carte_kIVULa société du Sud Kivu a écrit au président Joseph Kabila en rapport avec la dégradation de la situation sécuritaire de la province. Dans un mémorandum daté du 13 octobre et parvenu, lundi, à radiookapi.net, elle estime, après analyses et observations des faits, que le contexte sociopolitique et sécuritaire demeure nuageux et ne présage aucun avenir rassurant à court terme pour l’amélioration de la situation sécuritaire et du bien-être de la population.

 


        Faisant l’inventaire des cas d’insécurité enregistrés, rien que depuis le début du mois d’octobre, la société civile du Sud-Kivu dresse un tableau sombre. Elle attribue tous ces méfaits, entre autres, à l’échec du processus de désarmement et d’intégration des groupes armés, l’ambiguïté sur les objectifs réels des opérations Kimia II, la problématique de la configuration des unités impliquées dans ces opérations et leurs effets collatéraux.

Condamnant ce qu’elle appelle la «réinstallation du terrorisme dans la province dans un contexte de démocratie  postélectorale», la même source demande à Joseph Kabila, en tant que commandant suprême des FARDC, de redéfinir rapidement les objectifs et les stratégies opérationnelles de Kimia II au Sud-Kivu, de renforcer la présence des éléments de la police nationale congolaise et des services de renseignements dans les espaces autrefois sous contrôle des FDLR et de favoriser une forte collaboration entre les éléments commis aux opérations Kimia II et ceux de la 10ème région militaire. Les activistes de la société civile de cette province demandent aussi au chef de l’Etat de veiller scrupuleusement à l’application de l’opération « tolérance zéro » au sein des FARDC ; afin d’y éradiquer notamment l’indiscipline et les détournements de la solde des troupes combattantes.

L'inquiétude de cette société civile vient s'ajouter à celle de l'assemblée provinciale. Celle-ci a interpellé à ce sujet, le 15 octobre, le ministre provincial de l'intérieur du Sud-Kivu, Georges Shanyungu. Ce dernier a reconnu l’insécurité dans la ville de Bukavu et l’attribue aux bandits, démobilisés et autres fumeurs de chanvre. « S’agissant du bilan des opérations Kimia II à l’heure actuelle, nous nous abstenons de donner un bilan quelconque. Le gouvernement provincial n’en est pas le commanditaire», s’est défendu M. Shanyungu. Ce qui a motivé la décision de l'assemblée provinciale du Sud-Kivu d'envoyer une délégation des 7 députés à Kinshasa pour y rencontrer les autorités nationales sur cette question d'insécurité.

source / okapi