MLCPeu avant son arrestation en mai 2008 à Bruxelles par la CPI, Jean-Pierre Bemba alors qu’il négociait le poste de Premier ministre avec Kinshasa, avait juré de ne plus se présenter candidat Président de la République en 2011 et de confier la direction du parti à José Makila.

La Cour suprême de Justice vient de rejeter le recours en annulation introduit par l’ancien gouverneur de la province de l’Equateur, José Makila Sumanda, contre l’arrêt pris en première instance par la Cour d’Appel de Mbandaka approuvant la déchéance de ce dernier par l’Assemblée provinciale de l’Equateur. Cette décision met un terme à une instabilité institutionnelle qui n’a que trop duré dans cette province. A la suite de cette décision, comme dit dans cet autre article de La République, 15 jours ont été accordés à la Commission électorale indépendante (Cei) pour organiser les nouvelles élections en vue de désigner un nouveau gouverneur et un nouveau vice-gouverneur.

Mais l’inspecteur général du Mlc, José Makila Sumanda qui avait promis de se plier à la décision de la Cour suprême de justice, voudrait profiter de cette libération des tâches administratives, pour s’occuper de son parti qu’il voudrait repositionner face aux échéances futures. Ainsi, voudrait-il occuper les premières loges du parti à la place de Jean-Pierre Bemba dont l’absence prolongée au pays inquiète les militants et bloque le bon fonctionnement du parti. Selon certaines indiscrétions, c’est lui-même le chairman du Mlc qui aurait fait ce choix sur la personne de José Makila Sumanda pour diriger le parti ; et ce ne sont pas les François Mwamba Tshishimbi, Thomas Luhaka ou Delly Sessanga Hipungu, encore moins Charles Bofassa Djema qui diront le contraire.

C’est là où la source a donné quelques révélations un peu troublantes. Au moment où les dirigeants du Mlc faisaient croire à l’opinion que le gouvernement empêchait au leader du Mlc de regagner le pays, en refusant d’assurer sa sécurité, « Le président de notre parti, Jean-Pierre Bemba, avait chargé au premier semestre 2008 certains cadres du parti pour entamer les négociations politiques avec le président Kabila en vue de mettre en place un gouvernement ouvert à l’opposition politique qu’il devait diriger ». Et pour faire accepter cette proposition par le président Kabila, le chairman du Mlc avait offert certaines garanties dont renoncer à la course pour la présidentielle 2011, au cas où il était désigné Premier ministre, chef du Gouvernement, et se retirer de la tête du parti au profit de José Makila. Il avait même déclaré être prêt à travailler à l’isolement des extrémistes comme Ne Muanda Nsemi.

Les pourparlers entre les deux parties se poursuivaient quand la Cour pénale internationale (Cpi) avait mis la main sur le candidat Premier ministre Jean-Pierre Bemba, et que Kinshasa persistait à ne pas lui faire confiance, s’en tenant à l’accord de gouvernement Amp-Palu-Udemo avec possibilité d’ouverture à l’opposition politique.

Pour la source, cela n’est pas une première opportunité que le chairman du Mlc a eu à donner à José Makila pour diriger le parti. A bien d’occasions, il a signifié à certains proches sa détermination de voir Makila diriger le parti. Et même, à la suite du 2ème tour de l’élection présidentielle de 2006, en cas de victoire, le chairman s’était décidé de confier la présidence du parti à José Makila.

Ainsi, tout en souhaitant que la libération de Jean-Pierre Bemba des griffes de la Cpi soit rapide, la source note qu’il est tout à fait légitime que la province qui a donné l’exclusivité des voix au chairman aux élections, à savoir l’Equateur, puisse reprendre la direction du parti pour bien l’organiser en vue des futures échéances.

            Course au leadership du Mlc

Or, selon toute vraisemblance, la libération même provisoire de Jean-Pierre Bemba n’est pas pour demain. Ce qui remet au devant de la scène, la course au leadership du Mlc. D’une part, François Mwamba, le secrétaire général du parti, ne semble pas prêt à désarmer. En l’absence du leader, c’est lui qui a les rênes du pouvoir. Et, il a derrière lui, bien des cadres du parti. Mais, il y a une bonne frange des fondateurs et combattants de ce parti qui soutiennent que ce parti est d’abord un parti pour les originaires de la province de l’Equateur où il est né dans un mouvement insurrectionnel en 1998. Pour eux, conscients des difficultés judiciaires de Jean-Pierre Bemba et avec le décès de papa Jeannot Bemba dont certains voulaient propulser à la tête du parti, il est hors question que ce parti soit dirigé par un non originaire de cette province. D’où cette guerre des tranchées qui s’annonce au sein du parti cher au chairman.

L’avenir nous réserve sûrement des surprises. En attendant, François Mwamba et José Makila se regardent déjà en chiens de faïence.

Source : la République