix mondiale se construit par la culture, insistant sur le fait que « l’expérience de la région des Grands lacs sur ce plan est forte ». Il a, par la suite, comparé les raisons de la guerre qui a sévi dans cette sous-région à celles qui ont conduit à la Seconde guerre mondiale. Ces causes, à l’en croire, sont les mêmes qui ont ensanglanté le Liberia, la Sierra Leone, le Rwanda avec le génocide et qui ont occasionné la tentative d’éclatement de la Côte d’Ivoire.

Le ministre de la Coopération internationale et régionale a résumé ces raisons en quatre points : le non respect des droits de l’homme et des libertés individuelles, l’absence de dialogue qui instaure le désaccord et la perte des repères moraux… « Il est clair que la guerre est partout, elle est due aux mêmes causes ; et en prendre conscience confirme bien la pertinence du thème que nous développons ici », a martelé le ministre.

Cela étant, il a précisé que « cette approche amène les politiques congolais à être plus attentifs à toutes les sensibilités de la société ». « La responsabilité de promouvoir une culture qui valorise plutôt que celle qui dénigre, une culture qui rassemble plutôt que celle qui divise, qui renforce l’estime de soi et l’estime de l’autre, est donc un devoir », a-t-il indiqué.

Une autre responsabilité des politiques, c’est celle qui veut qu’on veille à apprendre de l’histoire et à faire en sorte que l’on n’oublie pas ; sans omettre qu’il est également un devoir de consacrer à la culture des ressources suffisantes pour son développement. Cela est d’autant plus vrai que, très souvent, la culture est classée en second plan en termes de priorités budgétaires et ne reçoit pas assez de financement de l’Etat.

Et Raymond Tshibanda de poursuivre : « Il ressort, cependant, de l’expérience congolaise que ce n’est pas par les armes mais plutôt par la culture du dialogue que le CNDP de Laurent Nkunda, rébellion qui a déstabilisé la RDC durant plusieurs années, est revenu sur la table du dialogue et a mis fin à son insurrection ». « Grâce à la coopération et aux négociations, a-t-il noté, la RDC vit aujourd’hui en paix avec ses voisins, le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda. L’émissaire du président Joseph Kabila à ce forum a donc plaidé pour que l’on consacre des ressources suffisantes à une culture qui favorise la paix, un impératif sans lequel on ne sait rien construire. Grâce aux hommes de culture, le pays a pu préserver son unité et son identité et qu’il a puisé dans la culture ancestrale faite de tolérance mutuelle et d’acceptation de l’autre. « C’est comme cela, a dit le ministre, que le chef de l’Etat congolais, artisan de la paix, a créé un cadre permanent d’échanges et de dialogue pour la culture des valeurs pacifiques en parlant directement, sans tabou, et en recourant aux principes ancestraux ».

« C’est de cette manière, a-t-il affirmé, que nous sommes allés au-delà des suspicions et des méfiances ». La guerre étant coûteuse, mieux vaut promouvoir l’intégration régionale et les bonnes relations avec les autres membres de la région des Grands lacs. Voilà qui explique pourquoi la RDC prend une part active à la CIRGL, la Communauté des pays des Grands lacs, la CEEAC, la SADC, structure dont elle vient d’ailleurs d’obtenir la présidence.

KINSHASA, CADRE DU PROCHAIN FORUM

Dans moins de dix mois, a annoncé le ministre, la RDC fêtera les cinquante ans de son accession à l’indépendance. « Ce sera, a-t-il indiqué, le meilleur moment de faire passer le message de la culture de la paix en organisant le prochain forum en terre africaine et la RDC serait honorée d’accueillir, en son nom, comme en celui de toutes les organisations ci-haut citées, cette rencontre culturelle de l’Institut ASPEN. Soulignons qu’avant le forum d’Espagne, le ministre Raymond Tshibanda a d’abord participé, à New York aux Etats-Unis d’Amérique, à une importante rencontre du Fonds des Nations unies pour la population, FNUAP ; cet organe s’étant dit prêt à aider la RDC à organiser un nouveau recensement de sa population.


Source : le Potentiel