Des échauffourées ont eu lieu hier mardi dans la cité de Moanda, entre les habitants et des militaires instructeurs angolais de la base de Kitona. A la base de la situation : une foule venue assister à l’expulsion des Angolais vivant à Moanda, a lancé des insultes et des pierres au passage des instructeurs angolais de la base de Kitona, venus s’approvisionner en vivres dans ladite cité. Les militaires angolais ont réagi par des coups de feu tirés en l’air, selon la radio Okapi. Estimés à une centaine, les Congolais étaient massés devant le bureau du territoire pour acclamer l’expulsion des Angolais de la RDC. Geste considéré, d’après eux, comme un soulagement moral face aux humiliations subies par leurs compatriotes qui sont chassés massivement de l’Angola dans des conditions inhumaines. Toujours à Moanda, on indique qu’une vingtaine de maisons appartenant aux « Assolongo », des ressortissants angolais installés en RDC depuis les années’80 fuyant la guerre MPLA-UNITA, ont été saccagées aux quartiers Kinsaku et Réfugiés. Par ailleurs, on signale que cette opération d’expulsion des Angolais en situation irrégulière en RDC a débutée le lundi 5 octobre, avant de se généraliser hier mardi dans toutes les grandes contrées de la province du Bas-Congo. A part la ville de Matadi, où la première vague d’Angolais est en instance d’être lancée, quelque 500 autres vivant dans le territoire de Moanda seront reconduits chez eux. A Boma, le premier groupe a quitté le territoire congolais le lundi 5 octobre. Situation similaire dans le territoire de Songololo où on signale qu’environ 2.000 Angolais sont rentrés chez eux le mardi 6 octobre. Et partout des opérations similaires sont signalées. C’est le cas à Kimvula, Kwilu- Ngongo, Kimpese, etc.

              Création d’une commission mixte C’est le ministre congolais en charge des Affaires sociales, humanitaires et solidarité nationale qui a livré l’information le dimanche 4 octobre, lors de sa descente dans la ville de Boma, pour constater et éventuellement venir en aide à plus de 5.000 compatriotes expulsés d’Angola. Barthélemy Botswali a renseigné que cette commission mixte RDC-Angola s’occupera de la question des expulsions, sans toutefois avancer une quelconque date. Il importe de rappeler qu’à ce jour, on compte quelque 25.000 Congolais expulsés d’Angola pour les deux dernières semaines. Ces expulsions sont observées partout où la RDC fait frontière avec l’Angola, notamment les provinces du Bas-Congo, Bandundu, Kasaï Occidental et Katanga. Il faut agir vite ! Pour les esprits éclairés, le climat entre la République démocratique du Congo et l’Angola devient fort préoccupant. Il y a nécessité de prendre la situation au sérieux. La réaction des habitants de Moanda peut être considérée comme prélude à d’autres dérapages de nature à dégénérer en situations regrettables. Rien n’indique qu’à chaque incident, les soldats angolais vont continuer à se limiter aux tirs en l’air. Si par malheur, ils cèdent à la nervosité et tirent à balles réelles sur des Congolais innocents, on se trouverait devant une situation difficilement contrôlable. La prudence commanderait que les officiels congolais et angolais se concertent rapidement pour calmer les esprits surchauffés de part et d’autre. Ils devraient prendre des dispositions de manière qu’en cas d’expulsion des irréguliers, cela se fasse selon les normes en la matière. On espère que la commission mixte se réunira le plus vite possible et arrêtera des mécanismes susceptibles de calmer la tension en vue de réglementer les mouvements des populations entre les deux Etats.

Source : Le Phare