Carte_RDCFloraison d’études sur la problématique du développement des pays africains. Quatre thèses ont tendance a émergé pour expliquer cette situation : étendue géographique, densité démographique, ressources naturelles et montée en puissance de l’ethnicisme. Des théories qui vont à l’encore des objectifs de l’Union africaine de réussir l’intégration sous-régionale, tant sur le plan économique et politique, mais qui favorise la création des « Etats nains ». Le Soudan, le Nigeria, l’Angola et la RDC sont visés. Comme pour dire , la balkanisation a la peau dure.

Depuis vendredi 16 octobre, des manœuvres militaires conjointes « EAC – Etats-Unis » se déroulent en Ouganda, principalement à Kitgum. Durée de la manoeuvre dix jours, sous la supervision du Commandement africain de l’armée américaine, AFRICOM. Baptisé « Feu naturel 10 », cet exercice connaît la participation de plus de 1.200 soldats burundais, kenyans,, ougandais, rwandais tanzaniens, tous pays membres de la Communauté de l’ Afrique de l’ Est et américains bien sûr. L’objectif de cet exercice militaire vise à répondre aux urgences humanitaires compliquées telles les séismes, inondations et glissements de terrain.

Selon Béatrice Kiraso, secrétaire générale adjoint de la EAC, « l’exercice va promouvoir la coopération et la fédération de l’ EAC ».

Curieusement, 10 jours plutôt, toujours à Kampala, le président Museveni appelait les pays d’Afrique « à former un système de défense territoriale unifié pour protéger le continent contre les menaces de sécurité extérieures ». « Les plus grandes menaces pour l’Afrique viennent de l’extérieur, c’est ce danger qui a causé notre colonisation », a-t-il déclaré. Que s’est-il passé entre les dix jours pour qu’il y ait cette manoeuvre supervisée « de l’extérieur » ?

Au moment où l’on attend une réponse à cette interrogation, la gestion de la situation sécuritaire revient à la sur face. Outre des études qui se multiplient, certaines structures ne lâchent pas prise pour proposer des solutions à la situation dans les deux Kivu et dans la Province orientale.

Pole Institute, basé à Goma, balaie d’un revers de la main les résultats accomplis par les FARDC et la MONUC dans le cadre de l’ opération Kimia II. Pour cet institut, il s’agit d’un échec. « Contrairement aux opérations conjointes rwando-congolaises au Nord Kivu où finalement il y aurait très peu d’affrontements militaires réels, les FDLR renforcées par les éléments de FNL-Burundi dans le Sud-kivu se sont engagées dans des combats atroces contre les FARDC et le rapport de forces bascule souvent d’un côté comme de l’ autre. Le Rwanda se dit prêt à donner un coup de main si le gouvernement de Kinshasa le lui demande, mais jusqu’ à présent, ce dernier préfère tester ses propres forces dans un environnement sud-kivutien opposé à toute intervention militaire de l’ armée rwandaise sur son territoire », souligne un rapport de Pole Institute.

Au même moment, le Caucus des députés nationaux du Sud Kivu ont adressé une motion incidentielle à l’Assemblée nationale. Ils insurgent contre les propos d’un des leurs qui leur fait porter le chapeau de l’insécurité au Kivu. Mais par contre, ils pointent du doigt le gouvernement, la hiérarchie militaire des FARDC de ne pas faire mieux pour ramener la paix dans cette partie du pays. Ils dénoncent le dépeuplement des populations locales et sont inquiets de ce retour massif des « Congolais » au risque d’aggraver les conflits fonciers. Ils sont étonnés d’entendre certains compatriotes se « déclarer fatigués de la question du Kivu » comme s’ils prêtaient le flanc aux acteurs de la balkanisation de la RDC.

Création des «  Etats nains »

Tout se passe comme si les acteurs de la balkanisation ont changé de tactique. Ils poussent les « Congolais à se haïr » pour se « fatiguer » avant qu’ils ne portent l’estocade pour assouvir leurs destins machiavéliques. Tenez.

Selon une étude élaborée par « The Brookings Intitution » et publiée par Global Poverty dans le cadre du développement de l’ Afrique, plusieurs causes seraient à la base du retard que connaît plusieurs pays africains. Il s’agit de l’étendue géographique, de la densité démographique, des ressources naturelles et de la montée de l ethnicisme.

Plus un pays est grand, souligne cette étude, plus la gouvernance est difficile. Il en est de même du nombre élevé de la population. Cette situation se répercute ensuite sur la gestion des ressources naturelles et favorise des conflits interethniques. Pour eux, seuls les « petits Etats » sont bien gouvernés en Afrique.

Deux faits à relever dans ces études qui ne visent que la balkanisation des Etats africains. D’où sont visés ; le Nigeria, le Soudan, l’Angola et la RDC.

Deux faits, disions-nous, nous interpellent. Pourquoi seulement les pays de l’Afrique subsaharienne alors qu’en Afrique septentrionale existent des pays aux immenses dimensions géographiques avec des importantes ressources naturelles ?

Ce qui est vrai, c’est que cette théorie est celle de la politique des « Etats nains » pour créer des Etats à l’image des pays du balkan avec l’effondrement de l’empire soviétique. Mais a-t-on résolu le problème de la cohabitation pacifique ? La Tchétchénie, le Kosovo, la Belorusse, la Georgie, etc…sont là autant des cas qui doivent nous interpeller.

D’autre part, cette théorie va à l’ encontre des préoccupations de l’Union africaine. Cette organisation régionale recommande l’ intégration économique et politique dans le but d’ accélérer le développement du continent africain. Ce serait donc une erreur monumentale de faire croire à une certaine communauté internationale la création des « Etats nains » favoriserait le développement de l’ Afrique.

En cherchant aujourd’hui à s’appuyer sur la décentralisation pour obtenir ce résultats des « Etats nains », l’on est en train de commettre un « crime contre l’ humanité » en Afrique. C’est chercher à ce que certains Etats parias africains étendent leurs dimensions géographiques sur d’autres Or, on ne peut jamais résoudre la situation d’un Etat africain en créant de la confusion dans un autre Etat voisin. Ce serait jouer au pyromane et toute l’Afrique y perdrait. Les Congolais doivent être vigilants avec cette abondance d’études, ce travail des ape au plan national et ces exercices militaires comme si un « tsunami » s’annonce déjà dans la région de l’ Afrique des Grands Lacs pour emporter avec tout la RDC. Le complot est toujours là. Seule la tactique est en train de changer.

Source : le Potentiel/Kinshasa