jk_presidentLe voyage de New York annulé, Kabila veut régler "les urgences de politique intérieure". Le Chef de l'État était attendu en début de semaine à New York pour la Session de l'Assemblée Générale des Nations Unies. Joseph Kabila Kabange ne s'y rendra pas, a appris "Le Soft International" le week-end. Du coup, la situation politique interne s'accélère si elle ne se dramatise pas. Avec le dernier coup de gueule du ministre du Plan (AMP-ARC-Forces du Renouveau), Olivier Kamitatu Etsu.
Priorité à la politique intérieure. Cela a toujours été le credo de Joseph Kabila Kabange qui, face aux cartons d'invitation, préfère consacrer son temps sur les questions politiques du pays...

Plus d'une fois, il lui est arrivé d'annuler - ou de postposer - une   visite dès lors que son agenda politique interne le sollicitait amplement.   Mais le report - in extremis, à en croire certains - de la visite annoncée   du Chef de l'État à New York à l'occasion de la tenue de   l'Assemblée générale des Nations Unies où il était   attendu au nom de son pays - mais aussi certainement au nom de la SADC et de   la CÉÉAC dont il préside le bureau tournant - prend une   toute autre allure, estiment les analystes. Les esprits paraissent surchauffés   à la Chambre basse où les Députés ont retrouvé   leurs strapontins au Palais du Peuple au retour de leurs vacances parlementaires.

 

UNE RELATION "FIABLE ET STABLE".
  Et, nul n'a oublié la promesse d'un tsunami faite par le Chef de l'État   lui-même, il y a cinq mois, à la recherche des 15 hommes politiques   qui doivent l'aider à redresser le pays.

 

Beaucoup a été écrit à ce propos mais, face à   plusieurs hypothèses de travail, le Chef de l'État n'avait certainement   pas encore levé l'option. On ne peut pas par ailleurs ne pas rappeler   le mélodrame de la dernière session à la Chambre basse   qui connut le remplacement du Bureau. L'affaire Kamhere est encore dans tous   les esprits et les démons sont encore en train d'errer dans les couloirs   du Palais du Peuple.

 

Et voilà donc que tombe samedi 19 septembre une Déclaration politique   émanant de l'un des treize partis de la Majorité parlementaire   - l'ARC du ministre du Plan Olivier Kamitatu Etsu - qui a fait un coup de gueule   qui ne pourrait pas ne pas avoir de suite.

 

Kamitatu réclame une "restructuration de l'Amp" et dénonce   "l'esprit de jouissance" qui a élu domicile au sein de l'Alliance.   Le ministre du Plan réfute "les alliances conjoncturelles"   qui ne sauraient aller contre "l'intérêt supérieur   de la Nation". De ce fait, il s'en prend ouvertement à l'accord   politique liant l'Amp au Palu. Dire que le ministre Kamitatu n'avait pas été   un chaud partisan de la reconduction de l'accord Amp-Palu serait sans doute   peu...

 

Si à l'Amp, l'on considère que la relation avec le Palu est loin   d'être techniquement performante, on estimait cependant généralement   qu'il s'agit d'une relation "fiable et stable". Le Palu doit faire   face à des ambitions au sein de la Coalition AMP et celles-ci ne sont   pas toujours de nature à faciliter la nécessaire sérénité.

 

Il est clair que le temps presse et les options doivent être levées.   Le Premier ministre Adolphe Muzito aurait fait parvenir au Chef de l'État   quelques idées sur ce tsunami. Il reste malheureusement que la conjoncture   sociale et politique est des plus difficiles.

 

Le parti de Kamitatu invite à cet effet "le Gouvernement à   mettre en oeuvre un mécanisme efficace pour stabiliser le cadre macroéconomique   en vue de la relance de la production et l'amélioration du climat des   affaires et des investissements", et "recommande pour ce faire, l'assainissement   de la gestion des finances publiques, l'accroissement de la production, la stimulation   et la diversification des exportations, la poursuite des efforts dans la mobilisation   des recettes de l'État, la réduction du recours au financement   monétaire du déficit, et l'encadrement des prix des biens de consommation".   La brèche ouverte par l'ARC ne pourrait pas ne pas avoir de suites...   imminentes. La question est désormais de savoir comment le feu qui couve   sera éteint.

 

Faut-il laisser faire la Chambre - ce serait, aux yeux de certains, le schéma   catastrophe - ou si le Président de la République et le Premier   ministre doivent prendre le devant. Et annoncer "les nécessaires   ajustements institutionnels".

source : le soft international