Monuc_FardcEn dépit de ses faiblesses, avérées ou supposées, la Monuc est encore présente en territoire congolais, depuis son arrivée en 1999, d’abord avec un panel d’observateurs, civils comme militaires, et plus tard avec des troupes. Elle était venue pour sécuriser les populations civiles dans les zones les plus touchées par les conflits armés à répétition, mais aussi contribuer à la surveillance du cessez-le-feu conclu entre belligérants congolais en juillet-août 1999 à Lusaka (Zambie), accompagner les différentes étapes de désengagement des forces « rebelles » et gouvernementales, d’unification du territoire, de la libre circulation des personnes et de leurs biens, de la restauration de l’autorité de l’Etat, etc. Elle était encore là, pour sécuriser les institutions de la Transition et leurs animateurs (2003-2006), en sus de sa mission principale de protection des populations civiles. Elle s’était signalée en 2006, aux côtés des troupes de l’EUFOR, dans l’encadrement de la campagne électorale et le déroulement des élections présidentielle et législatives. Même si des dérapages et des incidents post-électoraux étaient sans nombre – cas des affrontements armés entre soldats acquis à la cause des candidats Kabila et Bemba en août 2006 et en mars 2007- la Monuc avait fait de son mieux pour éviter l’apocalypse.

 

Dix ans après, certaines voix s’élèvent pour réclamer, souvent sur un coup de colère, son retrait immédiat et définitif. On rappelle que l’institution onusienne opère dans notre pays avec le feu vert du gouvernement central. C’est ce dernier qui entérine, à intervalles réguliers, les demandes de prolongation de la présence des « Casques Bleus » sur notre territoire. Et l’on peut constater, à ce propos, le Représentant Spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC est appelé à aligner à chaque fin de mandat des arguments pertinents sur les risques d’implosion de notre pays du fait du danger permanent de sa prise en otage par des seigneurs de guerre autochtones et des forces négatives étrangères. Mais, tôt ou tard, l’ONU finira par se lasser de financer des opérations de maintien de la paix qui lui coûtent les yeux de la tête et que les Congolais ne semblent pas apprécier à leur juste valeur. C’est encore et toujours elle qui était omniprésente tant aux côtés de l’armée congolaise que de ses alliées rwandaise et ougandaise, entre janvier et février 2009, dans le cadre des opérations « Kimia » et « Rudia », dans l’objectif, sinon de neutraliser les FDLR et la LRA, au moins de réduire sensiblement leur capacité de nuisance au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Province Orientale. Le feuilleton du retour de la paix dans la partie Est du pays se poursuit. La Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo (Monuc) est toujours prête à appuyer les FARDC dans les airs comme au sol, avec ses avions et hélicoptères de combat ainsi qu’avec ses véhicules de transport de troupes, son matériel de campement, ses ambulances, ses kits médicaux, etc. L’après-Monuc : quel sort ? Apparemment, décideurs et populations de la RDC ont tendance à s’installer dans la perspective d’un mandat illimité de la Monuc. Pourtant, au sortir du Dialogue Intercongolais, des résolutions pertinentes avaient été formulées au sujet de la réforme de l’armée et de la police nationale, afin qu’elles soient à même d’assumer leurs missions de défense de l’intégrité territoriale et de sécurisation des biens et personnes. Six ans après la clôture de ce forum, l’on attend toujours l’émergence d’une armée capable de dissuader les Etats voisins ou les groupes armés des rallyes militaires à travers notre territoire. Le policier congolais est loin de refléter l’image du protecteur du civil, auprès de qui il peut se réfugie à la moindre alerte au danger, à domicile comme sur la voie publique. Pendant combien de temps la RDC va-t-elle continuer à s’offrir le luxe de fonctionner sans une force combattante rassurante pour sa défense et une police fiable pour la protection de ses citoyens ainsi que des étrangers résidant sur son territoire ? L’après –Monuc, que d’aucuns semblent appeler de tous leurs vœux, ne tardera pas à se produire. La RDC est-elle prête à se prendre en charge en matière de défense et de sécurité ? Avons-nous déjà mesuré ce que notre paix et notre sécurité coûtent aux contribuables occidentaux ?

Source : le Phare