La date de début d’audience de Me Firmin Yangambi devant la Cour militaire de la Gombe est fixée au 21 octobre. La convocation du tribunal militaire est parvenue au détenu de la prison centrale de Makala jeudi à Kinshasa. Selon l’auditeur militaire supérieur, deux chefs d’accusation pèsent sur Firmin Yangambi et ses trois coaccusés. Il s’agit de la tentative de mouvement insurrectionnel à Kisangani(Province orientale) et de détention illégale d’armes de guerre



La date de début d’audience de Me Firmin Yangambi devant la Cour militaire de la Gombe est fixée au 21 octobre. La convocation du tribunal militaire est parvenue au détenu de la prison centrale de Makala jeudi à Kinshasa. Selon l’auditeur militaire supérieur, deux chefs d’accusation pèsent sur Firmin Yangambi et ses trois coaccusés. Il s’agit de la tentative de mouvement insurrectionnel à Kinshasa et de détention illégale d’armes de guerre, rapporte radiookapi.net

Interrogé par radiookapi.net jeudi, les avocats de Firmin Yangambi affirment attendre le début du procès pour relever les contradictions qu’ils ont observées entre les chefs d’accusation du ministère public et les premiers éléments fournis par la police.Selon Peter Ngomo, l’un des avocats de Firmin Yangambi, lorsque son client a été arrêté, les services spéciaux de la police ont présenté à la presse une quarantaine d’armes. Les armes censées servir pour l’opération d’insurrection projetée par Yangambi à Kisangani (Province orientale), toujours selon la police. Les avocats de Yangambi se disent surpris que l’acte d’accusation établi par le ministère public ne mentionne que 6 armes. Autre contradiction, selon Me Peter Ngomo : les coaccusés de Firmin Yangambi ont tous été interpellés à Kinshasa alors que l’opération était censée se dérouler à Kisangani. Seul Me Yangambi, le principal accusé, a été appréhendé à l’aéroport de Kisangani. Me Ngomo a également sollicité auprès des services pénitenciers, de meilleures conditions de détention pour son client. D’après lui, Yangambi et ses compagnons sont encore enfermés dans leurs cellules. Leurs membres de famille ne sont pas autorisés à leur rendre visite. Activiste des droits de l’homme, Firmin Yangambi est avocat au barreau de Kisangani et président de l’ONG de défense des droits humains « Paix sur terre ».

Interpellation ou enlèvement ?

L’annonce de l’arrestation de Me Firmin Yangambi a été faite à la presse par le ministre de la communication, Lambert Mende, le lundi 28 septembre à Kinshasa. Au cours de cette conférence, Lambert Mende annonçait que les services spéciaux de la police ont interpellé Me Firmin Yangambi, le 23 septembre dernier à Kisangani. Il convoyait alors une cargaison d’armes achetées à Kinshasa pour lancer un mouvement insurrectionnel contre la RDC à partir de Kisangani, d’après Lambert Mende. Mis aux arrêts le même jour de son interpellation, Firmin Yangambi a été déféré devant la Cour militaire de la Gombe le dimanche 27 septembre à Kinshasa, toujours selon le ministre.

Cette version de faits est contestée par certains activistes de droits de l’homme qui évoquent plutôt son enlèvement et son transfert à Kinshasa.
C’est le cas du groupe Lotus, une ONG de défense des droits de l’homme. Dans un communiqué publié le 2 octobre à Kisangani, le groupe Lotus soutient que Firmin Yangambi a été interpellé à Kisangani le 27 septembre et non pas le 23 septembre comme l’a avancé le ministre Mende.
Le même document indique que Firmin Yangambi accompagné de son frère Blaise Yangambi ont été interpellés par des policiers à bord de deux jeeps, au niveau de la 7ème avenue, rond point Comboni, quartier plateau Boyoma, commune Makiso à Kisangani. Ils ont été conduits à la direction provinciale de l’Agence nationale de renseignement où ils ont été gardé jusqu’à l’annonce de l’arrestation et du transfert de Me Firmin Yangambi à Kinshasa par le ministre de la Communication et des Medias, rapporte la même source. Blaise Yangambi, le frère de l’accusé, a été libéré le 30 septembre à Kisangani, selon le communiqué de Lotus. Le même jour, les éléments de la justice militaire ont effectué une perquisition au domicile de Firmin Yangambi. Aucune arme, aucun effet militaire n’ont été trouvés, précise le communiqué. L'ONG Lotus a aussi demandé à l’Etat congolais de garantir à l’accusé le droit de ne pas être jugé en tant que civil par une juridiction militaire.

source : okapi