drapeauFMIReport de la réunion du Club de Paris au 21 octobre 2009. Report début novembre de la réunion mixte Fmi-Banque mondiale à Washington pour statuer définitivement sur le cas RDC. Dépréciation continue du Franc congolais. La liste n’est pas exhaustive, certes. Mais, elle traduit le désastre dans lequel baigne l’économie congolaise. Dans les rangs des partenaires au développement, on ne cache plus la déception. Certains vont jusqu’à douter de la bonne volonté du gouvernement à maintenir le cap des réformes. Autant d’événements qui auraient, renseignent certaines sources, motivé le Président de la République d’annuler son déplacement de New York.

La rencontre du Club de Paris prévue le 15 septembre a été décalée au 21 octobre 2009. Raison évoquée, le retard pris par le consortium d’entreprises pour signer l’avenant au partenariat amendé. La réunion avec le Club de Paris reporté, automatiquement celle prévue entre la Banque mondiale et le Fonds monétaire internationale a subi le même sort. Elle est fixée pour début novembre. Mais, le préalable à cette rencontre demeure le rendez-vous avec le Club de Paris qui doit définitivement se fixer sur les « assurances financières » à prendre en compte dans le programme triennal en discussion avec le FMI.

Plusieurs sources rapportent que le report de la réunion du Club de Paris se justifierait par le retard pris par le consortium d’entreprises chinois – trois au total, à savoir Sinohydro, CREC et Exxim Bank – à approuver l’avenant apporté au partenariat initial conclu dans le cadre des contrats chinois. Dans ces conditions, le Club de Paris n’a pas trouvé nécessaire de tenir sa réunion avec le Gouvernement congolais dans la mesure où l’élément central des discussions n’a pas pu être bouclé à temps. Selon le chronogramme adopté par les experts du FMI lors de leur dernier passage à Kinshasa, c’est après approbation entre les deux parties engagés aux contrats chinois (RDC et consortium chinois que les créanciers traditionnels de la RDC réunis au sein du Club de Paris devaient dégager des « assurances financières » à prendre en compte par le FMI dans le programme triennal en voie de finalisation.

Malgré la pression exercée par les uns et les autres, l’avenant n’a pas été signé nonobstant la présence d’une délégation congolaise en Chine. Certes, les Chinois ne refusent pas de signer ces avenants. Mais la Chine n’accepte pas de subir une quelconque pression, soit-elle du FMI et de la Banque mondiale dès lors que la Chine a traité avec un « Etat souverain ». Le gouvernement chinois est demeuré intransigeant sur sa position. Il considère, depuis toujours, que le partenariat sino-congolais a été conclu entre l’Etat congolais et un groupe d’entreprises chinoises non liées d’une quelconque manière avec le gouvernement chinois.

UN AUTRE SON DE CLOCHE

Malheureusement, le retard de signature de l’avenant ne serait que la face révélée de l’iceberg, commente-t-on dans divers milieux. Il y en aurait d’autres, estiment-ils. C’est notamment les graves dérapages enregistrés aussi bien dans le compte général du Trésor que dans le compte d’exploitation de la Banque centrale du Congo en fin août 2009.

Ces sources confirment que c’est ce déficit cumulé du secteur public (Banque centrale et Trésor), soit plus de 70 milliards de Francs congolais, qui aurait fait reculer le FMI. Apparemment, le FMI, renchérissent ces sources, a été scandalisé par le vandalisme du gouvernement congolais. « C’est comme si nos dirigeants ne se soucient nullement du pays. Juste au moment où l’on devait conclure avec le Fmi, c’est le moment chois pour accumuler des bêtises », a déclaré sous le sceau de l’anonymat un expert haut placé dans le cercle financier du pays.

