MuzitoOlivierKamitatuLa prospective politique n’a rien à voir avec les apparences. Qui emprunte une telle démarche court le risque de partir sur la base de mauvaises prémisses avec, à la clé, des résultats sans aucune emprise sur la réalité. Il en va ainsi du confit supposé - mais accrédité par la presse- entre le Premier ministre Adolphe Muzito et deux ou trois membres de son gouvernement, notamment le ministre du Plan, Olivier Kamitatu Etsu et le ministre de l’Environnement, Conservation de la nature et Tourisme, José Endundo Bononge.

Maintenant que Joseph Kabila a renouvelé sa confance au chef du gouvernement, il y a lieu de restituer cet épisode avec plus de clarté. Au-delà de tout ce qui a été écrit, il y en a très peu qui ont été au fait des discusssions menées en privé dans la plus grande discrétion à l’initiative d’un membre de l’entourage immédiat du Président de la République, selon des sources recoupées au Palais de la nation et à la Primature. En amont, il y a eu la bénédiction de Joseph Kabila lui-même, convaincu qu’il gagne plus à ce qu’il régne de l’harmonie au sein de sa famille politique, que les uns et les autres travaillent la main dans la main. Quand viendra le moment des grandes échéances demain, il aura besoin de tout le monde, grands comme petits. Cette idée force est tombée sur un terrain fertile avec un Muzito qui se considère dans son rôle de Premier ministre comme le grand frère qui prend des coups de la part de ses jeunes frères jusqu’aux quolibets mais sans jamais rendre, tenu par les responsabilités d’aîné. Ce qui explique qu’il a été prompt à renconter ou même aller vers tel ou tel autre collaborateur “fâché” sans aucun complexe? Ni de supériorité ni d’infériorité, conduit par la seule humilité qui caractérise cet homme plus intransigeant quand il s’agit des contradictions dialectiques que d’humeurs liées à des intérêts temporels. Avec Olivier Kamitatu, la discusssion aura été la plus franche. Tout comme avec l’autre ministre. “Beaucoup de défs attendent le Premier ministre pour 2010. Adolphe Muzito se prépare à battre le rappel des troupes, au niveau de son gouvernement’ pour une grande mobilisation dans la perspective de 2011”, a confé, à “CONGONEWS”, un membre de la direction du PALU très écouté par Antoine Gizenga. De toutes les façons, la plupart des revendications formulées à Muzito auraient dû être émises au niveau des instances supérieures de l’AMP -Alliance de la majorité présidentielle.

Disparité

Comme quand Kamitatu a parlé d’un réajustement à opérer au sein de la coalition. S’il avait visé le PALU, Kabila lui a donné une réponse claire et nette avec le maintien d’Adolphe Muzito. Pas aucune option ouverte que de faire avec l’Accord AMP-PALU-UDEMO. Une option très pratique pour un Kabila qui sait qu’il n’y a que les élections locales et urbaines qui pourront dicter une redistribution des cartes à la veille des élections générales de 2011. C’est dire qu’il n’y a pas grand changement à attendre du prochain remaniement.

Des sources spéculent plus sur un rééquilibrage au niveau des vice-primatures sans en donner la moindre motivation. D’autres s’attendent à une profonde recomposition dans le secteur économico-fnancier du gouvernement. Avec la disparition de André-Philippe Futa, il est possible que le portefeuille de l’Economie aille à une force politique étant donné que son ancien animateur y était plus en raison de sa propre aura que d’un quelconque poids politique de son parti, le PANU. L’autre éventualité touche à une permutation d’Athanase Matenda Kyelu ou d’Alexis Thambwe Mwamba, tous deux à la tête des portefeuilles stratégiques au nom du GPI -Groupe des parlementaires indépendants- et originaires de la même province du Maniema. Nombreux à l’AMP trouvent que le quota attribué au GPI consacre une disparité à considérer que les uns et les autres ont été rétribués en fonction de leur représentation à l’Assemblée nationale, outre que le Maniema ne pèse pas grand chose en termes de démographie électorale. “Sur cette question, il est diffcile d’aller loin puisqu’elle touche aux pouvoirs discrétionnaires du chef de l’Etat”, a expliqué, à “CONGONEWS” un lieutenant kabiliste de premier plan. Toujours est-il que cette question cristallise beaucoup de frustrations dans le camp présidentiel. Des frustrations plus profondes se font entendre en écho dans les rangs du RCD-K-ML d’Antipas Mbusa Nyamwisi.
Avec tout ce qu’il pèse à Beni-Butembo, le ministre de la Décentralisation doit se contenter de son propre portefeuille, d’un autre à la Culture et d’un poste de vice-ministre à l’Enseignement supérieur et universitaire. Pas assez en comparaison à son partenaire des Forces du renouveau, Olivier Kamitatu, dont le parti, ARC, n’a pas encore tracé des limites claires de son fef dans la province du Bandundu.

Hormis le Plan, l’ARC a reçu dans sa gibécière l’Industrie avec Simon Mboso Kiam-putu, élu de Kisantu, le vice-ministère des Congolais de l’étranger avec Mme Colette Tchomba, élue de la Funa, dans la ville de Kinshasa et la première vice-présidence de l’Assemblée nationale avec Boris Mbuku Laka, élu d’Idiofa, dans le Bandun-du. L’équation se complique avec ceux qui veulent entrer au gouvernement sous l’arbitrage d’un Kabila qui n’accepte pas qu’on lui force la main.

Source : Congo News