A en croire des sources concordantes, l’ organisation du 29ème sommet de la SADC aurait permis que la planche à billet tourne à plein rendement, à telle enseigne que chez les cambistes, les billets pimpants neufs, couverts de plastics, sont exposés à ciel ouvert, en toute impunité. D’où ce constat scandaleux : durant les premiers jours, le déficit aurait été de 40 milliards de FC. Explication à la dépréciation de la monnaie nationale. Mardi 22 septembre, le dollar s’échangeait à 870 FC pendant que le gouvernement, dans ses prévisions budgétaires fixe le taux de change fin décembre à 800 FC/Usd. Il ne révèle pas, entre-temps, les bases de sa conviction. C’est comme s’il s’offrait à la providence pour ramener l’équilibre sur le marché des changes.

Médusés, les partenaires extérieurs auraient décidé du report de la rencontre de Paris pour autant qu’ils ne sont plus du tout convaincus de la volonté politique des responsables congolais à remettre de l’ordre dans le secteur des finances publiques. Il est donc possible qu’ils ferment les vannes. Une catastrophe est en vue.

Car dans le projet de budget 2010 en préparation au niveau du gouvernement – sa transmission est prévue fin septembre au Parlement – l’exécutif central table sur des recettes équilibrées en dépenses de l’ordre de 4,9 milliards de dollars américains, dont 2,6 milliards proviendraient des appuis budgétaires et autres dons des partenaires extérieurs.

Cependant, la réalisation des apports extérieurs est conditionnée, comme il en a été le cas en 2009, par la conclusion avec le FMI d’un programme triennal au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance. Ainsi, dans l’hypothèse où la RDC ne parviendrait pas à conclure un programme avec le FMI, il faudrait, en toute logique, mettre une grande croix sur les fonds extérieurs prévus en 2010, soit environ 2,6 milliards, à en croire le ministre du Budget.

Cela se traduirait par la non réunion du Club de Paris ainsi que celle conjointe « FMI-Banque Mondiale » si jamais les autorités congolaises ne donnaient pas de signaux forts des assurances fermes du respect de leurs engagements. Autre réaction : la non affectation des apports extérieurs au Budget 2010. La décision devrait tomber lors de la réunion de Paris.

Cela devient de plus en plus courant et agaçant de revenir chaque fois à la case départ pour courir toujours derrière cet insaisissable « accord FMI-RDC » dans la perspective d’un nouveau programme de redressement économique de la RDC.

L’OMBRE DE LA CHINE

Il est un fait que la convention sino-congolaise intéresse les partenaires occidentaux. Si le FMI s’y est impliqué pour que cette convention ne soit plus un obstacle à la signature d’un nouveau accord entre la RDC et le FMI, les partenaires occidentaux tiennent à tout prix à la signature des avenants sans lesquels ils ne signeraient aucun accord avec la RDC.

Sans cet accord, la dette de la RDC ne sera pas annulée. Or, les pays occidentaux ont déjà manifesté leur bonne volonté d’aider la RDC. C’est ainsi qu’ils ont accordé 600 millions de dollars à Kinshasa pour renforcer ses réserves en devises qui se chiffrent maintenant à 800 millions de dollars. Mais en revanche, les pays occidentaux tiennent à la signature des avenants chinois.

Cette situation serait à la base de l’absence du président de la République à l’Assemblée générale de l’ONU qui planchera sur les questions de changement climatique. Il aurait réuni lundi en sa résidence de la Gombe, les acteurs politiques du secteur économique et financier (Premier ministre, ministres de Finances, du Budget, et le gouverneur de la Banque centrale du Congo), sans doute pour voir un peu plus clair sur ce qui se passe. De nombreux chefs d’Etat sont déjà sur place, particulièrement ceux de la région des Grands Lacs, pour parler du président rwandais Paul Kagame.

Des rencontres à haut sommet ont souvent lieu en ces circonstances. C’est ainsi que le Premier ministre belge et son ministre des Affaires étrangères avaient envisagé de rencontrer les présidents Kabila et Kagame pour évoquer la situation dans la région des Grands Lacs et la relance de la CEPGL. De son côté, le nouveau Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, Karel De Gucht avait souhaité en faire autant pour évoquer les actions susceptibles de mettre un terme au trafic frauduleux des minerais congolais.

Source : le Potentiel/Kinshasa